La mission dominicaine dans le monde arabe: interview ave Amir JAJE, OP

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Le frère Amir Jajé, OP est le premier frère arabe  à être Vicaire provincial du Vicarial du Monde arabe.  Il est né à Karakosh en Irak. Il a un doctorat en histoire des religions et il enseigne à la Faculté de Théologie à Babel.

Lors de son passage à sainte Sabine(Rome) au mois de mai dernier, le frère Amir a accordé une interview au frère Prakash Lohale, op (Socius pour la vie apostolique) et au frère Gabriel Samba, op (Socius pour l’Afrique) dont nous publions quelques extraits.

Prakash: Tu es  vicaire du Monde arabe il y a plus ou moins un an. Peux-tu nous dire en quoi consiste ton travail, dans quels pays vous êtes et quel est votre apostolat ?

Amir: Dans le Vicariat du Monde arabe, il y a trois pays arabes :

  • L’Egypte : nous avons huit frères en Egypte, dont le travail principal est de servir de  «pont » entre le monde islamique/oriental  et le monde occidental, surtout par le biais du dialogue islamo-chrétien, et aussi grâce à l’immense bibliothèque que nous avons au Caire et qui représente un moyen aussi de dialoguer. En effet par ce moyen-là, il y a beaucoup d’étudiant(e)s, même d’ Al-Azhar  (l’école suprême de l’Islam sunnite) qui viennent à la bibliothèque pour étudier et pour faire des recherches. En outre, cette bibliothèque et le couvent du Caire sont le centre idéal, non seulement pour le monde arabe, mais pour l’Ordre, car tous les frères qui s’intéressent au dialogue islamo-chrétien peuvent venir y faire leurs recherches, ou  avoir une initiation à l’Islam, etc.  Donc les huit frères du Caire font un travail merveilleux, et ils représentent  un vrai pont entre le monde occidental et le monde oriental.
  • L’Algérie : Actuellement il n’y a que deux frères. Avant nous avions deux communautés, l’une à Alger et l’autre à Tlemcen, mais comme il n’y a plus que deux frères, nous avons fermé Alger et gardé seulement Tlemcen. Les deux frères font un travail très intéressant, notamment  avec des jeunes, ils promeuvent le dialogue, un dialogue vécu et s’efforcent d’être un bon exemple. J’étais impressionné quand j’ai effectué ma visite en Algérie, de voir que quand le fr. Gérard passe dans la rue, tous les jeunes l’appellent ! ils sont très attachés à lui et ça, je trouve que c’est un très beau travail. Le fr. Dominique aussi,  a fait un travail magnifique au niveau de la documentation pour les martyres de l’Algérie.
  • L’Irak : il y a deux couvents, un couvent à Mossoul, fondé en 1750, donc la présence dominicaine en Irak remonte à cette époque. Autrefois il n’y avait que des frères occidentaux qui avaient surtout comme tâche d’éduquer le clergé en tenant des séminaires. C’est pourquoi notre clergé est constitué d’étudiants Dominicains : ils sont francophones, parce que les frères étaient Français durant les derniers  150 ans. En fait, la présence Dominicaine en Irak a commencé avec  des frères Italiens, qui sont restés pendant 100 ans, et à partir de 1850, les frères Italiens ne voulaient plus envoyer de frères, à cause des maladies, etc.  et donc la province d’Italie a demandé à la province de France de prendre le relais. C’est ainsi que la province de France a pris la charge de cette région de l’Irak jusqu’à nos jours. C’est pourquoi nous sommes rattachés à la province de France.  Mais depuis une quarantaine d’années, nous avons aussi des vocations Dominicaines Irakiennes et actuellement il n’y a que des frères Irakiens en Irak. Donc il y a cinq frères (dont l’un d’entre eux est à Fribourg pour faire sa thèse de Doctorat) à Karakosh  car après les violences et les menaces que nous avons eues il y a  cinq ans à Mossoul,  les frères ont été obligés de quitter Mossoul pour se réfugier à Karakosh, à 30 km de Mossoul. Nous avons également maintenant un noviciat, depuis 7 ans, dont l’idée avait été lancée par Timothy Radcliffe et qui a été réalisée par la suite. Les frères de Mossoul travaillent d’une part pour le noviciat et d’autre part grâce au frère Najeeb qui fait un magnifique travail, pour les archives. Il y a un centre d’archives à Karakosh, et avec son équipe de laïcs qui travaillent avec lui, il a fait la numérisation de la plus part des manuscrits de l’Irak et c’est un travail formidable pour les chercheurs du monde entier.

