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2. LES SITUATIONS D'URGENCE
 Il y
a malheureusement, à travers le monde, des frères,
des soeurs et des laïcs qui risquent réellement leur
vie à cause de leur solidarité avec les plus démunis
ou les victimes de l'oppression. Leur quotidien est marqué
par la violence, la guerre, la discrimination ethnique ou religieuse.
Ils sont dans des situations extrêmes où il
faut agir vite et fort pour dénoncer les brutalités
et les massacres et pour trouver des parades à la répression.
Dans ces situations, il faut qu'émerge rapidement un contre-pouvoir
et celui-ci ne pourra bien souvent venir que de l'extérieur
et de l'opinion publique internationale qui a plus de liberté.
Le Pakistan est un pays à
96% musulman où depuis 1977 la Sharria (la loi islamique)
est devenue loi d'Etat. Les minorités religieuses subissent
de fortes pressions et voient leurs libertés restreintes.
Une tentative de faire inscrire la religion sur la carte d'identité
a échoué suite à une forte mobilisation.
En 1985 une loi " contre le blasphème"
est entrée en vigueur; celle-ci punit de mort toute personne
accusée d'avoir blasphémé le nom de prophète
Mohamed. Les musulmans ont coutume d'accompagner le nom du Prophète
par une formule de louange, toute personne qui ne respecte pas
cet usage peut être accusée.
Cette loi est très discriminatoire
et favorise les règlements de compte et des chrétiens
se sont trouvés traduits en justice sans raison. une forte
mobilisation a eu lieu en 1992 lorsqu'un jeune chrétien
traduit en justice a risqué la peine de mort. Les chrétiens
étant une toute petite minorité, un relais international
a semblé utile.
C'est à cette campagne internationale
que s'est jointe, à la demande des communautés
du Pakistan, la famille dominicaine par des pétitions,
des télégrammes... Cette mobilisation massive a
joué un rôle essentiel dans le rapport de forces
qui a conduit à la révision de la loi.
La mobilisation peut
intervenir pour défendre quelqu'un accusé injustement,
pour protéger quelqu'un dont la vie est en danger (face
à des menaces), pour faire abolir une législation
injuste ou contraire aux droits de l'homme ou encore pour obtenir
de nouvelles lois reconnaissant des droits. Le rôle
de l'opinion publique nationale et internationale, dans
ces situations, est de contraindre les autorités à
agir au grand jour, d'influencer les décisions en faisant
jouer les rapports de force internationaux, de montrer aux pouvoirs
en place qu'ils ne peuvent pas agir comme ils le veulent... On
entre ainsi dans une problématique d'équilibre
des forces et de transparence des décisions qui peut empêcher
l'exercice de la violence et de l'injustice.
Le travail des frères et soeurs du centre
Fray Francisco de Vitoria au Mexique entre dans cette perspective
de faire un contrepoids à l'injustice: en rendant publics
les assassinats, les violations des droits de l'homme, en diffusant
des information sur des cas que la police voudrait cacher, le
centre conduit un combat pour une plus grande justice. Sa méthode
est détaillée en annexes du cahier n° 4.
Le rôle du travail en réseau
a déjà été présenté
(cahier n°1); cette méthodologie est particulièrement
adaptée pour ces situations d'urgence où la circulation
rapide et large de l'information est la clef du succès.
Le réseau doit informer d'une situation requérant
une intervention rapide et ferme des frères et des soeurs
: il a besoin pour cela de correspondants (dans
les provinces et les congrégations ce peut être
le promoteur Justice et Paix) qui devront informer rapidement
les communautés locales. Pour cette phase, il est souvent
utile d'avoir un " mailing " déjà
prêt: liste de fax ou de téléphone, étiquettes
d'adresses... Le réseau informe et propose une réaction
qui doit être très rapide. Cette réponse
aura le plus souvent la forme d'une pétition à
faire signer ou de lettres (ou fax) à expédier.
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Ne pas oublier : envoyer à ceux et celles qu'on souhaite
mobiliser un modèle de lettre que chacun pourra recopier.
