Commencer l’an par une retraite

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Commencer l’an par une retraite Les dominicaines ont reçu des jeunes chez elles pour trois jours, dans le cadre des 800 ans de l’Ordre des frères prêcheurs.
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Commencer l’an par une retraite
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Les huit jeunes ayant participé aux trois jours de retraite proposés par les dominicaines ont pu assister à deux messes. «C’est moi qui l’ai!» Dans la salle à manger de l’hôtellerie monastique La Source, à Estavayer-le-Lac, une jeune fille arbore un grand sourire. Aux creux de sa main repose une fève, particulièrement symbolique en ce dimanche de l’Epiphanie.

Stéphanie se fait couronner et reçoit les félicitations des sept autres jeunes âgés de 18 à 24 ans attablés autour d’elle. Comme eux, la Fribourgeoise participe aux trois jours de retraite organisés par les onze soeurs dominicaines d’Estavayer-le-Lac et animés par le Frère Pierre de Marolles. Intitulé «Temps de crise: Bonne nouvelle! L’Apocalypse dévoilée», l’événement se déroulait dans le cadre des 800 ans de l’Ordre dominicain et faisait écho à d’autres retraites organisées en France. Objectif: permettre à de jeunes croyants d’approfondir leur foi.

De vendredi soir à hier après midi, les participants ont vécu au rythme du monastère et de La Source, un lieu créé par les soeurs en 1997 (lire ci-après), priant aux laudes, aux vêpres et aux complies, assistant à deux messes et lisant des extraits de la Bible avec le dominicain Frère Pierre de Marolles.

Bien interpréter la Bible

Autour de la table, on s’interroge à présent sur la fève. Elle représente un roi mage au teint de porcelaine,mais duquel s’agit-il exactement? «Je dirais Gaspard ou Melchior, car Balthazar venait d’Afrique», lance Geneviève, une jeune maman habitant Fribourg. Hochements de tête de la part des autres, avant que Frère Pierre de Marolles n’intervienne. Le religieux explique que les rois mages sont en fait peu décrits dans les écritures et que leur nombre exact reste un mystère.

«Mon but est que ces jeunes parviennent à interpréter la Bible eux-mêmes et qu’ils puissent utiliser ses enseignements dans leur vie quotidienne», explique le dominicain. «Nous avons appris que la bonne nouvelle annoncée par le livre de l’Apocalypse était en partie liée à la résurrection de Jésus», explique Eloïse, dont la tante Anne-Sophie fait partie des moniales.

Catholiques et protestants

Avec deux amies françaises, Eloïse s’est déjà rendue aux retraites pour jeunes filles organisées depuis 7 ans au monastère d’Estavayer-le-Lac. D’autres participants, à l’instar de Stéphanie, sont là par curiosité, tandis que le seul garçon du groupe, Alexandre, souhaite compléter l’enseignement de la Faculté de théologie de l’Université de Fribourg. Geneviève n’en est, pour sa part, pas à sa première expérience: «Mes parents m’emmenaient lors de leurs retraites. Par la suite, j’en ai effectué plusieurs en France avec mon mari», révèle-t-elle en aidant à rassembler la vaisselle.

Ecuménique, l’événement a rassemblé des catholiques et des protestants. L’occasion pour eux de découvrir différentes pratiques et de dialoguer avec d’autres jeunes croyants: «Beaucoup de gens ont des clichés négatifs à propos de la religion. Il faut souvent leur expliquer la Foi. Mais durant ces trois jours, il était agréable de pouvoir discuter sans avoir à se justifier», explique Geneviève.

Quant aux soeurs, elles ont surtout côtoyé les sept jeunes hier après midi, lors de la visite du monastère. Âgées en moyenne de 66 ans, elles ont pu partager leur expérience de vie. Les participants envisagent-ils d’entrer un jour dans un monastère? Si cela ne semble pas être le cas, ils ont apprécié le fait de pouvoir se ressourcer et de renforcer leur foi.

TEXTES: LISE-MARIE PILLER. PHOTOS: VINCENT MURITH.

 

(18 janvier 2016)