Deux Dominicains Espagnols bientôt béatifiés

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Spanish Saints
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Parmi les fidèles serviteurs du Christ, qui ont professé des conseils évangéliques dans l’Ordre Dominicain, qui ont été persécutés et ont donné leur vie plutôt que de renier le Christ, il y a deux prêtres espagnols : Raimundo Joaquìn Gonzàlez Castano,OP et José Marìa Gonzàlez Solìs,OP. Lors des persécutions religieuses en Espagne dans les années 1936-1939, ils ont subi la torture, la persécution, l’humiliation et même la mort au nom de leur foi. Ils la défendirent et la proclamèrent ouvertement devant leurs persécuteurs. Ils transformèrent leur lieu d’emprisonnement en un lieu d’apostolat, exercé sans relâche et avec sérénité aux autres détenus. Unis dans la même vocation chrétienne en tant que religieux et prêtres, ils se réconfortèrent mutuellement jusqu’à ce qu’ils reçoivent la couronne du martyre.

RAIMUNDO JOAQUÍN GONZÁLEZ CASTAÑO

Il est né le 20 août 1865 dans la région d’Onon, dans la ville de Mieres, Asturias (Espagne) et il fut baptisé le même jour, tout de suite après sa naissance. Dès l’enfance, il donna la preuve de ses talents et de sa dévotion. Son éducation commença à l’école de la ville de Oviedo. Il entra au séminaire diocésain et compléta ses études de Lettres. Il demanda plus tard d’entrer au noviciat Dominicain à Corias, toujours dans la région d’Asturias. Après son noviciat, il fit sa profession religieuse le 5 novembre 1881. Il étudia la philosophie et la théologie et fut ordonné prêtre environ en 1889. Les documents concernant son ordination furent perdus lors des persécutions, et nous ne connaissons donc pas sa date exacte.  

Pour continuer ses études, il fut envoyé à l’école de San Jose Vergara (Guipùzcoa) où il fut formé pour l’éducation des jeunes. Il fut ensuite assigné à Palencia pour la prédication, une mission qui lui tenait vraiment à cœur. Il rejoignit la Province d’Andalousie en 1897 quand elle fut restaurée, et il fut envoyé à la communauté  d’Almagro (Ciudad Real). En 1900, il était déjà Lecteur et cela lui permit d’enseigner dans les centres d’étude de l’Ordre. En 1902, il fut assigné au Couvent de Cuevas de Almeria. Au nom du Provincial, il reçut la charge de l’église de San Agustin de Còrdoba en 1903 et en 1905 il alla à Almeria. En 1907, il fut nommé prieur du couvent de Jerez de la Frontera et, au cours de la même année, Vice Régent des Etudes à Almagro où il commença à enseigner la théologie – Ecritures et Histoire de l’Eglise – en particulier.

Lors de la restauration de la Province du Portugal, il fut envoyé à Viana do Castello en 1910 avec deux autres frères. Puis il rentra dans sa Province espagnole, et au sanctuaire de Notre Dame de Caldas de Besaya (Santander). A partir de 1915, il fit partie de la communauté de San Pablo Valladolid et il y resta jusqu’à son élection comme prieur de la communauté de San Pablo de Palencia en 1922. La même année, le titre de Prêcheur Général lui fut accordé. En 1927, il vivait au couvent de Notre Dame d’Atocha à Madrid et l’année suivante, il devint le vicaire du monastère de Ste. Catherine, Calle Meson de Paredes à Madrid. En 1930, il était au couvent de St Dominique d’Oviedo et fut nommé vicaire des moniales Dominicaines à Quejana (Alava) où il rencontra le fr.  Jose Maria Gonzalez Solis. Il y vécut jusqu’à son arrestation.  

Son ministère, souvent consacré aux prêtres, se fondait sur la prière, l’étude, une vie régulière et de pénitence. Il était un directeur spirituel dévoué et beaucoup le consultaient pour lui demander un soutien spirituel. Il était très gentil avec les gens, optimiste, affectueux, très dévoué à l’Eucharistie, au Sacré Cœur de Jésus et au Rosaire de la Bienheureuse Vierge Marie. Il publia un livret  sur l’oratoire sacré, les sermons et la biographie de St. Dominique. Il traduisit et publia aussi à Madrid les œuvres complètes du Dominicain Français, Henri Dominique Lacordaire. C’était un travailleur infatigable  qui priait plus qu’il ne parlait.

