1. HISTOIRES DE FAMILLE

De nombreux frères, soeurs et laïcs ont des apostolats qui les rendent présents auprès des exclus, des situations de violence ou de guerre. Ils et elles y sont soit à titre individuel soit en communauté.

Certains membres de la famille dominicaine agissent auprès de personnes atteintes par le virus du SIDA ou de toxicomanes ; d'autres sont engagés dans des projets d'insertion économique ou socio-culturelle auprès de jeunes ou de minorités ; certains ont des activités de prédication dans des quartiers pauvres ou vivent près des plus défavorisés ; d'autres enseignent des matières invitant à un engagement socio-politique ou à développer une sensibilité écologiste ; d'autres encore ont monté des projets d'intervention sociale...Nous sommes partout confrontés aux mendiants dans nos porteries, à la différence culturelle dans nos communautés, à la souffrance de nos proches, à l'information télévisée qui nous rapporte des nouvelles souvent catastrophistes du monde. Tous et toutes, nous avons à vivre un voeu de pauvreté qui nous engage et nous rende proches de ceux et celles qui n'ont plus rien dans la vie.

Toutes ces actions, des plus modestes au plus voyantes, sont des manières de vivre un peu Justice et Paix avec ce que nous sommes. Nous avons beaucoup d'expériences et nous faisons souvent plus que nous ne le croyons mais ce qui nous manque peut-être le plus c'est de partager tout cela entre nous. C'est ce que va tenter de favoriser ce premier cahier en racontant bien simplement, familièrement car il s'agit de nos histoires de famille, des manières de faire et de vivre de certains de nos frères et de nos soeurs.

1° histoire: Sao Domingos

La communauté de noviciat des soeurs dominicaines de la Congrégation Romaine de Saint Dominique à Sao Domingos do Prata au Brésil a mis l'accent sur le travail de développement en lien avec les habitants de la région. La communauté de six soeurs a mis en place une association de développement dont la première activité a été la création de maisons pour les migrants venus de la campagne. Puis l'association a commencé une campagne d'alphabétisation, d'éducation sanitaire...

En 1984 un terrain est acheté pour former des jeunes garçons à l'agriculture et l'élevage ; ces jeunes reçoivent une petite rémunération pour leur travail. Une fromagerie a même été installée pour valoriser l'élevage. Les produits de la " ferme " sont vendus dans les quartiers pauvres. Une école ménagère pour les filles vient compléter les activités déjà très diversifiées ; les jeunes filles apprennent à cultiver, coudre, cuisiner, pratiquer la médecine alternative.

Plus récemment deux autres entreprises ont été créées : une menuiserie et une boulangerie. Le projet se développe dans toute la région de Sao Domingos do Prata. Une pharmacie traditionnelle a été ouverte, des médicaments sont produits. La formation à la santé touche une large population.

Les soeurs et les autres membres de l'association tentent aussi agir sur la municipalité pour qu'elle prenne ses responsabilités vis à vis des pauvres. La communauté fait aussi une réflexion sur la dignité humaine, sur l'être humain créé à l'image de Dieu. Toutes ces activités sont fortement ancrées dans la vie paroissiale, dans les groupes de prière et dans la vie de la communauté.

Une communauté engagée dans des actions de développement économique avec leurs voisins constitue un premier exemple de ce que peut être Justice et Paix.

2° histoire: Mexico

Vingt mille enfants des rues - plus affirment certains- se retrouvent sans famille dans cette immense mégalopole qu'est Mexico. Dans la rue, ils trouvent la liberté mais aussi la mort, la violence, le drame. Le fr J.P est un homme dte émotion ; il a appris à aimer la vie à travers ses amitiés avec les grands artistes et intellectuels d'Amérique Latine mais aussi à travers les enfants de la rue de Mexico. Il aime la beauté, celle qui est la " juste proportion des choses ", celle qui est au-delà du formalisme ou de l'esthétisme. Il aime raconter ce qu'un jeune de la rue devenu peintre lui disait un jour : " le visage du Christ est toujours beau, même s'il est souffrant ".

Avec une petite équipe de collaborateurs il a mis sur pieds une petite maison d'accueil pour enfants de la rue. Il ne veut pas seulement leur offrir un toit ou un morceau de pain ; il veut leur offrir une occasion de réhabilitation par la beauté. Des ateliers de peinture, de gravure, de sculpture ont été mis en place pour devenir des espaces de découverte de leurs capacités profondes.

