La solidarité et le partage avec les pauvres : un témoignage prophétique du voeu de pauvreté

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Monastère de Notre Dame de la Paix de Rweza
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Le 2 février 2015, fête de la Présentation du Seigneur au Temple et Journée de la Vie Consacrée, les moniales dominicaines du Monastère de Notre Dame de la Paix de Rweza au Burundi ont voulu réfléchir sur l’Année de la Vie Consacrée. Deux élément ont inspiré notre réflexion: l’intention pour l’évangélisation du Pape François du mois de janvier 2015, et la solidarité de l’Ordre qui a permis l’électrification du Monastère de Notre Dame de la Paix de Rweza.

« Pour qu’en cette année dédiée à la vie consacrée, les religieuses et les religieux redécouvrent la joie de suivre le Christ et s’engagent avec zèle au service des pauvres.» Deux choses ont retenu notre attention dans cette intention pour l’évangélisation du Pape François du mois de janvier 2015 à savoir, la joie et le service des pauvres. Ce sont là, deux thèmes de prédilection du Saint Père fortement soulignés dans sa Lettre Apostolique à tous les Consacrés à l’occasion de l’Année de la Vie Consacrée. La joie est la première attente du Pape François pour cette Année de grâce. « Sortir de soi-même pour aller aux périphéries existentielles», c’est la quatrième attente du Saint Père qui attend « des gestes concrets…de proximité aux pauvres… »

Comment les religieuses contemplatives cloitrées (avec une clôture papale) peuvent-elles vivre cette joie, sortir de leur monastère pour aller aux périphéries existentielles et être proches des pauvres ? Pour les moniales dominicaines de Rweza, ces attentes du Pape François se réalisent à travers le témoignage prophétique de leur vie de prière et leur voeu de pauvreté traduit dans des gestes concrets de solidarité et de partage avec les pauvres. En effet, depuis sa fondation en 1974 par le monastère de Taulignan (France), le monastère Notre Dame de la Paix de Rweza a toujours vécu dans une grande pauvreté : bâtiments modestes, manque d’électricité, d’eau courante, d’hôtellerie adéquate et d’activités économiques rentables. Pendant des années les moniales vivent dans ces conditions difficiles, chantant les offices du soir avec des bougies ou avec un éclairage de quelques panneaux solaires, très faible et de courte durée qui abîmait les yeux des soeurs au point que toutes commençaient à porter des lunettes. Grâce à la solidarité de l’Ordre (Spem Miram Internationalis et spécialement le Fond des Moniales de l’Ordre), nos soeurs ont, enfin, de l’électricité. Quelle joie ! L’extension du raccordement est parti de Gashikanwa, centre à la ligne principale Ngozi-Kirundo à Rweza, sur distance de cinq kilomètres (5 Km). Ce projet qui a coûté des millions de francs burundais a pu être réalisé grâce au Fond des moniales géré par Spem Miram Internationalis, l’organisation pour la solidarité de l’Ordre. Pour les gens qui voient cela et ne savent pas d’où est venu l’argent, ils disent que les soeurs ont beaucoup d’argent, nous ont confié les moniales. Mais pour l’Ordre et pour les soeurs, ce projet est un témoignage de notre voeu de pauvreté traduit par des gestes concrets de solidarité et de partage, non seulement avec les moniales mais aussi avec les habitants de la colline (village) de Rweza.

En effet cette extension ne profite pas seulement au monastère mais à toute la colline. Parmi les principaux bénéficiaires il y a le dispensaire et son centre de santé qui a un laboratoire, l’école primaire et secondaire, et les populations qui se branchent maintenant sur cette ligne sans payer de contrepartie financière aux soeurs. Quelle joie de voir cette colline jadis oubliée, transformée aujourd’hui. La vie des gens a changé. Les petits commerces utilisent maintenant de frigo où on peut acheter des boissons fraiches, conserver de la viande et du poisson frais. Les jeunes ouvrent de petits business (kiosque pour recharger les téléphones cellulaires - les cybers café pour l’Internet ne sauraient tarder !). Les femmes n’iront plus à Ngozi ou n’utiliseront plus de pilon traditionnel pour décortiquer leur riz et d’autres grains. Le soir, l’artère principal est éclairé par des lampadaires. Nous avons vu cela nous-même le 2 février dernier. Les moniales sont infiniment reconnaissantes à l’Ordre, au Maître de l’Ordre et aux contributions par les moniales au Fond des Moniales de l’Ordre. Les soeurs ont maintenant de l’électricité, mais elles n’ont toujours pas d’eau, d’ordinateurs pour l’étude, ni de bonne hôtellerie pour accueillir les personnes en quête de silence, de méditation et de repos. N’hésitez pas à leur offrir encore votre aide pour l’un ou l’autre projet.

fr. Gabriel Samba, op

 

(3 mars 2015)