Contribution des Dominicain(e)s à l’EPU sur le Brésil

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Contribution des Dominicain(e)s à l’EPU sur le Brésil
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En mai 2017, Dominicans for Justice and Peace a contribué à la révision du Brésil au processus de l’Examen Périodique Universel (EPU) de l’ONU. Ce mécanisme onusien, lancé par le Conseil des Droits de l’Homme il y a huit ans, permet d’évaluer la situation des droits de l'homme dans chaque Etat membre de l’ONU tous les 4 ans et demi. Ce processus de révision est une possibilité unique pour les Dominicain(e)s à l’échelle locale de partager leur vision de la situation des droits de l’homme dans leur pays et de soulever leurs inquiétudes sur une plateforme internationale. Avant chaque examen, le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) soumet un rapport compilant les informations provenant des soumissions des ONGs, telle que la nôtre. Ces informations peuvent ensuite servir aux Etats qui formulent leurs recommandations à l’Etat en examen.

En s'appuyant sur l'expérience et l'expertise du frère Xavier Plassat, Dominicans for Justice and Peace a pu soumettre un rapport sur la thématique du travail servile au Brésil. Seules 6 des 50 soumissions de la société civile ont fait référence à la question du travail servile et, de ces 6, 4 seulement ont été utilisées dans le rapport du HCDH (incluant la nôtre). Le Haut Commissariat s’est directement référé aux informations du rapport des Dominicains en ce qui a trait à la diminution du nombre d'inspecteurs du travail, la suspension de la ‘Liste sale’[1] en 2014, l’institution d’une nouvelle liste sale en mai 2016 et le désir d’exclusion des termes ‘journée épuisante’ et ‘conditions dégradantes’ de la définition du travail servile.

Parmi les 246 recommandations faites par les Etats au Brésil pour améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays, 9 concernent la question du travail servile. La plupart de celles-ci sont des recommandations générales appelant le Brésil à poursuivre les efforts entrepris pour lutter contre le travail servile. La recommandation des Etats-Unis reste sans doute celle qui s’apparente le plus à la recommandation des Dominicains de renforcer les capacités du personnel gouvernemental car elle appelle le Brésil à ‘fournir les ressources et la formation nécessaires aux fonctionnaires du gouvernement pour lutter contre le trafic de personnes’, pratique directement liée au travail servile.   

En somme, l’impact de la contribution des Dominicains dans le processus de l’EPU a probablement été plus important du côté de l’ONU que des Etats. Un travail plus poussé de lobby auprès des délégations sera utile lors de prochaines révisions. Néanmoins, la soumission des Dominicains, entièrement dédiée au travail servile, aura capté l’attention de l’ONU et des Etats sur l’importance de cette problématique, qui doit continuer à faire l’objet d’une attention particulière de la part de tous les acteurs. 

 


 

[1] La Liste sale divulguait des informations sur les personnes et entreprises impliquées dans la pratique du travail servile.

 

(13 juillet 2017)