Il y a aussi un couvent à Baghdad, avec cinq frères (dont l’un d’eux est actuellement à Strasbourg lui aussi pour des raisons d’étude et  terminer sa thèse de Doctorat). Les frères travaillent à la direction d’une Revue « Pensée Chrétienne » qui existe depuis 48 ans. C’est une Revue en arabe très importante qui est distribuée non seulement en Irak mais dans la diaspora pour les arabophones. Environ 6000 exemplaires sont distribués.

L’autre projet important est celui de « l’Université ouverte » (Open University) commencé depuis cinq-six  ans maintenant.  A mon sens, c’est un travail prophétique car son but est de pouvoir vraiment  contribuer à la reconstruction de ce pays. On sait qu’à cause des violences, des guerres, de l’embargo etc, beaucoup de valeurs humaines ont été perdues et aujourd’hui, on a besoin de reconstruire ce pays-là. Pas seulement des « buildings », eux ils sont faciles à reconstruire, mais le plus important c’est l’homme…  L’homme doit être reconstruit et notre but est de reconstruire l’homme Irakien, chrétien et musulman.

Nous sommes conscients du fait que les chrétiens sont très peu nombreux dans ce pays (avant la guerre nous représentions 3%) donc 1.200.000 personnes. Aujourd’hui il en reste la moitié… entre 500.000 et 600.000 chrétiens. On ne peut plus maintenant faire des rassemblements seulement de chrétiens, il vaut mieux travailler et fonder quelque chose pour les Sciences Humaines, c’est-à-dire la théologie mais aussi d’autres matières qui aident à la reconstruction de l’homme. Donc les frères Dominicains travaillent côte à côte avec des universitaires musulmans, très ouverts. Ce sont des intellectuels qui sont choisis pour développer le dialogue islamo-chrétien, ils font partie d’une espèce d’élite qui veut changer la situation en Irak. Si moi je dis quelque chose, cela peut être ressenti comme une attaque contre les musulmans, mais si ce sont eux qui le disent, les choses seront différentes. Nous voulons donc travailler avec cette élite là et faire quelque chose pour le bien de l’Irak en général et pour l’homme Irakien.  

Voilà en gros le travail des frères du vicariat. Nous  avons aussi bien sûr dans notre vicariat des frères qui travaillent sur place dans les trois pays et des frères qui sont en France, en formation et qui se préparent à revenir en Irak : 2 frères à Lyon, 3 frères à Strasbourg, et un frère à Lille. Ils font aussi partie de notre vicariat et quand je viens en France je trouve le temps pour écouter chaque frère et voir quelles difficultés il rencontre afin de l’aider à venir nous rejoindre au vicariat.

Prakash : Il y a différents pays et différents ministères. Quels sont les principaux défis pour vous aujourd’hui ?

Amir :  Je suis d’accord avec toi, il y a trois pays et trois réalités complètement différentes. En fait, pour l’Irak, je n’ai pas parlé du travail des frères dans les églises. On prêche dans les églises, on essaye de servir à l’unité des églises. En Irak il y a plusieurs religions, et nous avons différents rites mais nous travaillons ensemble et nous vivons ensemble. Notre travail est de faire l’unité des Eglises. Il y a parfois des difficultés, des rivalités, des conflits, et nous voulons aider à favoriser l’unité, à être le moyen de cette unité. Par exemple les frères d’Irak ont un rapport avec l’église plus important, par exemple, en Egypte les frères ne travaillent pas beaucoup dans les paroisses, ils travaillent plutôt dans le domaine islamo-chrétien. En Algérie, comme la réalité de l’église est très limitée, les frères sont obligés de travailler avec l’islam mais pas intellectuellement, ou avec des recherches,   des bibliothèques, comme ce qu’on a fait au Caire, mais avec du vécu, en vivant des valeurs humaines ensemble.  Donc il y a trois réalités complètement différentes mais qui, pour moi, sont complémentaires.