Le modèle doit être rédigé dans un
style non polémique mais ferme et précis, dans
la langue du destinataire. Il faut rappeler très clairement
les faits qui sont dénoncés et affirmer un désaccord
mais faire une lettre courte. On peut parfois inviter les signataires
à faire état de leur statut religieux, de leur
statut dans la société civile... enfin, n'oublier
pas de donner l'adresse où il faut envoyer le courrier! |
Il faut le plus souvent possible accompagner
cette action par des interventions dans les médias
car ce sont eux qui feront connaître à un large
public et aux hommes politiques la cause pour laquelle nous nous
sommes engagés. Les média sont un relais fondamental
qu'il faut toujours essayer de mobiliser mais cela n'est pas
toujours facile car les journalistes sont assaillis d'informations
ou ont des contraintes idéologiques... Pour essayer de
dépasser ces difficultés il sera souvent nécessaire
de rédiger un communiqué de presse court, donnant
des faits et proposant des actions (par exemple une signature
de pétition en donnant le lieu où cette signature
est possible) que recopieront plus ou moins les journalistes.
Il ne faut pas oublier de donner un nom et un numéro de
téléphone d'une personne qui pourrait expliquer
de manière détaillée la situation si un
journaliste voulait en savoir plus.
Pour agir de manière
significative, il faut pouvoir trouver d'autres relais que les
médias; on pourra contacter des ONG (organisations
non gouvernementales) et des associations qui militent
dans le domaine Justice et Paix, auprès des commissions
diocésaines ou nationales Justice et Paix, auprès
des responsables des assemblées de religieux ou religieuses,
des épiscopats ou même auprès des Commissions
spécialisées des Nations Unies pour la défense
des droits de l'homme (comme le font nos frères et soeurs
franciscains qui ont une représentation permanente auprès
des Nations Unies à New York)... Pour être efficaces
les frères et les soeurs dominicains doivent faire connaître
à l'extérieur de l'Ordre nos combats. Cette information
passera souvent grâce à un dossier court, précis,
donnant des faits...
Pour que toutes ces actions se déroulent
rapidement, ce qui est la clef dans les situations d'urgence,
chaque responsable de Justice et Paix pourrait avoir, là
encore, un petit fichier - si possible informatisé (et
tenu à jour)- des personnes étrangères à
l'Ordre qu'il faudrait informer dans le cas d'appels urgents.
La réalisation d'un tel fichier permet, outre la méthodologie
préventive, un travail sur les véritables pouvoirs
locaux et correspond à la mission du Promoteur Justice
et Paix.
JUST ACT
est une initiative des frères
et soeurs dominicains promoteurs de Justice et Paix pour l'Amérique
du Nord. Une feuille est envoyée chaque mois à
tous les couvents et maisons avec trois rubriques :
- un calendrier des dates
du mois qui invitent à la prière et à l'action
car elles commémorent des événements significatifs
pour Justice et Paix (des exemples sont donnés dans
le cahier 5)
- " le savez-vous? " donnent des informations concernant
des frères et soeurs qui agissent ou qui risquent d'être
victimes de certaines situations. Par exemple les adresses
des communaut 9s en Haiti,au Burundi ou dans d'autres zones de
conflits, des statistiques sur la drogue, le commerce des armes...
- " action " : une rubrique qui propose des actions, des
pétitions, des collectes, des soirées de prières...
répondant à un problème précis. Par
exemple des lettres de solidarité à envoyer à
des communautés éprouvées, des pétitions
pour des révisions de procès...
Just Act est un outil simple à
réaliser et efficace pour développer la conscience
des frères et des soeurs. |
La pétition ou les lettres
de protestation ne sont pas les seules formes d'actions
possibles. On peut aussi essayer d'organiser des conférences
de presse (mais il faut avoir de bons contacts avec les médias
et des informations nombreuses), des protestations symboliques
(jeûne, veillée de prière, érection
de monument), des marches, des boycotts... Faites nous partager
vos expériences dans ce domaine. Merci!
Quand il en va de la vie ou de la réputation
de frères et de soeurs, de la vérité de
la foi, parfois de l'avenir de l'évangélisation...
on ne peut pas rester des amateurs ou simplement attendre que
surviennent les drames.
Il en est de même dans les actions
d'urgence nées des catastrophes naturelles et des divers
drames qui peuvent toucher les régions où vivent
nos frères et nos soeurs. Les récents conflits
du Rwanda Burundi, de l'ex-Yougoslavie... nous invitent à
la vigilance et à la solidarité organisée.
Premier
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de toute vocation dominicaine
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des étapes d'un projet
Les difficultés
du projet | Des résistances
fraternelles
Des défis
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Curie
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© 26 Janvier 1999
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