LA GUERRE ET LA VIOLENCE
Les Nations Unies ont recensé
42 pays dans lequel se déroulent actuellement
des conflits et 37 dans lesquels il existe de très fortes
tensions politiques. Ces guerres ont tué plus
de 20 Millions de personnes depuis 1945. Le nombre de réfugiés
à travers le monde est de plus 15 millions de personnes
et celui des déplacés de 5,4 millions dont le plus
grand nombre dans les pays en voie de développement ce
qui contribue encore à la pauvreté de ces pays.
Il y a d'innombrables causes
à la guerre: l'appropriation de richesses (pétrole,
uranium), les conflits idéologiques, la haine raciale,
le problème des nationalités non reconnues par
les fronti e8res nationales, une conception impérialiste
de son nationalisme... mais aussi la pression des vendeurs d'armes
ou les manipulations des grandes puissances. Les industries de
l'armement jouent un rôle considérable au niveau
international mais aussi dans les économies locales, ce
qui rend plus difficile une politique (par exemple de reconversion
à des fins civiles des industries d'armement) dans ce
secteur. Le commerce des armes représentait 18 milliards
de dollars US en 1992 selon les statistiques officielles (qui
sont loin de représenter la réalité).
La guerre et la violence ont un coût
pour le développement: coût des destructions
matérielles (équipements, infrastructures), coût
en hommes (et en force de travail) mais aussi coût en détournement
d'investissement (achat d'armement). Le PNUD estime que le coût
des dépenses militaires a été de 7000 milliards
de US$ de 1987 à 1994 et qu'en 1992 ces dépenses
ont égalé le revenu de la moitié de la population
de la planète. Selon le PNUD une simple réduction
des dépenses d'armement de 3% par an de 1995 à
2000 permettrait de récupérer pour le développement
460 milliards de US$.
Les Nations Unies ont été créées en
1945 comme une manière d'éviter de nouvelles guerres
en favorisant la concertation, des mécanismes de médiation
et une stratégie globale de développement économique,
prémisse incontournable pour l'établissement de
la paix. Les Nations Unies rassemblent la presque totalité
des pays reconnus (185 actuellement); ceux-ci se rencontrent
et discutent de leurs problèmes (y compris de leurs éventuels
conflits avant que ceux-ci ne dégénèrent
en guerres) au sein de l'Assemblée générale
mais chacun reste souverain: les Nations Unies ne peuvent rien
imposer n'ayant pas de véritable pouvoir de contrainte
sur les membres. Cette assemblée est organisée
et animée par le Secrétaire Général
des Nations Unies (actuellement Mr Boutros Boutros-Ghali).
Les Nations Unies ont créé
divers organismes pour réaliser leur mission: PNUD (Programme
des Nations Unies pour le Développement), FAO ( Organisation
des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture), OMS
(Organisation Mondiale de la Santé), UNESCO (Organisation
des Nations Unies pour l'Education, la Science et la Communication)...
La CNUCED qui essaie surtout de promouvoir les intérêts
des pays les plus pauvres est une commission de l'Assemblée
Générale. Le HCR (haut commissariat pour les réfugiés)
assure la protection et l'aide aux réfugiés victimes
des guerres: 27,4 millions de personnes ont bénéficié
de son aide en 1995.
Pour veiller plus particulièrement
à la paix, 15 pays membres constituent le Conseil
de sécurité. Ce conseil est composé
de 5 membres permanents (les vainqueurs de la 2° guerre mondiale):
USA, France, Grande Bretagne, Fédération de Russie,
Chine populaire et de 10 pays élus à tour de rôle.
Ce conseil de sécurité peut se saisir lui-même
des problèmes de guerre ou être saisi par un pays
membre. Il propose un certain nombre de résolutions dont
le but est de favoriser l'arrêt des hostilités (il
a un rôle de médiateur de la paix) ; c'est aussi
lui qui décrète l'envoi des casques bleus (engagés
actuellement en 20 pays), une force armée qui agit dans
le cadre d'un mandat défini de manière très
précise pour obtenir l'arrêt des hostilités
ou maintenir la paix.
Les différents papes ont invité
les chrétiens à défendre le système
des Nations Unies qui, malgré ses imperfections, est un
progrès vers la mise en oeuvre du bien commun universel,
vers la réduction de la guerre...Jean XXIII, Paul VI et
Jean Paul 2 ont plaidé en faveur des Nations Unies. Voir
par exemple Pacem in terris ( n°137) et Sollicitudo Rei Socialis
(n° 43).
Il existe cependant des critiques
contre le système: il coûte cher (beaucoup
de fonctionnaires, de colloques à l'intérêt
faible, dépenses de réception...), il est peu efficace
car il dépend de la bonne volonté de chaque état,
il est dominé par les grandes puissances... malgré
ces critiques, le bilan du système des Nations Unies est
loin d'être négatif.
Dans la plupart des pays le budget national
donne une certaine importance aux dépenses
militaires et de défense, parfois au détriment
des dépenses sociales, éducatives ou sanitaires.
Une réflexion chr 9tienne est donc nécessaire quant
à ces problèmes.
Exemple d'un questionnaire
sur la paix et la défense ( Justice et Paix, France) :
A Que peuvent dire les chrétiens?
11. A l'évidence les questions
relatives à la paix et à la défense relèvent
des domaines technologiques, stratégiques, politiques...
Relèvent-elles aussi, selon vous, de la conscience chrétienne,
pourquoi ? Au nom de leur foi et de leur espérance les
communautés chrétiennes ont-elles leur mot à
dire sur ces questions?
