L’église saint Dominique de Kinshasa profanée

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L’église saint Dominique de Kinshasa profanée
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Le dimanche 19 février 2017, vers 5 heures du matin, une vingtaine de jeunes gens mal intentionnés ont pris d’assaut l’église de la paroisse saint Dominique de Limete de Kinshasa, de nos frères Dominicains de la vice province saint Pie V de la R.D. Congo. Sans aucun respect du sacré ni peur de Dieu, ces « hors la loi » ont profané l’église, saccageant tout. Ils ont renversé l’autel et le Tabernacle, avec la sainte Présence des hosties consacrées par terre. Ils ont cassé les bancs et fracassé la statue de la Sainte Vierge Marie. Ils ont laissé l’église sens dessus dessous, un chaos indescriptible qu’un de nos confrères du couvent saint Dominique de Kinshasa a comparé à la scène du premier livre de Maccabées (1 M 1, 21-23).

Les frères Dominicains ne sont pas les seuls victimes de ces actes de violence et de barbarie. La communauté des Pères Oblats à Limete a aussi subi le même sort. Comme l’a souligné le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, archevêque de Kinshasa, dans son message du dimanche 19 février 2017, « ces derniers temps, la situation sécuritaire reste préoccupante en RD Congo en général, et à Kinshasa en particulier. Il y a un regain de peur, de colère, voire d’incertitude. Nous avons appris avec indignation, le samedi 18 février 2017 l’incendie d’une partie du Grand Séminaire de Malole par des inciviques, qui ont semé la terreur chez les soeurs carmélites voisines dudit séminaire à Kananga, dans la province de Kasaï Central. » L’Archevêque que de Kinshasa ajoute que l’on «note aussi des propos discourtois à l’endroit des autorités de l’Eglise catholique (cf. le passage de jeunes gens le mardi 7, le vendredi 10 et le samedi 11 février 2017 à l’Archevêché de Kinshasa, créant ainsi une atmosphère de panique) ».

Pour le cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, « ces événements laissent croire que l’Eglise catholique est visée, de manière intentionnelle, pour torpiller sa mission de paix et de réconciliation, au moment où la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) poursuit sa mission de bons offices au centre interdiocésain». Il rappelle que la CENCO « ne joue qu'un rôle de médiateur. Il appartient aux hommes politiques de reconnaître avec humilité, devant la nation et la communauté internationale, leur velléité politique et la turpitude de leurs choix nombrilistes qui conduisent à l'impasse ou au blocage des institutions. Ils en assumeront la responsabilité devant l'histoire.»

L’archevêque de Kinshasa invite instamment les uns et les autres à faire preuve de sagesse, de retenue, d’esprit démocratique afin de décanter la crise politique qui traverse le pays. « Avec tous les évêques, poursuit-il, nous dénonçons ces actes de violence susceptibles de replonger notre pays dans un chaos indescriptible. Nous invitons les autorités de notre pays à arrêter cette tension et à assurer la protection des biens et des personnes, surtout le patrimoine de l’Eglise catholique qui est fortement visé.»

En attendant la purification de l’église, les frères poursuivent leur ministère dans les locaux de la paroisse. Ils vivent la réalité de l’enseignement de Jésus dans l’évangile de ce 7ème dimanche du temps ordinaire A : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent » (Mt 5, 44).

fr. Gabriel Samba, op .