Congrés sur la Mission. Un rapport de Duncan MacLaren

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Congrés sur la Mission
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On m’a demandé de participer au Congrés sur la mission et de contribuer en réfléchissant sur ce que j’avais entendu comme un laïc dominicain pendant le dernier jour du Congrès. Voici ce que j’ai dit:

“Mon ami et mentor, Timothy Radcliffe, a écrit une fois:”Être dominicain signifie trouver qu’on appartient à nous. On est à la maison”. Partout où j’ai voyagé dans le monde et rencontré des Dominicains, que ce soit des laïcs, des réligieuses, des réligieux, des sœurs ou des frères, je me suis senti chez-moi et c’est la même chose ici dans l’Angelicum. Ce sentiment d’appartenance se compose de plusieurs éléments.

L’un, la chaleur de l’accueil. Quand on m’a présenté pour la première fois, Sr Anne de Trinidad m’a donné un embrassement et un baiser. Cette chaleur je l’ai retrouvée en rencontrant de nombreux amis, vieux et nouveaux. Dans cette rencontre humaine nous reconnaissons, dans le cadre de la Famille de Saint Dominique, non seulement un sentiment d’amitié, mais la connaissance que nous sommes tous engagés dans une mission de prêcher la Bonne Nouvelle, que ce soit par le mot, par les gestes, ou par la manière dont nous nous traitons les uns les autres. J’ai entendu dire que ca on le doit répéter aux autres dans le cadre de la prédication.

Un deuxième élément est le rire. Mon expérience est que les rassemblements dominicains ne restent pas solennels pour longtemps. Ce rire exprime notre joie d’être ensemble et d’être vivants, mais c’est aussi pour nous un signe de la présence de Dieu dans le monde. Le pape François a repris ce thème lorsque, en parlant à Rome à des séminaristes et des novices, il leur a dit que s’ils étaient tristes dans leur vocation, alors…salut, au revoir : vous n’avez pas de place en tant que serviteurs de l’Église, car «il n’y a pas de tristesse dans la sainteté». Nous avons tous été touchés par le travail de Sr. Luma et ses collègues en Irak qui ont fait rire là-bas des enfants qui n’ont connu dans leur jeune vie que guerre, peur et tristesse. Et nous également, on se doit souvenir de ca dans nos missions moins difficiles.

Troisièmement, si je suis honnête et me demande «ce que j’ai entendu des laïcs dominicains à ce congrès», je dirais que j’ai entendu qu’il ya beaucoup de choses sur quoi les laïcs doivent agir, mais je n’ai pas beaucoup entendu d’ eux-memes.  Avec les jeunes du Mouvement de la Jeunesse Dominicaine et les laïcs contemplatifs dans les Instituts Séculiers, ils ont été absents des panels et des contributions; les histoires qu’ils pourraient raconter, les prédications par la rue qu’ils entreprennent et les contributions qu’ils apportent comme membres de la famille dominicaine! Nous devons peut-être rappeler les paroles du frère Damien Byrne, le maître qui a précédé les frères Timothée, Carlos et Bruno qui a écrit en 1990 dans sa lettre «Ensemble en Mission» que «Nous ne nous voyons plus comme premier, deuxième ou troisième ordre. Nous sommes des Dominicains “. Comme nous soulignons que c’est là le plan de mission après le Congrès.

Quatrièmement, en termes de thèmes, j’ai entendu un message très fort sur ces conversations sacrées autour du dialogue interreligieux, en particulier avec les musulmans, tout en reconnaissant comment cela peut être difficile dans le contexte de groupes meurtriers tels que Boko Haram et Da’esh. Cependant, nous, les Européens surtout, devons nous rappeler la manière dont nous avons traité les musulmans – comme des infidèles – et les avons tués sans retenue pendant les Croisades; nous devons «faire vérité» au sujet de la décolonisation par les Anglais, les Portugais, les Français et les Espagnols. Cela a souvent conduit à la pauvreté déshumanisante, à la dépendance des anciennes puissances coloniales à leur profit, à la création, par les colonisateurs, d’états de groupes ethniques, de religions et de cultures différents, qui ont abouti à des guerres terribles et à la crucifixion continuée du peuple palestinien; nous devons rafraîchir notre mémoire à propos de la récente guerre illégale en Irak, du débâcle en Libye, de la trahison sur la Syrie,  qui a coûté des millions de vies et a conduit à la ruine de ces pays.

La réponse aux questions d’hier de deux jeunes Dominicains, un frère et un laïque, sur la manière dont ils pouvaient aider  dans le contexte de telles souffrances, ce n’est pas tant de faire du bien, à mon avis, que de dire la vérité aux gens au pouvoir – à l’ONU et aux organismes de la société civile – et étant des défenseurs de la vérité sur les migrants, sur la guerre et sur les discriminations.  Notre présence dominicaine sur le terrain, où est la souffrance, nous donne la crédibilité en tant que défenseurs du changement. En termes de «vérité», le Dictionnaire Oxford a inclus l’expression «post-vérité» après les campagnes de Brexit et de Trump. Si Aquin avait été là, il aurait eu une attaque: il n’y a pas de «post-vérité». Ce qui ressort le plus clairement des campagnes politiques que j’ai mentionnées, c’est le mensonge – c’est-à-dire l’opposé de la vérité. J’ai entendu à ce Congrès le désir d’être plus actifs dans la prédication sur les questions de justice et de paix et d’utiliser le langage de la vérité, et non la tromperie ».

En repensant enfin à la richesse du Congrès, où la liturgie, la discussion sur des thèmes pertinents et l’ art – chant, théâtre et danse – se sont entrelacées,  ce qu’il reste fortement – à mon avis – est que la voix laïque dans l’Ordre doit être renforcée, afin que la Mission dont on a discuté soit conduite dans les lieux de travail, dans les cafés, dans la politique e dans les rues, en général. Ce site Internet aidera beaucoup.

Si vous souhaitez répondre, contactez-moi, s’il vous plaît. Duncan MacLaren, à dmdonncha085@gmail.com

 

(4 février 2017)