Dans la maison, le fr J.P est " el padre ", celui que tout le monde respecte. Il accepte ce titre et ce rôle non pour faire peur mais pour apprendre aux enfants à se comporter à la hauteur du respect que chacun mérite en tant qu'être humain. Si quelqu'un se drogue à l'intérieur de la maison il est renvoyé dans la rue pour qu'il valorise la profondeur de sa liberté et de son choix. L'expérience de la liberté responsable est devenue le style de la maison. Chacun y trouve sa place s'il le veut vraiment. Le fait de rencontrer des grands artistes qui veulent partager un peu de leur savoir-faire stimule énormément les enfants.

Lorsqu'on demande au fr J.P la motivation de son ministère, il commence à parler de métaphysique et d'Evangile. Ce sont les deux passions qui nourrissent son expression artistique. L'art est pour lui un lieu majeur de sa prédication et de l'exercice de la miséricorde dont la promotion de la dignité des enfants de la rue de Mexico est un signe.

Ce second exemple, plus individuel, illustre une nouvelle dimension de Justice et Paix : une action (qui aurait pu être de l'éducation scolaire, des soins médicaux...) mise au service de ceux qui habituellement en sont privés.

3° histoire : Californie

Les soeurs dominicaines du Tr 8s Saint Nom, en Californie, ont une longue tradition d'accueil des réfugiés mais en 1984 elles se sont collectivement engagées à être un lieu de refuge pour les réfugiés d'Amérique centrale fuyant la répression. En devenant refuge , les soeurs ont offert une partie de leur maison-mère pour accueillir les exilés; elles les ont nourris et hébergés mais aussi formés, assistés pour la recherche d'emplois... Elles ont participé à des campagnes d'information sur le statut des immigrés aux USA et sur la situation en Amérique Centrale (El Salvador et Guatemala surtout).

Suite à la modification des lois américaines concernant les travailleurs migrants, les soeurs ont participé à partir de 1992 à diverses actions de protestation contre ces lois qui pénalisaient les travailleurs et exacerbaient le sentiment xénophobe particulièrement en Californie; des formations ont été organisées pour les soeurs et le grand public. En Novembre 1994 une nouvelle loi a été votée (mais elle ne s'applique pas encore à cause de recours judiciaires) qui exclut les immigrés sans autorisation des services sociaux et sanitaires. Dans tous les Etats Unis de telles lois sont promulguées et au niveau fédéral un projet vise à réduire à 50000 le nombre de réfugiés admissibles aux USA (alors qu'actuellement le seuil est de 110000). Les soeurs participent à tous les débats sur ces lois et cherchent à défendre les droits des personnes immigrées.

Certaines soeurs travaillent aussi de manière plus directe dans l'éducation, les soins et les services sociaux au profit des migrants et étrangers. La question des immigrés est centrale pour toute la congrégation car les soeurs se rappellent qu'elles sont toutes, elles aussi, d'origine étrangère comme presque tous les habitants des USA.

Cette action dans le domaine de Justice et Paix prend en charge de manière collective un secteur particulier de pauvreté et cherche à défendre des droits et à promouvoir des personnes y compris par l'action de type " socio-politique ".

4° histoire: France

Dans ce couvent au centre d'une grande ville française vit une vingtaine de frères dont la plupart dte entre eux a plus de 65 ans. La communauté n'a pas de projet apostolique communautaire particulier ; les frères sont cependant très actifs malgré leur âge dans la prédication du Rosaire et dans des groupes de chrétiens âgés.

Le fr T visite toutes les semaines les trois cliniques du quartier; le fr A va faire du bricolage chez des personnes âgées pour réparer à qui l'électricité, à qui la cafetière électrique...Le fr P, lui, re 7oit les clochards à la porterie, leur parle, leur donne de quoi manger mais il les rencontre aussi dans le quartier et s'enquiert de leur santé. Le fr L.M lui va chaque année dans un centre d'hébergement de Caritas pendant trois semaines : il aide à la distribution de nourriture, il accueille ceux qui en ont besoin. Le frère M s'occupe du fr C qui est atteint d'une maladie d'Alzheimer et cherche à rendre ses derniers jours plus agréables et paisibles.

La plupart des frères vont en pèlerinage à Lourdes; là ils rencontrent des malades gravement atteints, des familles qui souffrent, des handicapés...ils les écoutent, donnent parfois le sacrement de la réconciliation, sont l'e0 avec eux pendant les célébrations ou sont gardiens de nuit dans les hôpitaux qui accueillent les pèlerins malades.

Chaque année le budget prévisionnel du couvent prévoit une certaine somme pour des dons à des organismes caritatifs ou de solidarité : Amnesty International, Caritas...

