Des partitions inédites du compositeur Gounod aux Dominicains

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À l'âge de 10 ans, en 1952, le compositeur Gounod entre à l'école Saint-Elme tenue par des dominicains dont il devient un des plus brillants éléments. Dans des archives de l'Ecole se trouvaient les manuscrits de deux œuvres de Gounod : la « Messe n° 1 pour orgue et voix » et le « Cantique à Saint-Dominique », des œuvres probablement écrites à Arcachon vers 1843 ou 1844 et récemment donnés par son légataire aux Archives de l'Ordre. Le compositeur était laïc dominicain.

Deux œuvres de Charles Gounod, restées inédites pendant près de cent soixante-dix ans, ont été jouées samedi au Moulleau.

Dans le cadre des Journées du patrimoine, l'Ensemble vocal Loré a donné samedi, en l'église du Moulleau, un concert exceptionnel partagé par les 300 personnes que peut contenir l'église. À plusieurs reprises, les spectateurs ont applaudi debout la trentaine de choristes dont seulement quatre professionnels : la superbe soprane Sabine Revault d'Allones, les pianistes Suzana et Bruno Gousset - pour des morceaux à quatre mains -, et, bien sûr, Carlo Loré, le chef de chœur.

Le thème du concert était « Concordances et destins croisés entre Charles Gounod et Friedrich Nietzche ». On s'étonne en effet de découvrir Nietzche compositeur, et de musique, sacrée de surcroît.
Écrites à Arcachon vers 1843

Plus surprenante est l'histoire des partitions des œuvres de Gounod qui ont été jouées pour la deuxième fois seulement depuis leur écriture ; les partitions restées inédites n'ont été révélées que récemment par Jean-Claude d'Ozouville, un « Arcachonnais d'adoption », qui réside une partie de l'année dans la Ville d'Hiver.

À l'âge de 10 ans, en 1952, il entre à l'école Saint-Elme - alors tenue par des dominicains - dont il devient un des plus brillants éléments. Il sera porte-drapeau de l'école, ce qui, à l'époque, est considéré comme la plus grande marque d'honneur.

Le 22 juin 1958 - il n'a que 16 ans -, sans doute pour son excellence, la partition du cantique porte la mention « À l'un de mes meilleurs élèves ». Le Père Malbranque, responsable de la communauté des dominicains, en accord avec l'ensemble de ses collègues, lui remet les archives musicales de l'école : « Je préfère que ce soit toi qui les aies, lui dit-il textuellement, plutôt qu'elles soient vendues pour refaire le toit. »

Dans ces archives se trouvaient les manuscrits de deux œuvres de Gounod : la « Messe n° 1 pour orgue et voix » et le « Cantique à Saint-Dominique », des œuvres probablement écrites à Arcachon vers 1843 ou 1844. Le compositeur les avait données au père Gay, un dominicain avec qui il était intime, qui les a léguées en 1884 au père Couturier, alors responsable de Saint-Elme.
Une dédicace

Pourquoi Gounod a-t-il fait ce don authentifié par une dédicace et sa signature sur les partitions ? L'intimité avec l'ordre prêcheur vient de ce qu'il était lui-même membre du tiers ordre de Saint-Dominique (aujourd'hui on dirait un diacre).

Pendant tout ce temps, ces œuvres n'ont pas été jouées puisque seul Jean-Claude d'Ozouville en détenait les manuscrits. Ce n'est que très récemment qu'il a décidé de les révéler pour en faire don aux archives de l'ordre des dominicains, à Rome. « L'œuvre avait été donnée par Gounod aux dominicains, j'en ai été le légataire, je ressens le besoin de les transmettre à l'ordre. »

Ces œuvres ont été jouées une première fois le 22 juin de cette année - date anniversaire de la réception - dans une église dominicaine à Paris, puis à Arcachon, samedi.