CONCLUSIONS DU SÉMINAIRE DE LA COMMISSION LÉONINE

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Paris, 25-28 juin 2018
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Séminaire de la Commission léonine : La philologie au service de la pensée

Paris, 25-28 juin 2018

 

Les membres de la Commission léonine, dans le cadre d’un séminaire quadriennal, ont partagé les fruits de leurs recherches pour l’édition des écrits de saint Thomas d’Aquin avec des membres de l’Ordre dominicain, frères et sœurs, engagés dans les études et la recherche. À partir des travaux en cours, mais aussi des éditions déjà publiées, le séminaire a offert la possibilité de se familiariser avec l’histoire de la composition et de la transmission des ouvrages de saint Thomas ; avec la méthode de leur édition ; avec leur contextualisation, non seulement par rapport aux auteurs médiévaux, mais aussi par rapport aux sources de saint Thomas.

En neuf séances de travail et trois ateliers, reproposés chaque jour, des membres de la Commission léonine ont exposé les principes et l’application des sciences impliquées dans l’édition (la codicologie, la paléographie, l’ecdotique et la critique textuelle, l’étude des sources). L’examen des manuscrits de l’ancien couvent Saint-Jacques, conservés à la Bibliothèque Mazarine, et une visite du Paris médiéval ont complété les séances de travail.

Quatorze frères dominicains, une sœur, un laïc et un prêtre, venants de différents continents, ont pris part au séminaire : ils ont manifesté leur satisfaction et ont demandé que la Commission léonine propose plus souvent de telles sessions de formation, en philologie et en paléographie latines, même dans des centres d’étude dominicains, à l’extérieur de l’Europe.

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Le séminaire d’initiation à la philologie latine médiévale à partir de l’édition des œuvres de saint Thomas d’Aquin, proposé par la Commission léonine en juin dernier et destiné aux frères, aux sœurs et aux laïcs dominicains, a regroupé dix-sept participants et neuf intervenants (voir, ci-dessous, la liste des participants et le programme).

Lors des conclusions communes, où chacun est intervenu, il est apparu que le format du séminaire convenait bien aux participants et qu’il permettait de bien atteindre le but fixé. Les temps de prière et de partage au couvent ont permis de bien intégrer cette session d’étude dans la vie religieuse de chacun.

A été apprécié le fait que l’on présente à la fois les travaux en cours d’édition, où l’on voit l’avancée des différentes étapes des chantiers en cours, aussi bien que des éditions publiées. La précision qu’exige l’exposition du travail paléographique, philologique et des sources a été bien compensée par le souci pédagogique de chaque intervenant.

Il a été souligné combien le travail de la Commission léonine, ainsi découvert, contribue pleinement à la mission apostolique de l’Ordre et de l’Église. D’une part, il profite aux études dans les centres d’enseignement dominicains et ecclésiastiques, et de l’autre, par l’approfondissement scientifique de la doctrine de saint Thomas qui résulte de sa mise en contexte et de la saisie de sa vérité textuelle, il contribue à nouer des collaborations importantes avec des centres d’étude laïcs et séculiers.

Ont été particulièrement appréciés les ateliers. La paléographie, par son contact direct avec les documents. La critique textuelle, qui permet de les évaluer et de remonter ainsi le plus près possible de l’original. L’étude des sources qui favorise la compréhension du texte de saint Thomas et en élargit l’apport doctrinal.

Les participants ont demandé avec insistance que la Commission léonine propose à nouveau, et sans laisser passer trop de temps, ce type de séminaire, éventuellement dans d’autres centres d’étude de l’Ordre. En outre, il a été demandé d’organiser des cours de formation en paléographie et philologie, et cela non seulement à Paris, mais aussi dans des centres d’étude dominicains situés dans d’autres continents.

Plusieurs ont rappelé, lors des conclusions, la visite de la Bibliothèque Mazarine et du Paris médiéval. Cette bibliothèque contient un grand nombre de manuscrits et d’ouvrages provenant de l’ancienne bibliothèque du couvent Saint-Jacques confisquée à la Révolution et la visite a été un important moment de formation qui s’intégrait au travail du séminaire.