Dans ce couvent, Justice et Paix ne prend pas un visage bien exceptionnel...C'est la vie apostolique de tous les jours mais avec la prise en compte des plus démunis.

Justice et Paix n'est pas une collection d'actions extraordinaires mais la forme que prend la vie religieuse dominicaine quand elle donne une place aux plus pauvres de nos sociétés. 

Nous n'avons retenu que quatre histoires alors qu'il y en aurait des centaines d'autres. Partout à travers le monde, il se fait des choses belles qui réalisent concrètement la priorité pour Justice et Paix, cette frontière que nous rappellent la plupart de nos chapitres généraux.

Si nous voulions parler de quelques unes des actions les plus visibles nous aurions à parler du fr Pédro et de son action avec les " sans logement " à Paris, des frères qui visitent les prisonniers et défendent leurs droits en Afrique, des soeurs qui militent contre les industries d'armement en Amérique du Nord, de la fraternité St Martin de Porrès qui anime un hôpital pour les plus délaissés à Manille, des soeurs qui engagent des actions en justice contre des meurtriers en Colombie, de ceux et celles qui se font les avocats des sans-terre au Brésil, des femmes battues ou des prostituées...Nous retrouverons ces histoires de vie dans nos différents cahiers.

Il existe dans votre communauté, votre province, votre congrégation ou votre pays de telles histoires, de telles actions sues de tous ou moins sues car vécues dans la discrétion. Les avez-vous recensées ? Lesquelles sont-elles connues de tous et de toutes ? La circulation de l'information concernant les réalisations Justice et Paix est-elle suffisante ? dans votre communauté? dans la province ou la congrégation?

L'information est souvent un puissant levier pour entraîner ceux et celles qui hésitent. La connaissance d'actions réussies ou innovantes est une précieuse source de conseil et de stimulation qui permettra peut-être de dépasser les hésitations ou les peurs, peut-être même les refus.

La circulation de l'information permet de constituer des réseaux de frères et soeurs engagés dans des domaines semblables et par là de favoriser le dialogue en vue d'une plus grande efficacité dans l'action et d'une plus grande capacité à conduire une réflexion théologique et spirituelle. Des réseaux ont-ils pu émerger ? Peut-on se donner un tel objectif dans votre province ? Et n'oublions pas que le premier des réseaux à constituer est bien souvent celui de notre propre communauté...

Ne peut-on pas imaginer un réseau de ceux et celles qui se battent au plan juridique ? de ceux et celles qui cherchent des solutions en matière d'emploi et de revenus ? de ceux et celles qui travaillent avec les prostituées... et bien d'autres encore car les domaines dans lesquels des membres de la famille dominicaine sont engagés sont très nombreux. Nous ne pouvons plus ignorer ce que font les autres ; nos expériences et nos analyses y gagneront en pertinence et en seront renforcées par la solidarité qui se manifeste dans les réseaux.

De tels réseaux peuvent aussi se mettre en place sur le plan régional, ce qui invite chacun de nous à faire circuler l'information au delà de notre propre province ou de notre congrégation...Les promoteurs régionaux sont là pour nous aider.

 Le mot " réseau " vient du latin " retis ": filet ; ce filet est tissé par des informations qui circulent très rapidement entre différents partenaires. Chacun des membres du réseau est émetteur et récepteur d'informations. Le réseau peut être centralisé autour d'un serveur qui regroupe l'information et la renvoie à tous les membres ; il peut être décentralisé chacun recevant et envoyant à tous.

Les moyens informatiques actuels (courrier électronique, réseau Internet...) permettent d'échanger rapidement des informations accessibles à tous les membres du réseau. L'Ordre possède déjà une " page~" sur Internet.

Une lettre de liaison brève peut être un moyen de faire circuler de l'information dans un réseau mais c'est plus long et plus coûteux que les systèmes électroniques.

Pour bien fonctionner en réseau sans système électronique, il faut clairement identifier une " tête " chargée de la fonction serveur ; cette tête doit renvoyer les informations très rapidement par fax par exemple. Les engagements que prennent les membres du réseau doivent être clairement définis surtout en matière d'envois d'informations.

Dans tous les systèmes il convient de se mettre d'accord sur les formats dans lesquels les informations doivent être envoyées. Les réseaux ont avantage à être spécialisés.

 

Certaines actions dans le domaine de Justice et Paix ont échoué ou elles ont disparu pour de multiples raisons alors que d'autres démarrent ou sont à leur phase de maturité. Quelqu'un garde-t-il la mémoire de cette vitalité ?

