Durant l’Antiquité et jusqu’à la Renaissance, la Bible fut surtout commentée par les clercs et écoutée par les fidèles. Il fallait être riche et instruit pour acquérir et lire un incunable. L’invention de l’imprimerie et la Réforme, sur fond de crise ecclésiale, allaient changer la donne et démocratiser l’accès à l’Ecriture. Dorénavant, non seulement l’écoute liturgique mais la lecture privée devenait possible pour tout un chacun : aujourd’hui le livre de poche et les moyens électroniques renforcent encore le phénomène. Deux autres facteurs allaient marquer la modernité : la raison et l’histoire. Une raison de plus en plus critique et autosuffisante avec les Lumières au XVIIIe siècle et un questionnement historique empreint de positivisme au XIXe siècle. La raison n’était pas absente de la lecture des Pères ou des théologiens du moyen-âge, mais elle était ouverte à la foi et on ne posait pas la question de l’exactitude historique des anciens récits. L’accès à la Bible se voulait ecclésial, théologique et spirituel.
Mais la séparation et la spécialisation des savoirs allaient détacher la théologie de la spiritualité, l’étude universitaire de l’approche des fidèles. Aujourd’hui, la Bible, livre de l’Eglise, est entrée dans le domaine public et est aussi étudiée en tant que texte de la littérature. Sans cesser d’être liturgique, priante, guidée par les Eglises, elle est aussi dorénavant profane, autonome et sujette à débat. C’est un phénomène culturel qu’on ne peut ignorer. Mais les croyants sont troublés.
La Bible au risque de ses lecteurs
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Un article du fr JM Poffet op
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