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Contexte
de l’intervention
1.1.- Situation géographique du projet
Le projet est basé à
MEMNI, un village de la préfecture d’Alépé. Ce village se trouve à 50 km
d’Abidjan, la capitale économique.
1.2.- Justification du choix du site
Il est évident que pour le choix du site devant accueillir la ferme,
des blocs culturaux et l’école d’agriculture, l’on ne pouvait pas penser
l’implanter dans une ville aux fonctions aussi urbaines qu’Abidjan. De plus, il
fallait une superficie aussi grande que celle que nous avons, 12 hectares;
superficie de terrain qui nous a été gratuitement donné par les villageois
comme leur contribution à la réalisation du projet. D’ailleurs, la ville d’Abidjan et les villes et sous-préfectures qui
l’entourent, constituent une Z.A.D.(Zone d’Aménagement Différée), un territoire
de protection sur lequel l’état exerce des mesures de sauvegarde par un
contrôle spécial des transactions immobilières et des cessions foncières qui
s’y exercent. A ce jour, le territoire de la Z.A.D., soigneusement délimité de
manière énumératrice, comprend: les communes d’Abidjan, de Dabou, de
Grand-Bassam et de Jacqueville, les sous-préfectures d’Anyama et de Bingerville
et le cordon littoral faisant partie de la sous-préfecture de Jacqueville.
Les documents d’urbanisme sont formels et clairs sur l’utilisation de
ces réserves de terres prévues pour des opérations immobilières. Il était donc
pratiquement impossible pour les Pères Dominicains d’implanter un projet à
vocation agricole à Abidjan ou dans les villes ou sous-préfectures situées dans
sa périphérie immédiate. A titre d’exemple, le site d’expérimentation de
l’ex-IRHO (Institut de recherche sur les huiles et oléagineux) devenu CNRA
(Centre National de Recherche Agronomique), situé depuis avant les
indépendances à Gonzagueville (banlieu sud d’Abidjan), sur le territoire de la
Z.A.D., a été cédé à la direction du domaine urbain. Il accueille déjà de
nombreuses constructions. Face à cette situation, il aurait été extrêmement risqué pour les Pères
Dominicains d’installer un projet de cette nature et d’un tel coût sur un site
provisoire parce que situé à l’intérieur de la ville d’Abidjan. Dès lors, il
fallait se tourner vers les espaces ruraux ne faisant pas partie de la Z.A.D.
mais formant autour d’elle une couronne immédiate ( voir croquis), ceci dans un
rayon de 50 km par rapport à Abidjan.
Nous fondant sur ce critère, deux sous-préfectures pouvaient retenir
l’attention, celle de Bonoua et celle d’Alépé. L’espace rural de Bonoua est
réputé pour ses performances agricoles, notamment dans la production d’ananas
et de bananes douces qui bénéficient du circuit de commercialisation le plus
organisé et le plus structuré du pays: l’OCAB (Office de commercialisation de
l’ananas et de la banane). En plus,les paysans de Bonoua, instruits pour la
plupart, maîtrisent parfaitement les techniques de production agricole.
Installer le projet dans un tel environnement aurait été très peu utile. L’un des objectifs du projet étant de former des agriculteurs mais
aussi de participer au développement endogène de l’espace qui accueille le centre,
l’espace rural d’Alépé paraissait le mieux indiqué pour le projet; parce qu’il
constitue un espace agricole sous-exploité malgré ses nombreuses potentialités.
Il est aux arrières-postes des résultats agricoles de toute la région des
lagunes.
Les Pères Dominicains ont choisi plus précisément le village de Memni
(préfecture d’Alépé) parce qu’ils entretenaient de bons rapports depuis de
nombreuses années avec la communauté villageoise et parce que celle-ci a offert
spontanément douze (12) hectares pour la construction du Centre, montrant ainsi
son intérêt pour le projet.
·
A = ville d’Abidjan (Abidjan intra-muros)
·
B = 1ère couronne : Z.A.D. (Zone
d’Aménagement différé) = espaces en attente.
·
C = 2e couronne : espace agricole pouvant
accueillir le projet.
1.3.-Les avantages de la localisation du site.