Ces histoires constituent notre patrimoine commun, le lieu même où s'opère la vérité de notre engagement dominicain et où les jeunes générations sont invitées à prendre le relais. La transmission de ce patrimoine aux frères et soeurs plus jeunes est fondamentale, non pas pour la reproduction de ce qui a été fait hier mais pour qu'émerge du nouveau en s'appuyant sur le roc de l'expérience. Dans cette perspective n'y aurait-il pas avantage à réaliser une mini-base de données provinciale ou de congrégation en attendant qu'une plus grande base puisse être envisagée pour tout l'Ordre ?

Beaucoup de nos frères et soeurs sont très modestes dans leurs actions et n'en parlent pas beaucoup. Leur silence s'explique souvent comme un choix de modestie mais parfois aussi comme la peur de ne pas être entendus ou de ne pas savoir dire à d'autres ce qui est vécu le plus souvent avec une grande intensité. N'en va-t-il pas du bien de l'Ordre et de chacune des branches de notre famille dominicaine d'inviter ces frères et soeurs engagés dans Justice et Paix et de les faire parler de leurs expériences et de leur vie. De telles rencontres sont riches et formatrices pour tous et toutes et en particulier pour les plus jeunes .

Deux nouvelles histoires vraies, appartenant à notre famille peuvent nous aider à :

  • réaliser une fiche pour une mini-base de données ( qui peut être informatisée à l'aide des logiciels usuels)
  • réaliser un interview pour un meilleur partage de ce qui est vécu.

Exemple de fiche:

Teschemakers, Nouvelle Zélande, Oamaru
tel/fax (03) 4395850
Teschemakers Centre

Nom du programme

Organisme

Mary Horn et 8 autres personnes; soeurs dominicaines de Nouvelle Zélande

Frères, soeurs
Groupe oecuménique, spiritualité de la création, écologie

 Domaines
Recherche spirituelle, alternatives technologiques, redécouverte des racines (Maori et Celtes), recherches artistiques. Innovations liturgiques, prières.

 objectifs
Harmonie avec la création tout entière. Recherche de justice et de vérité. Vie coopérative comme alternative à la société de consommation et d'individualisme

 moyens
centre de formation et de recherche, vaste propriété Coopérative de vie. Liturgie. Sessions de formation : Justice pour la terre, la Terre et les Ecritures, les mystiques OP....

 réussites
difficultés financières

 difficultés
Dominicains, théologiens de la création...

 réseaux

Le frère Nza et le Projet Songhai au Bénin.

Le fr Nza est d'origine nigériane. Pendant la guerre du Biafra ses parents l'envoient faire des études aux Etats Unis. Il étudie l'électronique et s'intéresse aussi à la biologie et à l'économie.

