Dominicans for Justice and Peace et Franciscans International préoccupés par la situation des droits de l’homme au Burundi

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Conseil des droits de l’homme, Genève – 22 mars 2016
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Dominicans for Justice and Peace et Franciscans International préoccupés par la situation des droits de l’homme au Burundi
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A l’occasion de la session sur la situation des droits de l’homme au Burundi, Dominicans for Justice and Peace, conjointement avec Franciscans International, ont fait part de leur préoccupation concernant les graves actes de violence commis par des éléments proches du gouvernement et des éléments de l’opposition depuis le début de la crise en avril 2015.

Mr. Ivan Simonovic (Assistant du Secretaire General aux droits de l’homme), Mr. Christof Heyns (Rapporteur spécial sur les exécutions sommaires ou arbitraires) et Mr. Pierre Claver Mbonimpa (President de l’Association pour la protection des droits humains des personnes détenues – APRODH) ont également déploré la situation actuelle du Burundi, mentionnant des statistiques alarmantes, notamment en matière d’exécutions sommaires et arbitraires et de disparitions forcées.

Le ministre des droits de la personne humaine, des affaires sociales et du genre, Mr Martin Nivyabandi, était présent lors de la session. Nivyabandi a annoncé que malgré certains défis encore présents, la situation se normaliserait au pays.  Les réfugiés seraient sur le chemin du retour et le gouvernement aurait initié une « campagne  d’apaisement » à l’égard des membres de l’opposition, selon le ministre.

Les différentes délégations présentes au Conseil ont de leur côté fait part de leur inquiétude sur la situation qui ne s’améliore pas. Du côté des ONGs, Dominicans for Justice and Peace et Franciscans International ont, dans leur déclaration conjointe, appelé le gouvernement à encourager un « dialogue entre tous les acteurs, y compris ceux qui sont à l’extérieur du pays, qu’ils soient membres des groupes d’opposition ou qu’ils fassent partie de la société civile». Une paix durable doit passer impérativement par un dialogue « constructif et véritablement inclusif » ont-ils rappelé

CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME – 31e session

Genève – 22 mars 2016

Item 10 – Dialogue interactif – Burundi

Déclaration orale soumise par Dominicans for Justice (Order of Preachers) and Peace et Franciscans International

Mr. le Président,

Dominicans for Justice and Peace et Franciscans International sont préoccupés par la situation au Burundi. Depuis le début de la crise en avril 2015, de graves actes de violence sont commis par des éléments proches du gouvernement et des éléments de l’opposition. Beaucoup de Burundais ont trouvé refuge dans les pays voisins et ailleurs. Des milliers de personnes ont été arrêtées et emprisonnées, souvent de façon arbitraire et sans garantie de procédure légale. Des cas de disparitions s’observent toujours. Quelques médias privés ont été détruits et de nombreux journalistes sont en exil. Les libertés publiques sont gravement limitées.

La crise au Burundi est le reflet d’une société qui porte les blessures et les traumatismes du passé. Cette situation s’observe notamment à travers des discours conduisant à la haine ethnique.

Nous restons aussi préoccupés par les propos agressifs à l’endroit de l’Eglise Catholique au Burundi qui, de toute façon, se doit de remplir sa mission sociale.

S’il faut reconnaître certaines initiatives déjà prises par le gouvernement pour atténuer les tensions,  il subsiste toujours un manque de confiance profond entre le gouvernement, les groupes d’opposition, une partie de la société civile et de la population

Dans ce contexte, il est nécessaire d’assurer un renforcement de la sécurité, en consolidant le mécanisme des observateurs internationaux des droits de l’homme. Il est aussi primordial que les médias privés trouvent un espace suffisant de liberté. Egalement, la société civile doit jouer pleinement son rôle et l’espace accordé à celle-ci doit être équitable pour tous ceux qui en font partie.

Il est nécessaire aujourd’hui d’engager un dialogue constructif et véritablement inclusif. La seule voix qui conduit à une paix durable doit passer par un dialogue entre tous les acteurs, y compris ceux qui sont à l’extérieur du pays, qu’ils soient membres des groupes d’opposition ou qu’ils fassent partie de la société civile.

Merci Mr. le Président.

 

(23 mars 2016)