Journée de la vie intellectuelle dans le Vicariat Provincial d’Afrique équatoriale (VAE)

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Journée de la vie intellectuelle dans le Vicariat Provincial d’Afrique équatoriale(VAE)
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«Le sacré et la violence». C’est le thème de la journée de la vie intellectuelle qui a eu lieu le vendredi 9 septembre2016 à Yaoundé, Cameroun, pendant les Journées vicariales du Vicariat provincial d’Afrique équatoriale. Les travaux de ces assises scientifiques ouvertes au public étaient animés par le frère Justin Ndema, responsable vicarial des études. Quatre intervenants ont abordé le thème à savoir : les frères Eloi Messi Metogo, op, Jean-François Bour, op, Bernard Ntamack, op et l’Imam Abou Moussa officiant à la mosquée de la briqueterie de Yaoundé.

Le frère Bernard Ntamack qui est intervenu en premier a développé l’aspect biblique de la question en montrant comment dès les origines de la Bible, la violence est perceptible dans les différends qui opposent dans l'Ancien Testament déjà, Dieu à ceux qui défient sa loi. La religion, a-t-il dit, exprime souvent quelque chose de violent. Les notions de sacrifice, de bouc émissaire expriment bien cette réalité. Face à la réalité de la violence qui passe pour être endémique au monde, le Christ s’offre comme une voie de solution à travers la non-violence, le pardon et l’accueil des pécheurs.

Le frère Eloi MessiMetogo, dans une vision théologique systématique est parti de la question suivante: Le sacré a-t-ilpartie liée avec la violence? Pour lui, le sacré n’est pas forcément violent, il permet au contraire de vaincre la violence dans la nature. Partant du lien qu’établit René Girard entre la violence et lesacré, le frère Eloi Messi, a amené l’auditoire à comprendre que c’est le Christ qui  nous sort du cercle de la violence. Dès lors, il nous faut, à la suite du Christ, vivre et  affirmer le lien entre le sacrifice et le service, Jésus lui-même s’est sacrifié en donnant sa vie.

L’Imam Abou Moussa s’est appuyé sur l’étymologie de l’Islam pour montrer comment la religion islamique prône la paix. A travers l’exemple du prophète Mohamed reconnu doux et humble envers son entourage, l’Imam a présenté l’Islam comme une religion de pardon. A ce titre, être doux, dominer sa colère est une condition de l’entrée au paradis car Dieu aime ceux qui sont patients, même envers ceux qui tournent le dos à Allah, l’essentiel étant pour le musulman de passer le message. L’imam a édifié l’auditoire face  à l’image que se fait le monde de l’Islam à partir des pratiques hétérodoxes de certains musulmans.

Enfin, le frère Jean FrançoisBoura présenté une vision de la théologie pratique, les enjeux pastoraux liés au pluralisme des traditions religieuses. Il a montré l’exigence du dialogue comme une prise de position contre la violence. Il y a violence quand il y a absence de la parole. Son propos s’est développé sur deux axes à savoir: pourquoi les religions sont accusées de favoriser la violence? Dans le second axe il a montré que les religions font partie non du problème mais  de la solution, citant le cardinal Jean-Louis Tauran.

L’après-midi de cette journée d’étude a été consacré aux échanges avec les frères doctorants et ceux ayant soutenu leurs masters l’année passée. Chacun a exposé lethème de sa recherche et les différents résultats obtenus jusque-là.

Signalons que par rapport aux Journées vicariales, le mercredi 7 septembre était consacrée à la réunion du conseil élargi aux prieurs et supérieurs des maisons. Le jeudi 8 septembre dans la matinée, les frères ont tenu une séance plénière où ils ont débattu des sujets préoccupants et parfois brûlants dans le vicariat, mais chaque fois une issue pacifique a été frayée. Dans l’après-midi, les frères ont eu une séance de travail avec le frère Steve Ogbe, op, en charge des vocations et de la collecte des fonds dans de la province Joseph le Travailleurs du Nigéria et du Ghana. Le frère Stevea édifié l’assemblée sur les défis à relever pour éluder le piège de la dépendance chronique. Il y a plus que nécessité à travailler avec les frères autour d’une approche commune; au-delà des critiques ou d’autres formes de résistances, que les frères s’assurent de préparer pour les autres générations un avenir certain. Le choix d’une équipe opérationnelle et la mise en commun des biens ont été cités comme clés qui conduisent au succès.

Les journées vicariales du VAE qui interviennent en mi-mandat du vicaire provincial, se sont déroulées du 06 au 10 septembre 2016 au couvent saint Dominique de Yaoundé. Ellesont connu la participation de trente frères originaires du vicariat, venus de Bangui, de Brazzaville, de Douala, d’Abidjan, de Rome, d’Evry, de Yaoundé. Il y a eu aussi d’autres frères invités: deux frères de la province de France, Thierry Hubert, op socius du provincial et représentant le frère MichelLachenaud empêché, et Jean François Bour, op;le frèreSteve Ogbe, op (Nigéria); et le frère Roberto Okón Pocó, op de la Guinée équatoriale (Province d’Espagne).

fr.Bovary Leho, op.

 

(24 octobre 2016)