Du 24 septembre au 1er octobre, il y aura l’assemblée du vicariat. Nous discuterons justement de ces différences et de cette complémentarité qui existe dans le vicariat et bien sûr nous avons des sujets communs, par exemple nous discuterons ensemble du « Printemps Arabe » parce que cela touche tout le monde.  Nous allons aussi discuter des mouvements de l’Eglise Evangélique parce que c’est une question générale.

Dans les pays où il y a des difficultés (guerres, émeutes etc.) on voit  tout de suite la présence des églises évangéliques : en Irak, elles sont venues avec l’entrée en guerre des chars américains, en Algérie, partout dans le monde arabe, on voit une présence des églises évangéliques. Donc c’est un sujet à discuter entre nous parce que  ça touche tout le monde. On peut dire que les différences entre les trois pays où nous sommes présents, représentent une richesse pour nous, et cela ne nous empêche pas de travailler ensemble. Je ne sais pas si j’ai répondu à la question

Gabriel : la question était quel est le défi majeur auquel vous faites face et quelles sont les perspectives d’avenir ?

Amir : Je pense que l’Islam est très présent pour nous, car nous ne représentons qu’une toute petite minorité, que ce soit en Egypte, en Irak ou en Algérie encore plus car la réalité du christianisme y est étrangère. Nous vivons avec  l’Islam chacun d’une manière différente. Par exemple, au cours de  la dernière assemblée du vicariat en Irak, il y a quelques années, il y a eu un petit conflit entre certains jeunes frères Irakiens qui ont vécu des difficultés, des guerres, des persécutions et beaucoup de choses douloureuses dans leur vie, avec des frères du Caire qui travaillent avec des musulmans. Les frères Irakiens  disaient qu’on ne peut pas travailler avec l’Islam… que le diadoque avec  l’Islam ne sert à rien,  c’est du blabla… pour eux le mot « dialogue » est trop abstrait et il n’est pas réaliste.  Ce conflit, représente ce défi : est-ce que les frères du vicariat croient en un avenir des frères dans le monde arabe ? Est-ce que la présence de frères Dominicains est utile dans les pays arabes ? Qu’est-ce qu’ils peuvent faire ?  Qu’est-ce qu’ils peuvent transmettre comme message ? C’est cela le réel défi : pouvoir en tant que Dominicains, être vraiment « un pont » comme le disent les frères du Caire. Les frères Dominicains doivent donner la vraie image de l’Islam au monde occidental,  c’est cela leur rôle. Et en même temps, de par leur vécu avec l’Islam, ils peuvent montrer une image plus réaliste  de l’Islam et non pas celle des médias qui la déforment beaucoup en la présentant soit comme diabolique, soit comme ridicule. Notre vécu avec l’Islam, en tant que frères qui croient en notre présence ici, qui croient que l’on peut collaborer, malgré les difficultés, est ce qui compte le plus pour l’Ordre. Pour nous, qui vivons dans des pays majoritairement musulmans, c’est une vocation : d’une part pour donner aux musulmans une image différente du christianisme, mais aussi pour présenter au monde occidental le vrai visage de l’Islam. Par exemple, en Irak, des Shiites m’ont demandé d’aller enseigner  le christianisme dans leur faculté de théologie musulmane Shiite parce qu’ils veulent en avoir une idée réelle, pour leurs étudiants qui seront les futurs membres du clergé. La même chose à « Babel College » qui est notre Faculté de théologie, j’ai demandé qu’un musulman vienne donner des cours d’Islamologie pour nos futurs prêtres. En effet, c’est important que ce soit lui qui présente sa propre religion, ce n’est pas à moi de le faire, même si je suis islamologue, je ne peux pas présenter l’Islam tel qu’un musulman le ferait parce qu’il le présentera tel qu’il le vit en tant que croyant.  La présence du vicariat dans le monde Arabe est importante car nous pouvons témoigner de la foi chrétienne, de son message d’espérance, dans ces pays-là, et nous pouvons aussi donner une image réaliste de l’Islam à nos frères et au monde occidental.

