I. Jésus est condamné à être crucifié
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Trahi par son disciple Judas, Jésus est amené devant Pilate pour être jugé. Le consul romain lui demandant son identité, Jésus répond : « Je suis venu rendre témoignage à la Vérité ». Et Pilate de poser alors ironiquement la question : « Qu’est-ce que la vérité ? ».
Cette question de Pilate est une fausse question, et un vrai refus. En réalité, Pilate ne cherche pas la vérité, il refuse que Jésus puisse être lui-même cette vérité, il va jusqu’à refuser même qu’une vérité puisse exister. Pilate n’était que sceptique, notre monde contemporain est nihiliste et relativiste : il n’y a pas de vérité, ou toutes les vérités se valent.
Par sa Croix et sa Résurrection, Jésus veut réveiller à jamais et combler la soif de vérité que le Père a inscrite dans notre cœur. Prions pour que nous soyons toujours davantage, avec Jésus, des défenseurs de la vérité. Prions aussi pour que nous sachions l’annoncer à nos contemporains.
II. Jésus est chargé de sa Croix
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
A l’instant où il prend la Croix sur ses épaules, Jésus donne enfin la réponse à une question angoissée posée des siècles plus tôt. Le jeune Isaac, portant son fagot sur ses épaules, avait interrogé avec inquiétude son père Abraham : « Où est l’agneau pour le sacrifice ? ». Abraham avait répondu : « Dieu y pourvoira ».
Aujourd’hui, Jésus prenant sa Croix sur les épaules peut achever la réponse d’Abraham, en reprenant les mots de Jean-Baptiste : « Je suis l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde. » Ainsi donc, Jésus est l’agneau pour le sacrifice que toute l’humanité offre à Dieu avec lui pour la rémission de nos péchés.
Prions pour qu’à chacune des eucharisties que nous vivons, nous comprenions davantage à quel prix Jésus a racheté nos péchés. Prions aussi pour que nous puissions par nos souffrances offertes par amour, participer à l’unique sacrifice du Christ.
III. Jésus tombe pour la première fois sous le poids de la Croix
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Dans nos consciences pourtant malades, le péché pèse d’un poids énorme. C’est un fardeau qui nous accable, et nous empêche de vivre dans la joie. Combien plus le péché de toute l’humanité a-t-il pesé sur les épaules du Christ ! Ainsi Jésus, qui est fils de Dieu, tombe pourtant sous le poids de la Croix.
En aimant l’humanité d’un amour fou, Dieu est devenu vulnérable, car on n’est jamais autant blessé que par ceux qu’on aime. Alors, face aux refus que les hommes adressent à son amour, Jésus tombe à terre, apparemment vaincu par nos péchés.
Prions pour qu’à chacune de nos confessions, nous remettions nos péchés au Père non par peur ou par devoir, mais parce que nous avons blessé son amour et que nous ne pouvons pas vivre sans cet amour.
IV. Jésus rencontre sa mère sur le chemin du Calvaire
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Marie a su très tôt que son fils Jésus devait souffrir et la faire souffrir. Syméon l’avait averti : « Il doit être un signe en butte à la contradiction – et toi-même, une épée te transpercera l’âme ». C’est aujourd’hui, sur le chemin du Calvaire, que la prophétie de Syméon s’accomplit.
A cet instant, le regard de Jésus à sa mère dévorée par l’angoisse est le même que lors du recouvrement au Temple. A sa mère qui le cherchait dans l’inquiétude, il avait répondu : « Pourquoi donc me cherchiez-vous ? Ne savez-vous pas que je dois être dans la maison de mon Père ». A cette parole, à ce regard, Marie avait compris que son fils ne lui appartenait plus, que sa mission était divine et qu’elle passerait par la souffrance. Aujourd’hui, le regard de Jésus, noyé de sueur et de sang, lui en apporte la confirmation.
Prions pour toutes les mères qui voient leurs enfants prendre des directions qu’elles n’auraient pas choisies. Prions pour qu’à l’exemple de la Vierge Marie, elles sachent porter cette souffrance dans la prière.
V. Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa Croix
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Alors que Jésus passe au milieu de la foule déchainée et haineuse qui, quelques jours plus tôt, l’acclamait lors de son arrivée triomphale à Jérusalem, un homme est réquisitionné par les soldats. Cet homme, Simon de Cyrène, n’était pas un disciple de Jésus. Mais bouleversé par la souffrance qui se lit sur le visage défiguré du Christ, il accepte de l’aider à porter sa Croix. St Luc laisse entendre qu’il se convertira suite à cette rencontre.
Simon de Cyrène a écouté sa conscience, en aidant le Christ. Prions pour tous les hommes qui ne connaissent pas Jésus mais s’efforcent de vivre droitement selon leur conscience. Prions pour que, comme Simon de Cyrène, ils puissent un jour rencontrer le Christ et adorer enfin ce qu’ils ont tant cherché.
VI. Ste Véronique essuie le visage de Jésus
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Sur le chemin du Calvaire, une femme, prise de pitié, s’approche pour essuyer le visage de Jésus. Etait-ce l’une des femmes qui suivaient Jésus dans ses pérégrinations ? Voit-elle aujourd’hui le Christ pour la première fois ? Son geste est en tout cas celui de la compassion, une charité qui n’a pas besoin de raisons parce qu’elle vient du plus profond de son cœur de femme.
Prions pour les femmes de notre monde, qui partout perpétuent cette attitude de Véronique en étant en première ligne dans les hôpitaux, les œuvres sociales et de charité, prodiguant des soins, donnant leur temps et reconnaissant dans le visage des malades et des pauvres le visage du Christ qui nous a aimés jusqu’au bout.
VII. Jésus tombe pour la deuxième fois
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
La souffrance physique de Jésus augmente, pas après pas. Sur sa chair meurtrie, les marques de la flagellation sont inscrites en lettres de sang. Sur son visage, les crachats de la foule se mêlent à sa sueur et à son sang. A ses oreilles résonnent les vociférations haineuses d’un peuple prompt à brûler ce qu’il a adoré.
C’est alors que Jésus tombe pour la deuxième fois. Humilié, abandonné de ses disciples, il tombe sous le poids de la Croix, sous le fardeau de nos péchés. Mais il trouve encore la force de se relever.
Prions pour toutes les personnes de notre entourage qui connaissent l’épreuve. Trop souvent, le malheur semble s’acharner sur les mêmes personnes. Prions pour que, soutenues par Jésus portant sa Croix et la leur, elles puissent se relever et marcher à sa rencontre.
VIII. Jésus rencontre les femmes de Jérusalem qui pleurent
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Au cours des trois ans de sa vie publique, Jésus a toujours été accompagnée par des femmes. Aujourd’hui, alors qu’il marche vers le Calvaire, ce sont encore ces filles de Sion qui le suivent en pleurant. A leurs lamentations, Jésus répond par un avertissement : des malheurs plus grands encore les attendent, de la chute de Jérusalem aux persécutions dont seront victimes les disciples du Christ ressuscité.
Prions pour les chrétiens de par le monde qui souffrent la persécution et la haine. Prions pour qu’en participant aux souffrances du Christ en Croix par leur martyr, ils contribuent à édifier l’Eglise sainte.
IX. Jésus tombe pour la troisième fois
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Lorsque Jésus donne, et se donne, c’est toujours avec excès, avec la démesure de la charité. Déjà à Cana, puis lors de la multiplication des pains, ses miracles étaient marqués par cette démesure de la charité, qui va bien au-delà de nos besoins et de nos espérances. Lorsque Jésus souffre par amour pour nous, comme c’est le cas sur le chemin du Calvaire, il souffre avec la même démesure. Il ne tombe pas une seule fois, ni deux, mais bien trois fois, pour nous signifier la totalité de son don, le débordement de sa charité.
Prions pour que nous sachions donner toute notre vie à la suite du Christ, pour que ne mesurions pas chichement notre charité, pour que nous dépassions toujours la mesure de la simple justice pour entrer dans l’ordre de la charité.
