Comme enseignante, Veritas est un programme!

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Marianne
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Marianne a rejoint Ste Catherine de Sienne du Havre depuis quelques années, découvrons cette organiste passionnée, engagée temporaire en novembre 2014.

 

Comment avez-vous rejoint la famille dominicaine ?

 

La question serait plutôt : pourquoi je n’ai pas supporté de m’en éloigner ! J’ai passé les vingt premières années de ma vie à côté du couvent St-Jacques et sans en être consciente alors, c’est un lieu qui m’a façonnée : J’étais assez « hors contrôle », juste envoyée à la messe parce que « ça se faisait », et séchant souvent … Sauf que j’étais fascinée par le frère qui jouait de l’harmonium, et aussi par ces assemblées très chantantes, unanimes dans leur façon de se retrouver et d’écouter : Il y avait quelque chose à entendre ! Par la suite, je suis devenue organiste, dans un lieu conduit par des frères Prémontrés, eux-mêmes formés au Saulchoir. C’est quand ils sont partis que j’ai réalisé à quel point je ne pouvais pas vivre ma Foi ailleurs que dans les traces de Dominique.

 

C’est quoi être laïc dominicain pour vous aujourd’hui ?

 

Dominique a bâti l’ordre pour répondre aux mutations de son époque, et je pense qu’aujourd’hui, particulièrement dans les fraternités ne reposant que sur elles-mêmes, nous expérimentons l’Eglise de demain : celle que le pape François appelle « hôpital de campagne sur le champ de bataille ». Nous préfigurons dans nos échanges ce qui peut nous rendre convaincants dans un monde où le vocabulaire a changé, où les détresses mais aussi les beautés sont réelles « Nommer le bien », c’est ma traduction du Benedicere de la devise dominicaine, et c’est la manière dont je transpose le « dites-leur que le royaume de Dieu est proche ». Ce n’est pas dans nos murs que ça se passe, tout au contraire : chacun doit inventer sa façon d’être samaritain… si possible bon. La fraternité est là pour nous empêcher justement d’être trop personnels, déviants, et ce faisant de « confisquer Dieu ».

 

Qu’est-ce qui fait votre actualité ?

 

Comme musicienne professionnelle, je donne une direction au travers de mon approche des œuvres, que ce soit comme interprète ou comme enseignante. La devise de l’ordre « Veritas » est un programme… qui met de côté la séduction, donc la virtuosité gratuite : j’essaie de donner du sens, d’ouvrir la toiture pour les paralytiques ! Je suis organiste, donc depuis trente ans je sers la même communauté ecclésiale, et souvent je dis que je les accompagne, dans tous les sens du terme ; ils sont tous et chacun ma famille, je suis là pour qu’ils vivent leur rencontre avec le Christ de la façon la plus naturelle, simple et heureuse. En ce moment, nous essayons de rejoindre tout au travers d’un Centre « Art-Culture-Foi »… encore des passerelles à jeter !

 

Tirée du Bulletin des Laïcs Dominicains d'Ile de France

 

(01 avril 2016)