Gabriel : J’ai une préoccupation par rapport à cet exode massif des chrétiens. En effet, on parle beaucoup de l’avenir de l’Eglise dans ces pays-là. Comment vois-tu les choses par rapport à cet avenir ? Et puis en Irak, on sait qu’il y a beaucoup de laïcs Dominicains… sont-ils encore là, vivants ? Peux-tu nous dire un mot sur les laïcs Dominicains ?

Amir : Je commence par la première question par rapport à cette hémorragie, cet exode des chrétiens, et malheureusement cela ne concerne pas seulement l’Irak mais aussi les pays voisins. Au Moyen Orient il y a beaucoup de départs… cela a commencé par le Liban, puis l’Irak, maintenant la Syrie…

En Irak, bien sûr, les chrétiens ont été persécutés, touchés, au plus profond de leur existence, et je crois qu’il y a vraiment des plans d’Islamistes Fondamentalistes de vider l’Irak des chrétiens, ils disent « purifier » l’Irak et le Moyen Orient de tout ce qui n’est pas l’Islam, mais il y a aussi les plans des hommes politiques occidentaux pour qui la présence chrétienne n’a rien d’important, contrairement à d’autres valeurs comme le pétrole, les affaires économiques etc… Tout cela est plus important que la présence d’un chrétien ! C’est vrai qu’il y a des plans qui nous dépassent peut-être, mais la réalité est que nous étions 1.200.000 maintenant nous sommes 500.000, donc presque la moitié… En 10 ans, c’est beaucoup ! Certains chrétiens pensent que leur sort est le même que celui des juifs en Irak, avant ils étaient nombreux et en quelques années, ils ont disparu ! Certains d’entre eux disaient aux chrétiens : « Aujourd’hui c’est samedi, demain c’est dimanche ! » ce qui voulait dire : Aujourd’hui c’est le tour des juifs, demain ce sera le tour les chrétiens... Au cours des dernières années, certains ont  pu penser qu’il y allait avoir des ghettos de chrétiens, pour qu’ils soient rassemblés, mais moi je pense que ce n’est pas une bonne chose, ni de vider le Moyen Orient des chrétiens, ni de les rassembler dans une seule petite région. Cela porterait à leur disparition. En ce qui concerne l’Irak, puisque c’est là où je vis, je connais beaucoup de musulmans qui me disent : « vous êtes les fleurs de notre jardin !, si vous partez vous  laisserez notre jardin sans fleurs ? » Je crois que la majorité des musulmans veulent la présence des chrétiens, parce qu’ils ont vécu depuis toujours comme cela, ensemble. Mais il y a une petite minorité fondamentaliste qui fait peur et veut terroriser les chrétiens pour les faires partir. Peut-être suis-je trop optimiste, mais c’est mon espérance de dire que  l’Irak ne sera jamais vidé des chrétiens.  Il y a des gens qui sont convaincus de leur mission, de leur vocation dans ce pays-là,  et ils veulent rester, même si c’est au prix de leur vie.  Je connais beaucoup d’Irakiens chrétiens qui pensent comme cela, qui disent : « même si je meurs, ce n’est pas grave ! Ma mort sera un témoignage ». Donc, ils ne veulent pas partir, et c’est pour cela que je pense qu’il est vrai que beaucoup de chrétiens sont partis, mais que  l’Irak ne sera jamais sans chrétiens.

