C h a p i t r e   G é n é r a l B o l o g n e   '9 8
Ordredes Prêcheurs
 
CAPUT VII
DE POLITICA ÔCONOMICA

 

"Un retour à une visible simplicité de vie apporterait à nos paroles une nouvelle autorité et nous unirait en une communauté plus profonde, qui attirerait même de nombreuses et sûrement excellentes vocations. " (Relatio Magistri Ordinis de statu ordinis (1998), 5,5)
De nos jours, une personne, ou un groupe, exprime ce quâelle croit et ce en quoi elle met réellement sa confiance par la façon de gérer les problèmes économiques : " Là où est ton trésor, là aussi est ton cțur " (Mt 6,21). Non seulement notre prédication, mais aussi notre gestion économique, doivent être un signe réel que nous avons mis notre confiance dans le Seigneur, en partageant les ressources financières, lâentretien de nos propriétés et leur utilisation au service des autres, spécialement dans un monde où les différences de niveau et de qualité de vie sont si marquées.

A certains moments décisifs (kairoi), nous pourrions être appelés, soit personnellement, soit collectivement, à nous libérer des biens que nous avons acquis. Lâaccumulation des biens, que ce soit au niveau local, national ou international, est en contradiction avec la prédication de la justice de Dieu qui est la priorité de la communauté.

Au niveau personnel, chacun dâentre nous doit discerner la meilleure manière possible de satisfaire les besoins les plus authentiques, que ce soit les siens ou ceux des autres, sans se laisser submerger par le vaste étalage de biens que notre société de consommation pousse à désirer et à acheter. Les nécessités matérielles dâune personne ne doivent pas supprimer les valeurs telles que la participation, la tranquillité, lâamitié, le sens de la vie et lâidentité qui parviennent à maturité lorsquâon les partage. Chacun de nous est appelé à défendre la dignité transcendante de chaque être humain. Il est très exigent dâêtre témoin de cette dignité face à une économie de marché qui traite fréquemment les personnes, surtout les pauvres, guère mieux que des biens de consommation.

La vie communautaire offre à tous ses membres un cadre idéal pour discerner leurs besoins et pour satisfaire de la meilleure manière possible ceux qui sont authentiques. Ceci variera dâune personne à une autre en fonction de ses qualités, de son caractère, de sa santé, de ses obligations et de ses engagements apostoliques pour tout ce qui ne sâoppose pas au bien commun.

Plus on utilise des cartes de crédit, des ordinateurs, des voitures et dâautres instruments qui permettent à certains frères de travailler plus rapidement et plus efficacement, plus il devient nécessaire de grandir dans lâhonnêteté personnelle par le partage de lâinformation, la présentation des comptes à la communauté et lâélaboration du budget communautaire. Ce dernier devra tenir compte des besoins, des obligations et des circonstances personnels de chacun des frères.

Nos provinces et nos vicariats, en plus dâassurer la vie et la santé de ses membres, le maintien dâun programme de formation et dâétudes ainsi que le développement de leur apostolat, doivent aussi utiliser leurs fonds, leurs investissements et leurs biens pour lutter en faveur dâune économie plus juste surtout dans un monde qui est fréquemment divisé entre les riches et les pauvres, les créanciers et les débiteurs, ceux qui ont le pouvoir et ceux dont la survie même est en péril. Les provinces doivent donc préparer des syndics qui non seulement aient les compétences techniques requises mais aussi une sensibilité aux problèmes éthiques et humains qui surgissent dans un monde dominé exclusivement par les forces du marché.
 

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Chapitre Général, 1998
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