JOSé MArìA GONZàLEZ SOLìS

Il est né le 15 janvier 1877 à Santibanez de Murias (Aller - Asturias) et baptisé le même jour à l’église de la paroisse de Santa Maria. Il entra au noviciat Dominicain de Corias (Asturias) le 2 janvier 1893 et fit sa profession religieuse le 3 janvier de l’année suivante. Il fut ordonné prêtre à l’église de San Esteban de Salamanca le 10 mars 1900.

Après son ordination, il fut assigné au collège de San José de Vergara (Guipúzcoa) où il enseigna les mathématiques pendant dix ans. En 1911 vivait au sanctuaire de Montesclaros (Santander) et en 1912 il fut aumônier des moniales Dominicaines de San Sebastian. A partir de 1913 il retourna enseigner au Collège Dominicain de Ségovie jusqu’en 1920 et il fut élu prieur de Census (La Coruna). En 1923 il fut assigné au couvent de San Pablo de Valladolid où il était également professeur.

En Avril 1925 il fut élu prieur de San Esteban de Salamanca. Au Chapitre Provincial  de 1926, il fut nommé trésorier de la province et résida à Madrid.  Il resta dans ce bureau jusqu’à la fin de ses jours. Il était au couvent des moniales de Santa Catalina, rue Meson de Paredes et le plus souvent au couvent de Santo Domingo, Claudio Coello dont il était le supérieur. Enfin, il vécut à Notre Dame d’Atocha à Madrid, où il fut assigné jusqu’à sa mort. Il vécut sa vie consacrée avec une grande intensité, il était calme et ordonné dans sa vie de travail et de prière, il préparait et célébrait la sainte Eucharistie avec une grande dévotion.

Le 1er juillet 1936, il vint au couvent des moniales Dominicaines de Quejana, où fr Raimundo Castano exerçait son ministère, pour l’assister lors d’une maladie et prêcher  pour une retraite de moniales. Ils vécurent ensemble dans la communauté jusqu’au 25 août, date de leur arrestation et emprisonnement à Bilbao. Ils furent ensuite amenés sur un bateau servant de prison, le “Cape Karat” ancré dans la baie de Bilbao, entre Baracaldo et Erandio. C’est là qu’ils furent torturés, humiliés et tournés en dérision. La nuit du 2 octobre, ils furent amenés sur le pont du bateau et fusillés. Ils furent enterrés au cimetière municipal de Santruce et, le 18 novembre 1938, ils furent transférés au Sanctuaire de Vista Alegre à Derio où ils reposent jusqu’à leur résurrection.

Dès leur mort, ces deux serviteurs de Dieu ont été considérés comme des martyrs de la foi. Leur renommée n’a cessé de croître, et elle a été confirmée au fil des ans, par la documentation reçue à leur sujet. Certaines de ces informations ont été transmises par des gens qui ont partagé la prison avec eux. Cela a conduit l’Evêque de Bilbao, en 1960 à commencer une enquête sur leur vie, pour une éventuelle béatification ou déclaration de martyre. L’enquête s’est conclue en 1961. Le 10 Octobre 1997, la Congrégation pour les causes des Saints a reconnu la validité légale de ce processus. Elle a publié la Positio qui a été discutée à différents niveaux comme de coutume. Le 10 mai 2012, au cours d’une audience accordée au Cardinal Angelo Amato (le Préfet de la Congrégation pour les causes des Saints), le Saint Père, le Pape Benoît XVI a donc autorisé la Congrégation à promulguer le décret du martyre  des deux serviteurs de Dieu, qui les rend Bienheureux. Par conséquent, nous sommes dans l’attente de leur date de béatification.

Fr. Vito Tomàs Gòmez Garcìa, OP (Postulateur Général de l’Ordre)