4. Marie Poussepin
(1653- 1744)
Elle naît à Dourdan, près
de Paris (France). A cette époque la misère est
très grande : mauvaises récoltes, maladies
et guerres nombreuses laisse la population dans un état
dramatique. Marie Poussepin appartient à une famille relativement
aisée mais son père tombera en faillite. Marie
qui est encore jeune devra reprendre l'entreprise de fabrication
de bas de son père pour subvenir aux besoins de sa famille
mais aussi de l'économie du village.
En tant que directrice de l'entreprise
, elle introduit de nouvelles machines (elle est ouverte au progrès
technique de l'époque) mais surtout embauche des jeunes
en supprimant la nécessité pour ces derniers de
payer un droit de formation à l'apprentissage au maître
de stage. Cette pratique très innovante lui permet d'offrir
la possibilité d'acquérir un métier (et
donc des revenus) à des jeunes pauvres, à des orphelins...Elle
créée des emplois pour que ces jeunes sortent de
la misère par eux-mêmes.
En même temps que sa responsabilité
de chef d'entreprise, Marie Pousssepin est très engagée
dans une Fraternité de Charité de son village,
puis dans une Fraternité du Tiers Ordre Dominicain (en
1693). Dans ces groupes Marie devient rapidement responsable
par le zèle qu'elle apporte à visiter les malades,
les veuves, les mendiants... Elle est donc présente sur
les deux volets de la charité : l'économie
et la compassion.
Emue par la misère des campagnes
et en particulier par le statut des orphelines, des veuves, des
femmes malades et plus généralement par la condition
de la femme pauvre de son époque, Marie Poussepin fonde
en 1695 une fraternité dominicaine à laquelle elle
donne tous ses biens personnels. Cette Fraternité installée
dans un petit village (Sainville) est une innovation : il
s'agit de vivre ensemble selon les coutumes dominicaines mais
sans clôture pour pouvoir rayonner la charité ;
elle entend ainsi relever un défi : lutter contre
la misère et vivre pleinement la vie religieuse.
A Sainville elle organise une petite
école pour les filles, visite les malades...La communauté
s'agrandit et rapidement duote autres communautés sont
créées toujours au service des plus pauvres, des
malades, des orphelines... Il y en aura une vingtaine du vivant
de Marie Poussepin, dans la région parisienne, Chartres...L'évêque
de Chartres fait cependant problème pour reconnaître
la congrégation fondée par Marie ; il exige
que les soeurs renoncent à tout lien avec les dominicains.
Marie doit se soumettre ; les liens ne seront rétablis
qu'à la fin du XIX° siècle et institutionnellement
au milieu du XX° siècle.
Marie Poussepin institue une congrégation
originale (les soeurs de Charité Dominicaines de la Présentation
de Tours) où les soeurs agissent gratuitement au services
des pauvres et doivent par ailleurs gagner leur vie (travail
de tissage 'e0 l'époque de la fondation). Elle place l'exercice
de la charité (on dirait de la solidarité aujourd'hui)
au centre de la vie religieuse ; le travail devenant un
moyen de vivre la pauvreté religieuse. Marie donnera une
grande place au travail comme véritable ascèse
et engagement fraternel pour atteindre les objectifs de la congrégation.
Les soeurs de Marie Poussepin sont aujourd'hui
plus de 4000 à travers le monde (Colombie, Inde, France,
Espagne, Burkina Faso, Iraq...) et Marie a été
béatifiée en 1994.
Pour en savoir plus :
Soeurs dominicaines de la Présentation de Tours,
Maison Mère 15 quai Portillon,
37100 TOURS (France)
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