Pour la deuxième question sur les laïcs Dominicains, en fait, nous avons beaucoup de laïcs Dominicains… J’ai parlé avec le frère David et nous pourrons organiser sa visite auprès des laïcs Dominicains. Il y en a environ 250 seulement à Karakosh et en Irak, il y en a au moins entre 500 et 600. Ils représentent toutes les tranches d’âge et ils travaillent beaucoup. Ils organisent des soirées évangéliques, ils vont visiter des familles, ils vont parler de l’Evangile… Car il y a beaucoup de familles qui vivent dans la précarité ou qui ont des difficultés, donc ils travaillent énormément. Ils prient ensemble tous les dimanches bien sûr, mais ils ont aussi au moins deux rencontres pendant la semaine. Ils sont vraiment très actifs, ils ont une spiritualité Dominicaine et ils sont suivis d’une part par un frère mais aussi par de nombreuses sœurs car en Irak il y a beaucoup de sœurs Dominicaines (160 sœurs de Ste. Catherine de Sienne et une quarantaine  de la Présentation deTours ). Celles de Ste. Catherine de Sienne se trouvent plutôt au Nord et à Baghdâd. Elles suivent donc beaucoup les laïcs Dominicains.

Prakash : Nous avons vu beaucoup d’espoir dans ce mouvement du printemps arabe… En même temps nous voyons qu’il y a beaucoup de violence et un développement du fondamentalisme.  Comme vicaire de la région du monde arabe, quel est ton espoir comme dominicain ?

Amir : C’est une très bonne question. Est-on inquiet face ces mouvements fondamentalistes qui montent, qui prennent le pouvoir ?Que ce soit en Egypte, ou partout dans le monde Arabe où il y a eu le printemps Arabe il y a les mouvements islamistes qui prennent le pouvoir. En ce qui me concerne, je ne suis pas très inquiet, parce que je vis sur place et je sais que le fondamentalisme musulman est quelque chose qui fonctionne « en réaction » contre autre chose, donc cela ne dure qu’un moment et après c’est fini. S’il y a eu ces mouvements,  qui débouchent sur le fondamentalisme, c’est en réaction contre les systèmes qui prétendaient être démocratiques, mais en fait étaient des dictatures, et les gens en avaient assez d’être privés de leurs libertés. Les gens ont vécu  30 à 40 ans de dictature, que ce soit celle de Saddam Hussein, Kadhafi, Moubarak,  Assad, tous ces leaders, ces chefs, qui étaient contre le fondamentalisme mais exerçaient  eux-mêmes un fondamentalisme dictatorial et pour moi c’était aussi une forme de fondamentalisme qui détruit l’homme, parce qu’il détruit la liberté de l’homme.

Donc les gens en avaient marre et ils acceptent n’importe qui à condition qu’on les débarrasse de ces dictateurs. Je pense que même si les fondamentalistes prennent le pouvoir, il ne faut pas s’inquiéter car ils vont échouer (surtout maintenant avec cette ouverture, les médias, l’importance donnée aux jeunes, etc.).   Parce que s’ils appliquent leurs idées, la Sharia (la loi islamique), leur idéologie, le peuple va se révolter, il ne va pas l’accepter c’est sûr : c’est trop contradictoire avec la laïcité et avec la modernité.  Donc,  pour moi, ces fondamentalistes sont dans l’embarras en fait. Soit ils modèreront leur idéologie et ils vont renoncer à la Sharia, donc ils resteront dans un système tout à fait modéré, laïc   etc ; soit ils choisissent d’appliquer totalement la sharia et d’être contre toute laïcité et modernité.   Personnellement,  je suis plutôt optimiste et  je crois que pour rester au pouvoir, ils vont renoncer à la Sharia.  Le peuple arabe a changé par rapport à l’époque de Mahomet, aujourd’hui  les jeunes sont déconnectés de ce système religieux. J’étais en Iran il y a six mois, et j’ai vu que les jeunes sont complètement déconnectés du système « Mollah», ils vivent dans leur monde de la modernité (« playstations » etc.), bien que l’accès soit très fermé à tout ce qui est Internet, et je crois que pour le moment cela constitue une bombe à retardement, car les « Mollahs » sont refermés sur eux-mêmes et n’ont plus de contact avec la jeunesse.   

Voilà pourquoi je suis optimiste et je pense que les islamistes, même lorsqu’ils arrivent au pouvoir, ne peuvent plus appliquer la Sharia.