La bibliothécaire qui nous accueillait, Mme Florine Lévecque-Stankiewicz, nous a proposé un choix varié de manuscrits à observer directement, après nous les avoir présentés. Ce choix comprenait un exemplaire annoté des Sentences de Pierre Lombard, le grand manuel de théologie qui a marqué tout le Moyen-Âge et la Renaissance, des bibles de divers formats, le correctoire de la Bible et les concordances, produits au couvent Saint-Jacques vers 1230, des exemplaires des œuvres de saint Thomas, des recueils de sermons, des distinctions de la Bible (recueil biblique à l’usage des prédicateurs), une encyclopédie médiévale, ainsi qu’un ancien catalogue de la bibliothèque du couvent. Ces manuscrits ont été laissés à notre disposition pendant deux heures.

La visite du Paris médiéval, sous la conduite experte du fr. Jean-Christophe de Nadaï, a été non seulement une importante découverte culturelle, mais aussi un bon moment de convivialité pour tous les participants au séminaire. Nous avons pu stationner sur les lieux occupés autrefois par la salle de cours où saint Thomas a enseigné ; visiter Notre-Dame, que Thomas a connue, ainsi que d’autres vestiges du Moyen Âge, comme le collège des Bernardins.

Les membres de la Commission léonine, en intervenant dans les conclusions, ont d’abord honoré la mémoire de leurs prédécesseurs. La préparation de ce séminaire leur a permis d’apprécier à nouveau la haute qualité du travail de ceux qui les ont précédés, qui constitue un modèle non seulement pour eux, mais pour toute institution et tout chercheur qui se consacre à l’édition de textes latins du Moyen Âge.

Pour les membres de la Léonine, l’expérience du séminaire a été aussi une importante occasion de partage entre eux, tant dans la préparation que dans la réalisation du séminaire.

Les membres de la Léonine ont exprimé leur joie et leur gratitude aux participants au séminaire, pour leurs qualités intellectuelles et fraternelles, en particulier pour la qualité et le nombre de questions qui ont permis le succès de cette recherche menée vraiment en commun.

En particulier, les membres de la Léonine ainsi que les participants ont manifesté au Socius du Maître de l’Ordre pour la vie intellectuelle, le fr. Pablo Sicouly, qui a pris part à l’intégralité des séances du séminaire, leur plus vive gratitude.

Le fr. Adriano Oliva, président de la Commission léonine, se demande, en conclusion, pourquoi un dominicain peut s’engager dans l’édition Léonine. Il rappelle d’abord le but apostolique que réalise cette édition : approfondir et diffuser les enseignements de saint Thomas. Il observe ensuite que l’amour de charité, origine de notre vocation religieuse, s’exerce non seulement dans l’étude, « contemplatio », de la doctrine de saint Thomas, mais également dans le travail austère de l’édition critique et lui assure un élan apostolique, intrinsèque à l’acte même de la recherche intellectuelle, critique et historique. L’intimité de l’amour de Dieu Trinité et l’exercice de la recherche nourrissent la vie religieuse de l’intérieur et réalisent la mission apostolique de la vocation dominicaine.

Le fr. Pablo Sicouly, en concluant les travaux, a posé la question « quand finira la Commission léonine ? » En y répondant, il a souligné trois dimensions qui qualifient le travail de la Commission, au-delà de la production de nouveaux volumes : la mise en perspective historique des enseignements de saint Thomas ; l’attention au texte qui fait presque entendre parler saint Thomas ; le dialogue avec les cultures.

Le fr. Pablo a mis en valeur l’importance d’un travail continu de la Commission, non seulement pour son but immédiat d’éditer les œuvres de saint Thomas, mais pour le témoignage d’une vie religieuse consacrée à l’étude, dans la tradition de l’Ordre, qui porte le souci du dialogue avec le monde contemporain, comme saint Thomas en a été un exemple, en son temps.

À la base de toute édition critique il y a une profonde appropriation du sens du texte de saint Thomas, à situer dans l’ensemble de sa doctrine. Ainsi, la mission de la Commission dépasse l’édition critique et assure une étude historico-critique des doctrines de saint Thomas, dont l’Ordre et l’Église auront toujours à bénéficier.

Le fr. Pablo a vivement loué la réponse de jeunes religieux dominicains qui ont décidé de participer à ce séminaire et il a insisté lui-aussi sur la nécessité que la Commission léonine propose ce genre d’initiatives dans d’autres centres d’étude dominicains, à l’extérieur de l’Europe.

 

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