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La famille dominicaine -  Par Klaus BORNEWASSER

Chers frères et soeurs,

On m'a demandé quels sont les défis pour moi en tant que représantant des Fraternités Laïques concernant la mission de l'Ordre au début du 3è millénaire.

Nous vivons à l'époque séculière en Europe. Beaucoup de gens décide de quitter l'Eglise, mais ils continuent à prôner de nouvelles idées qui peuvent leur donner un sens réel de vie.

On peut quitter l'Eglise pour différentes raisons :

Nous nous rendons compte du fait que notre époque est semblable à celle de St. Dominique. Nous pouvons accomplir notre charge lorsque nous voyons les besoins du temps et quand nous sympathisons avec ceux qui souffrent. Le numero 13 de la Règle du Laïcat Dominicain décrit la source d'une formation dominicaine digne du nom comme suit : « La Parole de Dieu et la pensée et réflexion théologique, la liturgie, l'histoire et la tradition de l'Ordre, l'accomplissement de signes du temps ».

N'est-ce pas cela la même source, où les frères et soeurs puisent la force d'accomplir leur charge ?

Je pense que nous avons la même mission, mais différentes façons et différentes possibilités de l'accomplir.
 

Normalement nous n'habitons pas au monastère ou dans un couvent. C'est pourquoi il est très difficile, de fois, de sentir une vie commune forte dans des groupes laïcats dominicains. La plupart de ces communautés se rencontre une fois par mois, d'autres deux fois par mois et très rarement on trouve certains qui se rencontre une fois par semaine. Ma préference est pour le dernier groupe. De l'autre côté des laïcs dominicains ont la possibilité d'atteindre beacoup plus de gens que leurs frères et soeurs du couvent. Nous pouvons rencontrer les gens du voisinage, au lieu de travail, aux club-sportifs, dans les différentes rencontres sociales et culturelles. Ce faisant, nous pouvons vivre notre témoignage de vie chrétienne parmis nos familles et amis. Nous nous mettons en contact avec des gens même quand ils sont absent de l'Eglise, sans avoir l'idée d'aller parler à un membre d'une communauté religieuse.

Les membres du laïcat dominicain peuvent préparer et prendre le chemin d'écouter les autres, les sans-loger, les réfugiés politiques ou religieux, les chômeurs, les alcooliques, ceux qui vivent dans des familles séparées, ceux qui n'ont plus d'autre possibilité de vivre en dignité humaine.

A mon avis, ces choses sont posssibles quand les frères et soeurs, religieux comme laïcs travaillent main dans la main. Ce qui veut dire prier ensemble, étudier ensemble, préparer la prédication ensemble.

Maintenant je vais essayer de répondre à la deuxième question concernant mon défi comme représentant des Fraternités Laïques, pour la Famille Dominicaine à propos de la mission de l'Ordre.

L'ancien Maître de l'Ordre, le fr. Vincent de Couesnongle, OP a écrit en 1983 pour le journal allemand du laïcat dominicain un article sur la vie et l'oeuvre d'un dominicain laïc. Je me souviens d'une idée assez importante. Le fr Vincent écrit «  Les Tertiaires du temps passé ne vivent plus aujourd'hui dans les pensions du monastère. Ils vivent à cause de leur engagement et à cause de leur co-responsabilité au monastère même.Cela veut dire que l'Ordre tout entier manquérait une partie essentielle si le laïcat dominicain manquait ».

Comment pouvons-nous travailler en tant que famille ? Que veut dire la famille ?

Un dictionnaire allemand définit la 'famille' comme une communauté de vie entre un couple marié et ses enfants. Elle est une communauté biologique, économique, mentale et spirituelle ayant pour tâche principale l'éducation des enfants. Je suis marié et j'ai deux enfants. Ma profession est directeur d'une école primaire catholique. Je sais par ma vie privée et professionelle quotidienne ce qui veut dire éduquer les enfants.

Je peux le faire de deux façons. La première, en donnant des règles et idéales, vérifiant si réellement ils vivent comme je veux qu'ils vivent. Quand ils ne le font pas je les mets en ordre, et si nécessaire, je les punis.

La deuxième façon est totalement différente. Je peux leur donner des règles er idéales, mais après cela je dois les prendre par la main et marcher avec eux. Je peux écouter leur questions et donner des réponses. Je peux leur donner la liberté jusqu'à un certain niveau pour voir comment ils peuvent aller tout seul. Je peux donner des corrections, promouvoir le développement personel et essayer d'être pour eux le guide de la route. Après viendra le jopour où ils auront leur liberté et auto-détermination. Pour les enseignants, pères et mères, il est très difficile de laisser les enfants d'être des parténaires adultes.

Je pense que nous pouvons comparer cette image à celle de notre Ordre :

Au départ nous avons eu le premier, deuxième et troisième Ordre. Cela n'était pas seulement un nom mais aussi un programme et un classement.

Depuis le premier « Symposium International de la Famille Dominicaine » ici à Bologne il y a 15 ans, nous avons accepté le fait que nous sommes tous dominicains avec la même vocation vecue différemment. Je pense que cela ne devait pas être une rêve. Je me souviens du Congrès du Laïcat Dominicain Européen de Vienne au mois de mars de cette année. Là nous avons eue des causeries avec nos frères et soeur laïcs de l'Ouest et de l'Est . Cela ne devrait pas être une rêve, dans l'Ordre Dominicain auquel appartient le laïcat dominicain, d'éduquer et de développer la vie du laïcat dominicain comme je l'ai décrite dans la deuxième façon d'éducation. Faisant cela nous pouvons marcher ensemble comme des parténaires réels, frères et soeurs. Il est très important que nous nous acceptions comme nous sommes dans la différence et en communauté. Chacun de nous a son expérience de vie et de travail ensemble avec les autres. C'est une richesse que nous pouvons partager !

Etre dominicain n'est pas une qualité spéciale parce que nous sommes des 'christs baptisés'. Etre dominicain est une qualité spéciale parce que nous pouvons écouter les autres dans leurs besoins et leur douleur. Nous pouvons aborder les autres et nous ne les dominons pas avec notre saggesse et conseil, mais nous leur montrons leur chemin de vivre en dignité, responsabilité et liberté en esprit et âme. Accompagner autrui en les faisant le présent du moment, veut aussi dire partager avec eux, ce qui est chrétien, catholique et dominicain.

Quand nous avons débuté notre Congrès du laïcat-dominicain à Vienne, l'actuelle Maître de l'Ordre, le fr. Timothy Radcliffe a étalée trois phrases clés :

Avec votre indulgence j'ajoute une phrase de plus :

Merci de votre attention.
 

Klaus BORNEWASSER

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