1. Catherine de Sienne (1347-1380)

Catherine Benincasa naît dans une famille de classe moyenne à Sienne en Italie. Dès son enfance elle se sent attirée par l'Ordre dominicain. Elle entrera dans la fraternité des Mantellate (une fraternité du Tiers Ordre) vers 1363 et non pas dans un monastère car elle se sent une vocation de " prêcheur " et se dépense sans compter pour les pauvres et les malades qu'elle soigne et visite. Après une période de trois ans de vie de prière et de solitude, elle se sent appelée de nouveau à une intense vie de charité au service des plus démunis.

Catherine a une grande influence sur la jeunesse de sa ville et réunit autour d'elle un groupe important d'hommes et de femmes dont certains sont déjà engagés dans la vie religieuse ou sacerdotale. Ce groupe, qui s'appellera sa " famille " se forme spirituellement auprès de Catherine et s'engage dans un apostolat charitable très important. Catherine associera toujours ces deux aspects : la vie spirituelle forte ( d'une grande intensité mystique) et l'action au service des malades et des pauvres. Elle rédigera des textes de très haute spiritualité (le Dialogue vers 1377, les Oraisons) et n'hésite pas, dans le même temps, à soigner des lépreux ( par exemple la vieille Tecca qui se conduit durement avec Catherine) ou d'accompagner jusqu'à la mort des condamnés (Niccolo di Toldo) .

Dieu aurait dit à Catherine " Je n'ai pas l'intention de vous détacher de moi mais au contraire de m'assurer de vous lier à moi encore plus par le lien de votre amour du prochain. Rappelez vous que j'ai donné deux commandements d'amour : l'amour de moi et l'amour du prochain. C'est la justice de ces deux commandements que je veux que vous accomplissiez maintenant. Sur deux pieds vous devez marcher sur mon chemin " (R. de Capoue)

Vers 1372 Catherine est appelée à être une médiatrice dans les conflits entre les villes italiennes. Son engagement se porte ainsi aux frontières de la vie politique et elle aura toujours ce souci d'influencer les grands de ce monde pour qu'ils fassent la paix et qu'ils se soucient de leurs responsabilités par rapport aux petits. Catherine est une femme de paix, qui sait prendre des risques (elle rencontre des mercenaires, des grands militaires ; elle écrit de véritables pétitions et dénonce les attitudes fausses et violentes...) pour appeler à faire la paix. Un tel rôle politique était rare pour une femme à cette époque.

En 1374 elle est soumise par les frères réunis en Chapitre général à un véritable interrogatoire car on a peur d'elle et on doute de son orthodoxie. Elle convainc les frères qui lui donnent cependant un confesseur et un guide (un contrôleur ?) en la personne de Raymond de Capoue.

Catherine a un sens très aigu de l'unité de l'Eglise et ira à Avignon en France pour faire revenir le pape Grégoire XI qui s'était réfugié dans cette ville. Elle soutiendra aussi le pape Urbain VI et offrira sans cesse sa prière et toute son énergie pour rétablir l'unité brisée. Son amour pour l'Eglise la conduit cependant à être critique face aux défauts du clergé et de la papauté.

Catherine meurt épuisée le 29 Avril 1380 ; elle sera canonisée en 1461. Paul VI l'élèvera au titre de Docteur de l'Eglise en 1970 (elle est la seule femme avec Thérèse d'Avila à avoir ce titre).

Catherine aura été présente sur toutes les frontières de son temps : celle de l'Eglise, celle de la misère et de la mort mais aussi celle de la vie politique et de la violence. Elle aura été prise d'un amour passionné pour Dieu et pour l'humanité et au nom de cet amour elle ira jusqu'au bout .

" Tu ne peux pas me donner le type d'amour que je te demande. C'est pourquoi je t'ai mis au milieu de tes frères : ainsi tu pourras faire pour eux ce que tu ne peux faire pour moi, c'est à dire les aimer sans en attendre de remerciements et sans rechercher de profit. Et tout ce que tu feras pour eux , je le considérerai comme étant fait pour moi " ( Dialogue 64).

Pour en savoir plus, outre les oeuvres de Catherine , il existe une très nombreuse bibliographie ; on peut signaler la récente brochure de Mary O'Driscoll op, éd du Signe, 1994 : Catherine of Siena.



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© 26 Janvier 1999
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