Le
premier avantage que présente la localisation du site réside dans
sa proximité d’avec Abidjan, un grand centre de consommation de produits
agricoles vivriers (manioc, aubergines, gombo, tomates, etc.) et d’exportation
(café, cacao, hévéa, palmier à huile, etc.). Ainsi, les produits de la ferme
pourront être facilement écoulés sur le marché d’Abidjan.
Le
deuxième avantage réside dans la proximité du centre avec les grands
centres de recherche agronomique situés pour la plupart à Abidjan et dans ses
environs. D’ailleurs, il existe à environ 15 km de Memni, un centre de
recherche agronomique, l’ex IRHO la Mé devenu le CNRA (centre de recherche
agronomique).
Le troisième avantage: le centre est
relié à une voie bitumée qui le borde presqu’à l’Ouest par une route en terre
d’environ 200m praticable en toutes saisons.
Le
quatrième avantage: le réseau d’adduction d’eau potable.
Le village de Memni est
alimenté en eau potable à partir d’un forage. Le projet pourra être facilement
connecté à ce réseau, mais le C.P.I.A.D. a préféré le renforcer dès à présent
par un forage qui lui appartient en propre. Ce forage est déjà fait sur le site
avec un château d’eau qui lui est connecté.
Le
cinquième avantage :le village de Memni est relié au réseau
électrique national. Une ligne de Moyenne Tension transportant 90 KV traverse
le site dans le sens de la longueur; ceci facilitera la mise en place d’un
transformateur, à condition de prévoir au niveau de l’implantation des
bâtiments un “couloir moyenne tension aedificandi”.
Le
sixième avantage: il existe un réseau téléphonique manuel à Memni et
dans tout le département d’Alépé . Le raccordement au site du C.P.I.A.D. se
fera sur environ 500 m par rapport au poteau le plus proche.
Le
septième avantage: le réseau routier.
Le village de Memni ne
connaît pas de difficulté de liaison avec Abidjan la capitale ou avec le reste
des villes ou des villages environnants. On distingue à Memni deux (2) types de
liaison:
-
une ligne dite d’Abidjan, desservie en grande partie par des mini-bus
de 18 places appelés localement
“gkaka”, qui relient la gare centrale dumarché de Memni à la ville
d’Abidjan. La fréquence de passage est assez régulière; elle se fait par intervalle
d’une heure. Le titre de transport Memni-Abidjan ou Abidjan-Memni est de fixé à
800f c.f.a(7 francs français).
-
une ligne dite intérieure, qui relie Memni au chef-lieu
de département Alépé (situé à 8 km de Memni) et aux villages
voisins qui pourrait être utilisée par les élèves qui résident dans ces lieux.
Le titre de transport qui oscille entre 100f c.f.a et 150f c.f.a est fonction
de la distance.
2. Les
parties impliquées
Les parties
impliquées dans la réalisation du projet sont :
- La Fraternité Saint Dominique
C’est le maître
d’œuvre et d’ouvrage du projet. Elle aura en charge le pilotage du projet (mise
en œuvre, recherche de financement pour la réalisation du projet ).
- Les communautés rurales du village de Memni
Elles
ont un impact réel sur le projet car de l’intérêt qu’elles portent au projet
dépend sa réussite. A ce niveau, il faut retenir qu’elles y adhèrent dans la
mesure où elles ont cédé gratuitement l’espace destiné à l’implantation du
projet, et attendent avec impatience l’ouverture du Centre.
3.
Les problèmes que le projet va contribuer à résoudre
Les principaux problèmes que le projet va
contribuer à résoudre sont les abandons scolaires, le chômage des jeunes et la
pauvreté en milieu rural. En effet, les abandons scolaires en Côte-d’Ivoire
restent relativement élevés. A titre d’exemple sur la période 93-96, ils
portent sur 29,48 % pour le premier cycle de l’enseignement secondaire et 55,48
% pour le second cycle. La principale raison réside dans la pauvreté des
parents ; Cela conduit naturellement au chômage des jeunes qui n’ont pas
de formation professionnelle, donc incapables de trouver un emploi rémunérateur.
4.-Origine du Projet :
*Les données de
base de l’enseignement secondaire en Côte-d’Ivoire.
