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" Qui n'a pas rêvé de faire de grandes choses dans sa vie, de se frayer un chemin vers le ciel ? Comme vous, nous avons aussi fait ce rêve mais face à l'immensité des problèmes à résoudre, au manque de moyens et de ressources nous avons découvert que ce rêve risquait de s'évanouir. Vous aussi, peut-être ? Alors plutôt que d'attendre que notre étoile brille dans les cieux nous avons décidé d'allumer une petite lampe. Vous aussi vous pourriez faire que l'obscurité soit moins grande, allumez donc une lampe. " Soeurs dominicaines du Rosaire, Samaj Seva Niketan, Bombay. |
L'approche projet est un outil méthodologique qui est très utile pour être réaliste et pour ne pas en rester à un bricolage qui absorbe tout notre temps sans produire d'effets tangibles. Il ne faut pas être effrayé par son côté rigoureux ou technocratique: sa progression logique peut nous servir de " pense- bête " pour éviter de perdre du temps et pour nous prémunir au maximum contre les possibilités d'échec.
Une approche projet
comprend plusieurs étapes qu'il convient
de suivre dans l'ordre logique.
A. L'appel. Il faut cerner une " demande " en étant vigilants à la fois sur ce qui est demandé et qui est porteur de la demande. Il y aura avantage à passer du temps pour bien analyser cette demande, pour la cerner et pour la reformuler. La mise en relation d'un appel particulier avec des tendances profondes de la société doit permettre d'évaluer la pertinence de cette demande.
B. La décision. Répondre à une demande engage profondément. Notre vie religieuse étant démocratique, la décision ne peut provenir que d'un processus de discussion communautaire, qu'avec l'appui des responsables conventuels et provinciaux... mais aussi d'une forte motivation personnelle. S'il n'y a pas des frères ou des soeurs très motivées, il sera difficile de tenir et il vaut mieux ne pas décider de répondre favorablement à une demande.
C. Les moyens et le comment. Après avoir décidé, il faut faire une estimation de ce qui est nécessaire pour répondre de manière efficace et pertinente à la demande. Il faut faire un exercice prévisionnel tant en ce qui concerne les méthodes que les moyens à mobiliser et réaliser des scénarii sur ce qui pourrait être fait et retenir le scénario qui apparaît le plus probable ou le plus souhaitable pour cadrer son action sur lui.
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Un scénario est une méthode de prospective qui consiste à faire apparaître des évolutions contrastées de ce qui pourrait se passer dans une période de 3 à 5 ans (ou plus) si une ou deux variables de la réalité sociale venaient à évoluer. On développe dans le scénario toutes les conséquences, de manière la plus détaillée possible et en degré de causalité de plus en plus élevé, de la variation probable d'un élément. Exemple: si une politique de logement bon marché pour les pauvres n'est pas mise en place, le nombre d'habitants dans les bidonvilles augmentera, les conditions de vie se dégraderont considérablement, le niveau sanitaire s'effondrera...
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D. Qui fait quoi? Après avoir pris une option sur les méthodes et les moyens, il faut pouvoir répartir des responsabilités. la construction d'un organigramme s'impose. Il faut à la fois construire l'organigramme (faites quelque chose de simple!) qui sera mis en oeuvre au cours du fonctionnement du projet et un organigramme de transition qui définit les responsabilités de chacun pour la réalisation concrète du projet: qui cherche les fonds ? qui mobilise des frères et des soeurs ? qui cherche des locaux ? qui contacte les autorités ? On gagne toujours à être très précis sur les responsabilités de chacune et de chacune.
| Un organigramme est un schéma qui fait apparaître de manière visuelle et hiérarchisée l'articulation des différentes responsabilités à l'intérieur d'un projet et les noms de ceux qui exercent ces responsabilités. On peut avoir des organigrammes très hiérarchiques et centralisés ou des systèmes plus démocratiques et décentralisés. Il faut cependant que les responsabilités de chacun soient clairement identifiées et que les champs d'intervention soient assez nettement déterminés pour qu'il n'y aie pas trop de conflits et que ce qui doit être fait se réalise. |
E. Communiquer s'impose à toutes les étapes: dès que le projet est un peu élaboré pour informer largement et recueillir des suggestions, au cours du montage pour que tous les membres de la congrégation, du couvent ou de la province suivent l'avancée des choses et se sentent partie prenante, au moment de l'inauguration (penser aux médias) et tout au cours du fonctionnement.
F. Evaluer est une procédure à conduire de manière permanente pour toujours ajuster nos actions et nos manières de faire aux besoins et aux problèmes que rencontrent les plus démunis. l'évaluation est un des moyens d'évoluer (le cahier n°5 traitera de ce point).
G. Célébrer. Ne pas oublier de faire la fête pour les succès mais aussi pour lutter contre les déprimes et le découragement. Ne pas oublier de faire la fête devant Dieu, de lui rendre grâce et d'implorer sa force... sans lui nous ne pouvons rien, mais lui nous choisit pour établir avec lui un peu plus de justice et de paix.
Tout au long de ce processus, il sera souvent utile de faire appel à de véritables experts; notre charisme dominicain ne nous rend pas polyvalents et compétents sur tout. Regardons autour de nous, il y a sûrement des amis qui sont spécialistes... mais n'hésitons pas non plus à employer des professionnels qui nous éviterons de tomber dans des pièges ou de faire de trop grandes erreurs, même s'il faut les payer un peu.