12. Il est clair que le message biblique
ne nous fournit pas de réponses détaillées
à nos questions sur les armements ou la défense...
que nous offre-t-il :
- une vision, une définition de
la paix ? laquelle ?
- une orientation impérative ?
- un espoir fondé sur la paix,
don de Dieu ?
- autre chose ?
13. Quel genre de texte à votre
avis devrait être un document émanent des communautés
chrétiennes sur ces questions :
- une annonce prophétique de la
paix, mais qu'est ce que le " prophétisme "
?
- des critères moraux précis
?
- devrait-il descendre dans le détail
et porter des jugements fermes sur la fabrication et l'utilisation
des armes ?
Essayer de motiver vos réponses
: au nom de quoi ?
B. Analyse de la situation
21 Comment percevez-vous la situation
internationale présente ? décrivez là rapidement.
Quelles sont les principales menaces qui guettent votre pays,
le monde?
22. Comment percevez-vous la course aux
armements ?
- une fatalité ? un processus devenu
fou ? un processus dans lequel notre responsabilité est
faible ?
- le ressentez-vous comme une menace ?
23. Y a-t-il à vos yeux des menaces
sur votre pays ? Si oui en quoi consistent-elles exactement ?
En quoi sont-elles conditionnées par des stratégies
géopolitiques ? des idéologies ? des difficultés
internes ?
24. Quelle influence vous semblent avoir
les opinions publiques (et notamment les mouvements pour la paix)
sur la situation militaire ?
25. De façon générale
vous sentez-vous suffisamment informés sur la politique
militaire de votre pays ?
C. La paix et les chrétiens
31. Comment caractériseriez-vous
les positions diverses des chrétiens sur les questions
touchant la paix ?
32. Sur quels points vous semble-t-il
qu'il y ait accord et consensus ?
33. Pensez-vous que l'Evangile ou d'autres
textes de l'Eglise puissent vous aider à relever le défi
de la paix ? Qu'est-ce qui vous paraît valable à
cet égard :
- une doctrine chrétienne de la
paix ?
- une doctrine de la légitime défense
?
- des critères pour une juste guerre
?
- une orientation pour éclairer
la conduite dans les conflits de devoir ?
- une tradition d'origine évangélique
de non-violence ?
- le principe évangélique
de l'amour des ennemis ?
D. Des propositions concrètes
41. Quelles orientations concrètes
d'une politique de défense préconisez-vous ? Quelles
solutions envisager à court terme ? à long terme
?
42. Quelles actions faut-il entreprendre
en vue de l'éducation à la paix ?
Le problème de la violence
commence souvent en nous
et l'approche Justice et Paix nous invite à faire le point
sur la violence que nous ressentons et que nous diffusons. Des
analyses psycho-sociologiques peuvent aider à prendre
conscience de cela. On peut aussi analyser les comportements
dans les sports collectifs, dans les situations de foule, dans
nos propos face aux délinquants, dans la vie commune en
général...
La Bible ne banalise pas la violence; elle la prend au sérieux comme une composante
de l'humanité. On est souvent choqué dans la lecture
de la Bible par toutes les descriptions de la violence non seulement
d'Israël ( Josué 6,17-21 et 7,23-29) mais aussi de
Dieu ( Joël 2,1-11 ou Amos 23,13-16). Job va s'interroger
sur le rapport entre Dieu et la violence (ch 38 à 42)
tout comme le livre des Rois dans 1R18-19. Les prophètes
apportent quant à eux un message nouveau où la
Paix est au centre du projet de Dieu (en particulier Is11,6-8).
Dans le Nouveau Testament
on connaît une violence liée au Royaume de Dieu
(Mt 11,12 et Lc 16,16 par exemple) mais Jésus se démarque
par rapport à cette violence et la critique au nom du
pardon et de l'amour (Mt 5,43-48, Mc 14,43-15,41). Jésus,
en prenant une attitude non-violente au moment de sa Passion,
révèle la violence des hommes en ce qu'elle a de
destructeur. La Résurrection révèle l'action
de Dieu qui créée un monde où la violence
est surmontée par celui qui a été mis à
mort par la violence des hommes.
Le Nouveau Testament nous propose à
la fois un chemin de conversion pour sortir de la violence et
un chemin d'amour et de pardon pour ne pas se laisser entraîner
dans la spirale meurtrière de la haine.
Il existe de nombreuses possibilités
pour se former à la non-violence
ou à la médiation (pour faire évoluer les
conflits vers la paix). Les soeurs de San Rafael (USA) signalent
le mouvement animé par les franciscains et auquel elles
participent : Pace e bene. Ce mouvement
propose une formation en dix phases pour devenir animateur communautaire
de la non-violence. Les soeurs de San Rafael ont invité,
dans leur chapitre de 1994, chacune des soeurs à un engagement
sur un chemin de non-violence.
Un autre lieu de formation (11 semaines)
: Responding to conflict: 1046 Bristol Road
, Birmingham, B29 6LJ, UK (fax: 44.0.121.415.56.41)
Bibliographie rapide :
Commission Pontificale Justice et Paix
" Enseignement social de Jean Paul 2: le thème
de la violence " et " le commerce international
des armes: une réflexion éthique ", 1994
et les rapports annuels d'Amnesty International...
Annexes
La dimension
écologique
Quelques
éléments statistiques
Le marché
et la dette
Curie
| J&P
© 26 Janvier 1999
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