1er Cycle
Tableau des abandons sur la base des entrées
en 6e
|
Années
Scolaires
|
Effectif Total
100%
|
ABANDONS
|
TOTAL
(29,48%)
|
|
Sixième
(8,9%)
|
Cinquième
(5,37%)
|
Quatrième
(8,83%)
|
Troisième
(6,38%)
|
|
1993-1994
|
100924
|
8983
|
5420
|
8912
|
6439
|
29754
|
|
1994-1995
|
108620
|
9667
|
5833
|
9592
|
6930
|
32022
|
|
1995-1996
|
111565
|
9930
|
5991
|
9852
|
7118
|
32890
|
|
TOTAL
|
321609
|
28580
|
17244
|
28356
|
20487
|
94666
|
Conclusion
Le taux d’abandon au 1er
cycle par rapport à l’effectif des entrées en 6e est relativement important
dans les classes de 6e(8,9%) et de 4e (8,83%).
Les effectifs en 6e sont
croissants chaque année, ce qui accroît chaque année le nombre des élèves qui
abandonnent les études.
Sur les trois années
scolaires de 1993-1994 à 1995-1996, le total des abandons est égal à 94.666
soit 29,48% des entrées en 6e dont:
6e:28580(8,90%)
5e:17244(5,37%)
4e:28356(8,83%)
3e:20487(6,38%)
La population-cible du
projet concernant le 1er cycle porte donc sur un total d’abandon annuel de
7.118 élèves au moins qui arrêtent leurs études en 3e.
2e Cycle
Tableau des abandons sur la base
des entrées en seconde
|
Année Scolaire
|
Effectif Total
2e 100%
|
ABANDONS
|
TOTAL
(55,48%)
|
|
Seconde
(5,1%)
|
Première
(25,43%)
|
Terminale
(24,95%)
|
|
1993-1994
|
36524
|
1863
|
9288
|
9113
|
20263
|
|
1994-1995
|
34844
|
1777
|
8861
|
8694
|
19332
|
|
1995-1996
|
35397
|
1805
|
9001
|
8832
|
19638
|
|
Total
|
106765
|
5445
|
27150
|
26639
|
59233
|
Conclusion
Le poucentage des abandons de la seconde à la
terminale est relativement élevé. En effet, il est de 55,48% dont:
Seconde:
5,10%
Première:25,43%
Terminale:24,95%
Au niveau du 2e cycle, la population-cible du
projet se chiffre à environ 19638 élèves par an correspondant au total des
élèves qui abandonnent les études de la 3e à la terminale égale à total abandon
3e+total abandon 2e cycle soit (7118+19639) 26756 élèves âgés de plus de 16 ans
à 22ans environ. La population-cible est donc très importante. Elle est en plus croissante chaque année.
Cette tendance d’augmentation de l’effectif des jeunes
déscolarisés risque de produire une pression sociale très importante dans les
pays en développement et plus particulièrement en Côte-d’Ivoire où la
délinquance est de plus en plus forte dans les rues des villes et des
campagnes.
A cette population, il faut également ajouter
les étudiants qui arrêtent leurs études et qui sont sans emploi à défaut de
spécialisation professionnelle.
Cette partie-là est très sensible et plus
sujette à des actions de révolte de grande envergure en mesure de susciter des
troubles sociaux si rien n’est entrepris pour leur donner l’espoir d’une
insertion valorisante dans la population active.
Le présent projet à sa
manière apporte sa contribution à la formation qualifiante et diplômante pour la
couche sociale la plus démunie de cette frange de la population qui ne peut
s’offrir le luxe de payer des frais de scolarité trop élevés pour leur pouvoir
d’achat généralement très bas.
5.
Le projet
5.1.Objectifs globaux
Les objectifs
globaux du projet sont la réduction du chômage des jeunes déscolarisés à
travers leur formation et leur réinsertion dans le système de production
agricole et d’élevage et la réduction de la pauvreté en milieu rural,
ainsi que le freinage de l’exode rural.
5.2. Objectif spécifique
L’objectif spécifique
du projet est de former des cadres moyens au servi du développment de
l’Afrique, notamment dans le domaine de l’agriculture et de l’élevage. Cela
permettra l’amélioration du pouvoir d’achat des populations rurales; ce qui
conduira nécessairement à la baisse de la pauvreté en milieu rural.
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