Fr. Serge-Thomas Bonino, le pape Benoît XVI vous a nommé secrétaire de la Commission théologique internationale (CTI). De quoi s’agit-il ?
La CTI est organisme consultatif au service de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Elle donne un avis, généralement sous la forme d’un document, sur des questions théologiques importantes et discutées que lui soumettent le Saint-Père et la Congrégation ou encore qu’elle-même juge nécessaire d’aborder. Par exemple, pendant les années 2004-2009, la CTI a traité de la question de l’espérance pour les enfants qui meurent sans baptême ; elle a proposé un « nouveau regard sur la loi naturelle » comme fondement d’une éthique universelle, c’est-à-dire d’une morale valable pour tous les hommes ; elle a aussi essayé de définir les critères qui permettent d’identifier une théologie vraiment catholique.
Comment est composée le CTI et comment fonctionne-t-elle ?
La CTI regroupe trente théologiens, choisis par le Saint-Père, provenant des cinq continents, de la Chine jusqu’à l’Australie en passant par le Liban et le Congo ! Elle est présidée par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. Ce qui lui a valu de bénéficier de la présence attentive du Cardinal Joseph Ratzinger jusqu’à son élection comme pape ! Le président est assisté par un secrétaire général, qui coordonne les travaux.
Les clercs sont majoritaires, mais la CTI accueille aussi des théologiens laïcs ainsi que deux femmes théologiennes, une religieuse américaine et une laïque allemande. Il y avait deux français pour le mandat 2004-2009 : Mgr Roland Minnerath, évêque de Dijon, et moi-même. Pour le mandat qui commence, le P. Philippe Vallin, oratorien de Nancy, remplace Mgr Minnerath. L’Ordre des Prêcheurs est représenté par deux membres, le P. Gilles Emery (Province de Suisse) et moi-même. Nous sommes toutefois devancés en nombre par nos frères salésiens.
La CTI se réunit en session plénière une fois par an pendant une semaine au Vatican, où elle est reçu en audience par le Saint-Père. Le travail est réparti entre trois sous-commission de dix membres qui ont la mission d’élaborer un document sur un sujet déterminé. Chaque membre travaille une partie du texte. Les projets de texte sont ensuite discutés en sous-commission puis en séance plénière. Chacun – en italien, en anglais, en allemand, en espagnol, en français… - fait des remarques et des suggestions pour enrichir et améliorer le texte.
Comme dominicain, que retirez-vous de cette mission ?
C’est une belle expérience de catholicité, qui ouvre à une vision plus large de l’Eglise, de ses richesses et de ses difficultés. Les sessions plénières sont aussi un très beau moment de vie fraternelle dans le Christ. La Messe qui ouvre chaque journée, la rencontre avec le Saint-Père, l’attention fraternelle des uns aux autres, replacent le travail sous sa vraie lumière. On découvre (même si on le sait déjà un peu !) que les théologiens ne sont pas seulement des savants qui se disputent mais aussi des frères dans le Christ, animés d’un même amour pour l’Eglise et soucieux de faire fructifier toutes les richesses de notre foi catholique pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
D'après "Amitié dominicaine", Province de Toulouse