  • déclic
    Nza s'interroge cependant sur l'écart qui existe entre les ressources dont est pourvue l'Afrique et l'état déplorable dans lequel se trouve le continent africain. Cette question le pousse à étudier les causes du mal-développement de l'Afrique et à réfléchir sur des alternatives possibles. Nza rentre dans l'Ordre dominicain en 1972.
  • motivation
    Trois grandes idées animent alors Nza : l'Afrique doit sortir de la crise de valeurs dans laquelle elle a été poussée ; on doit faire la preuve concrète qute une solution est possible ; l'Ordre dominicain a un rôle majeur à jouer pour montrer un chemin nouveau à l'Afrique. Nza est convaincu que l'Afrique n'est pas condamnée à être non seulement pauvre mais un continent assisté car il croit en l'homme, en la vie, en la création. Nza lit les ouvrages du Père Lebret et trouve là de quoi soutenir ses intuitions.
  • situation
    Nza arrive au Bénin et installe son premier centre agricole à Ouando, près de Porto Novo, en 1985 , il l'appelle " projet Songhai " du nom d'un ancien empire africain. La situation du pays est déplorable ; le système bancaire a fait faillite et de nombreux jeunes sortent du système scolaire sans travail. Dans ce climat de crise économique se développe une mentalité d'assisté et une perte des valeurs.
  • projet
    A Ouando est mis en oeuvre un centre de formation (insistant sur les valeurs à retrouver : créativité, honnêteté, sens des responsabilités, valorisation du métier d'agriculteur...), de production (à base d'un système intégré d'agriculture-élevage-pisciculture-énergie de la biomasse) et d'innovation technologique (agriculture naturelle, amélioration génétique, valorisation des ressources locales...).
  • défi relevé
    A Ouando, Nza veut montrer qu'il est possible de réagir face à la pauvreté, que chacun a un potentiel d'innovation ; il veut aussi contribuer à la création d' entreprises agricoles d'un genre nouveau - efficaces économiquement et socialement - et par là assurer un revenu à des jeunes chômeurs.
  • évolution
    Le centre d'Ouando se développe très vite : un restaurant est ajouté, puis un magasin de vente de produits...Un autre centre se créera rapidement à Tchi dans une autre région du pays. Le nombre des jeunes participant au projet augmente considérablement. A l'intérieur d'Ouando un village des technologies rurales innovantes est créé. Un système de crédits pour l'installation des jeunes est mis en place et un réseau de suivi des anciens stagiaires est constitué. Cet ensemble en constante évolution est devenu un des projets pilotes du pays tout entier et Nza a été élu " l' homme africain " de l'année 1994.
  • difficultés
    Le projet a rencontré en ses dix ans d'histoire des difficultés en particulier pour trouver des jeunes capables de devenir les responsables du projet ou d'une partie des activités ; le respect de la discipline n'est jamais très facile. Les subventions sont rares et en obtenir est souvent un exploit de relations publiques mais aussi de travail paperassier. Il faut aussi savoir collaborer sans se faire dominer et contrôler par les bailleurs d'aides. La collaboration avec les autres frères dominicains n'a pas toujours été aisée car il n'est pas simple, pris par l'action, d'expliquer les enjeux du projet. L'originalité de l'action par rapport aux engagements des autres frères a parfois été source d'incompréhension.
  • points forts
    A côté des difficultés, il y a les points forts : la motivation de l'équipe qui s'est constituée autour du frère, la compétence technique reconnue au projet, la capacité permanente d'innovation...
  • relectures
    Songhai a organisé un certain nombre de rencontres sur les problématiques du développement en Afrique, sur la dimension théologique... Un des passages de l'Evangile qu'aime particulièrement le frère Nza est celui de la multiplication des pains; Songhai lui semble être la manière contemporaine de vivre cette demande de Jésus " donnez leur vous même à manger " (Mt 14,16). Les responsables de Songhai participent à de nombreux réseaux internationaux d'ONG et sont régulièrement sollicités pour des expertises ou des colloques internationaux.
  • célébration
    Songhai est ouvert tant aux musulmans qu'aux membres des religions africaines traditionnelles ou aux chrétiens mais le projet est connu comme un projet dominicain, à dimension religieuse. Il y a possibilité de célébrer l'Eucharistie et parmi les stagiaires il y a souvent des religieuses, des religieux (dont quelques jeunes frères dominicains voulant s'inspirer du projet) et des agents pastoraux envoyés par les différentes missions d'Afrique de l'Ouest.
  • évaluation
    Plusieurs évaluations de l'activité de Songhai et de ses impacts sur le développement du Bénin ont été réalisées par les bailleurs de fonds sollicit 9s pour l'obtention d'aide mais une évaluation interne à l'Ordre avait aussi eu lieu dans les premières années du projet.
  • information
    Songhai cherche à communiquer: une lettre de liaison interne entre les anciens stagiaires, un bulletin pour les amis, plusieurs vidéos, des articles et des reportages permettent de faire conna etre Songhai et de dire que l'Afrique ne se résigne pas au sous-développement et qu'il existe un gisement de créativité quand on donne aux hommes et aux femmes conscience de leurs valeurs.

Les douze points mis en valeur à partir de l'histoire du projet Songhai et du fr Nza sont essentiels pour rendre compte de manière globale d'une expérience dominicaine dans le champ de Justice et Paix et pour la faire partager. Les dimensions bibliques et théologiques ou spirituelles d'un engagement dans un des domaines qui constituent Justice et Paix doivent pouvoir être abordées dans une rencontre dominicaine.

Interroger un frère ou une soeur pour partager son expérience peut se réaliser dans le cadre d'une rencontre communautaire ou provinciale et les douze points peuvent servir de grille proposée à l'intervenant avant la réunion pour que celui-ci puisse exprimer tous les aspects de sa démarche. Ils peuvent aussi permettre d'écrire rapidement un article synthétique pour le journal de la province ou de la congrégation ou encore dans divers média chrétiens ; ils peuvent aussi être utilisés comme questions d'un interview pour réaliser une vidéo ou une émission radiophonique. Impliquer des jeunes dans la réalisation de tels interviews peut être une démarche très formatrice tant en ce qui concerne Justice et Paix que la formation à l'usage des média.



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© 26 Janvier 1999
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