X. Jésus est dépouillé de ses vêtements
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Jésus sera bientôt nu sur la Croix. Les soldats l’ont dépouillé de ses vêtements, qu’ils se partagent en les tirant au sort. Ces soldats romains n’ont pas de haine au cœur, ils ne sont pas des hommes mauvais. Ils obéissent simplement aux ordres, à la volonté de Pilate, aux pressions de la foule.
Prions pour toutes les personnes qui, à l’instar de ces soldats, sont pris dans des structures de péché. Prions pour qu’avec la grâce du Christ, elles sachent résister activement à la force de ces structures et ne pas collaborer à l’œuvre du Mauvais.
XI. Jésus est cloué sur la Croix
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Jésus est cloué sur la Croix. Lui qui avait passé trois ans d’itinérance incessante sur les routes de Palestine, dans toutes les villes et villages, pour annoncer à chacun la Bonne Nouvelle, le voilà immobilisé sur la Croix. Et paradoxe suprême, alors qu’en allant à la rencontre des hommes il avait essuyé des refus, c’est en étant immobilisé sur la Croix qu’il finit par les attirer tous à Lui, définitivement.
Prions pour les prêtres qui se consacrent à la prédication. Prions pour qu’ils sachent attirer les hommes au pied de la Croix dans la contemplation du Christ mort et ressuscité pour nous.
XII. Jésus meurt sur la Croix
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Après avoir poussé un grand cri, le Christ meurt et son côté a été percé par la lance d’un soldat romain. De son cœur transpercé s’écoule du sang, goutte à goutte. Et pourtant, de la part de Jésus, vrai Dieu et vrai homme, n’importe quel geste aurait suffi, dans l’ordre de la justice, pour racheter l’humanité. Mais Jésus choisit, par un débordement de charité, de mourir sur la Croix. Même sur la Croix, une seule goutte de sang aurait suffi pour racheter l’humanité, mais Jésus choisit de verser jusqu’à la dernière goutte de sang. Ce n’est pas fini : après la dernière goutte de sang, c’est de l’eau qui en vient à couler, comme si cœur qui ne pouvait plus saigner voulait encore pleurer.
Prions pour que ce sacrifice ultime commandé par la charité du Christ ne soit pas vain, pour que l’humanité entière renonce à l’orgueil en acceptant d’être sauvée par Dieu.
XIII. Jésus est détaché de la Croix et son corps est remis à sa mère
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Au Calvaire, la foule haineuse est partie. Au pied de la Croix, avec le disciple que Jésus aimait, seul un petit groupe de femmes est resté pour pleurer son Sauveur. Les soldats détachent Jésus de la Croix, et le corps de Jésus vient reposer dans les bras de sa mère. Dans cet anéantissement total, où la mort semble avoir vaincu la vie, seule la fidélité aimante de quelques uns permet d’espérer.
Prions pour les défunts de nos familles, ainsi que pour les âmes du purgatoire. Prions afin que notre fidélité, manifestée par notre prière, soit le signe que la vie a vaincu la mort, et que par le Christ, ils reposent dans la paix du Royaume.
XIV. Le corps de Jésus est mis au tombeau
Nous t’adorons ô Christ, et nous te bénissons, parce que tu as racheté le monde par ta sainte Croix.
Un homme, Joseph d’Arimathie, a offert son tombeau pour accueillir la dépouille mortelle de Jésus. Les femmes ont embaumé le corps, puis on a roulé la pierre devant le tombeau. Dieu est mort, Dieu a disparu. Dans notre vie spirituelle, souvent nous avons cette impression de l’absence de Dieu. Mais ce n’est qu’une préparation. A la manière d’une mère qui joue avec son bébé, feignant de disparaître puis réapparaissant pour le plus grand bonheur du petit, Dieu ne nous abandonne jamais, il demeure caché pour que, la grâce survenant, nous exultions d’autant plus.
Prions pour que notre foi soit solide. Dans l’aridité de la vie de prière, Jésus nous prépare à sa venue glorieuse. Prions pour que nous sachions l’accueillir le moment venu, et goûter pleinement la grâce de sa présence en nos cœurs.

