| C h a p i t r e G é n é r a l | B o l o g n e '9 8 |
| Ordre des Prêcheurs |
Ce fut le Maître de l'Ordre, fr. Vincent de Couesnongle qui obligea tous les Supérieurs Majeurs et les Définiteurs du sous-continent à se rassembler, en 1977 à Amecameca, à Mexico, pour la célébration de la IVe Assemblée du CIDAL. En vue de leur participation au Chapitre Général de Quezon City, il parvint ainsi à applanir et surpasser les différences naturelles et parfois accompagnée de forte animosité que créaient les différentes réceptions, dans l'Ordre, du Concile Oecuménique et des conclusions de la deuxième conférence épiscopale de l'Amérique latine. Dès alors, le CIDAL a été célébré régulièrement tous les trois ans, partant d'une attitude de méconnaissance, d'isolement et même de méfiance et d'apparente irréductibilité des positions, provoquées entre autres choses par la situation du sous-continent et les répercussions de ces deux événements dans la société et dans l'Eglise, pour avancer vers une attitude de compréhension, de disposition au dialogue et de recherche de communion. A partir d'une réalité de fractionnement, même si, grâce à Dieu, il ne s'agit pas d'une division, vers une réalité de collaboration qui promet un meilleur avenir pour l'Ordre en Amérique Latine.
Nous ne devons pas oublier que même si l'Amérique Latine est considérée du dehors comme une unité géo-politique, elle est cependant une énorme mosaïque d'histoires, de cultures, d'identités et de réalités politiques. Même si l'Ordre eut aussi, en général, une origine historique similaire, les réalités des Provinces mères l'influencèrent de manière différente dans sa configuration interne. Il y avait donc entre les Dominicains d'Amérique Latine des différences très marquées parfois de nationalité, de mentalité, de génération et de formes de comprendre et de vivre le carisme dominicain.
Par un regard rétrospectif, la réalisation ponctuelle, tous les trois ans, des Assemblées du CIDAL, cela apparaît comme un catalisateur opportun et convenable de toute cette richesse, propulsée aussi par le carisme missionnaire du fr. Damián Byrne et de ses Socius pour l'Amérique Latine. Toutes les assemblées ont eu comme axe un thème central et brûlant, en tenant compte des réalités religieuses et sociales du sous-continent, confrontées avec les orientations générales de l'Ordre, de la Conférence épiscopale latino-américaine et des documents des Conférences des Religieux. Ces discussions servirent pour entrer dans le sujet principal : la mission de l'Ordre dans un sous-continent dépendant politiquement et économiquement du grand capital, dans des sociétés stratifiées sur la base de privilèges toujours plus grands pour un minorité, et d'une marginalisation et d'une exclusion des grandes majorités.
Plusieurs entités de l'Ordre en Amérique Latine et aux Caraïbes commencèrent pour leur propre compte diverses activités de collaboration avec d'autres entités sourtout dans le domaine de la formation et de l'apostolat.
Les colloques théologiques ont déjà une longue trajectoire dans l'histoire de l'Ordre en Amérique latine. Le VIe congrès international des Historiens de l'Ordre est prévue pour le mois de septembre prochain et est organisé à San Juan de Puerto Rico.
La collaboration actuelle dans l'Ordre en Amérique latine est le fruit de toutes ces années d'efforts et de conscientisation collective. C'est au sein même du CIDAL que la politique d'intégration de l'Ordre dans nos différents pays et son incarnation progressive dans nos différentes réalité ont été accueillies, discutées et promues pour parvenir à la formation de quelques Vice-Provinces et Provinces plus fortes et robustes qui puissent mieux répondre aux divers défis apostoliques et à leurs besoins de promotion vocationnelle, de formation et de gouvernement. Ici aussi, on a accueilli et promut les initiatives communes de collaboration comme par exemple le noviciat de Trinidad-Tobago pour les entités des Caraïbes, le cours de Cusco, au Pérou, sur les Eglises et les réalités latino-américaines, la formation institutionnelle en commun avec la Province de Saint-Jean-Baptiste et le Vicariat de Sainte Rose de la Province d'Espagne au Pérou et l'Institut Pedro de Córdoba. L'élaboration d'une seule Ratio Formationis Particularis et d'une seule Ratio Estudiorum Regionalis dans le cône Sud mérite une mention spéciale rédigée par les Régents d'Etudes et acceptée en principe par toutes les entités de la zône.
a) Intensifier, consolider et amplifier
les projets actuels dans les différents domaines : gouvernement,
formation, études, économie ...
b) Le domaine de la recherche et de la
réflexion théologique vécues au niveau interdisciplinaire.
c) Le dialogue inter-religieux et inter-culturel,
avec les grands défis de l'inculturation de l'Evangile, la théologie
indienne, les autonomies de ses peuples et les droits des collectivités.
d) La Justice et la Paix orientées
dans le sens des droits de l'homme et de la dignité de la personne.
e) La défense de la vie et de l'écologie.
f) La communication humaine à travers
les moyens contemporains de communication.
g) La présence spécialisée
et coordonnée des frères dans les organismes et les instances
de décision économique, politique et culturelle.
Toutes ces actions ont été progressivement accomplies en tenant plus ou moins compte des critères de collaboration décrits par le Chapitre Général de Caleruega : critères évangéliques de communion fraternelle, apostoliques et d'organisation (ACG, Caleruega, 19975, 71).
Nous croyons que le Chapitre de Bologne doit faire une analyse objective aussi bien des réussites que des difficultés dans la collaboration.
Peut-être ces difficultés sont-elles dues entre autres aux raisons suivantes :
1. Le manque de formation communautaire
pour travailler en équipe.
2. Le manque de formation pour la disponibilité
dans la collaboration.
3. Le fait de se limiter à son
propre horizon.
4. Un style démocratique qui se
contente de délibérer, en traitant de petites affaires, avec
le souhait de ne rien changer sur le fond.
5. Le confort dans notre vie et dans notre
mission.
6. Le manque de clarté dans nos
projets.
Nous croyons que le Chapitre de Bologne doit ordonner aux entités de se former à cet esprit de collaboration et de disposer d'un certain nombre de frères en formation qui se préparent petit à petit pour collaborer au-delà des leurs frontières.
Nous croyons que le Chapitre doit ordonner aux Chapitres Provinciaux que dans la planification d'un projet de vie commune et de mission soit insérée la collaboration dans des projets continentaux ou de l'Ordre en général en veillant à la compétence et à l'envoi de frères pour de tels projets.
Nous croyons qu'il est nécessaire de définir avec clarté des projets communs, au moins un par continent, pour parvenir concrètement à la création d'équipes de travail.
En Amérique Latine, par exemple,
il est urgent de renforcer et d'assurer notre présence actuelle
sur les territoires de mission au Mexique, Guatemala et Pérou. Il
est aussi urgent de répondre au défi d'une nouvelle évangélisation
de Cuba. Nous avons également à renforcer à nous tous
en union avec la Famille Dominicaine l'Institut Pedro de Cordoba au Chili.
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© 1998 Ordre des Prêcheurs
Chapitre Général, 1998 Page conçue par Paul-Dominique Masiclat OP email: paul.masiclat@hol.fr |