«L’Eglise a toujours utilise les moyens de communication de son époque» Soeur Anne-Sophie

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monastère d’Estavayer- le-Lac
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Au monastère, les corrections des textes ont été aussi longues qu’exigeantes Durant le mois de décembre. Les soeurs ont relu leurs réflexions avec l’aide de sept autres frères dominicains participant à l’action.

Si l’un vit à Genève, les autres sont venus du Canada, du Cameroun et de France pour quatre jours. «Le frère du couvent africain de Yaoundé est resté très silencieux, tandis que le doyen d’un institut parisien n’a pas épargné le texte de Soeur Anne-Sophie», taquine Soeur Isabelle. Et celle-ci de préciser que des petites vidéos ont été tournées au monastère afin de dynamiser le site internet du projet. Les dominicaines ont aussi enregistré des chants.

Un usage du numérique qui ne dérange pas Soeur Anne-Sophie. Selon elle, «tous les moyens sont bons» pour répandre la bonne parole. «L’Eglise a toujours utilisé les moyens de communication disponibles selon l’époque. Aujourd’hui, internet et les réseaux sociaux ont simplement remplacé les voies romaines qu’empruntaient les apôtres pour aller prêcher», sourit-elle.

Avalanche de prières Alors que les dominicaines attendant que leurs textes soient postés sur le site de Carême dans la ville, elles ont déjà du pain sur la planche. Elles ont reçu une avalanche de demandes d’internautes.

Ceux-ci leur demandent si elles peuvent prier pour euxmêmes ou des proches. «Il s’agit de l’une des tâches liées au projet», explique Soeur Isabelle. Les dominicaines répondront aussi aux commentaires des internautes selon leurs désirs. Mais à part cela, elles vivront la période de carême comme de coutume. Elles réduiront au maximum les contacts avec l’extérieur et mangeront frugalement les vendredis… en tentant de résister à l’appel du chocolat!

Wi-fi à l’hôtel monastique

Les dominicaines staviacoises ont appris à utiliser Internet dont elles font un usage à la fois utilitaire et restrictif. «Nous avons peut-être mis plus de temps que d’autres à empoigner cette nouvelle technologie», estime Soeur Anne-Sophie, sous-prieure du monastère d’Estavayer- le-Lac. Celle-ci évoque les courriels, pratiques pour réserver des chambres de l’hôtellerie monastique La Source. «Ce support nous permet aussi d’échanger des informations avec d’autres couvents. Cela prend moins de temps et d’argent par rapport à l’envoi de lettres», poursuit Soeur Anne-Sophie, qui gère l’adresse mail des dominicaines.

Celle-ci précise qu’il existe aussi un site internet, géré par une autre soeur. «En cas de problème, un ami peut venir nous donner un coup de main», ajoute-t-elle. Concernant leur usage personnel, les soeurs regardent les mails envoyés par des proches ou la famille mais évitent de trop surfer sur le Net. «Aucune d’entre nous n’est inscrite sur les réseaux sociaux tels que Facebook, car ce genre de plate-forme encourage des réponses immédiates et peut générer une dépendance.

Or si nous avons choisi de nous retirer de la société, ce n’est pas pour passer toute notre journée sur un ordinateur», indique Soeur Anne-Sophie, qui ajoute que le monastère n’a pas de wi-fi, au contraire de La Source.

Chaque soeur garde néanmoins un téléphone portable sur elle. Un objet destiné aux appels internes, qui permet aux dominicaines de se parler sans devoir se chercher dans les couloirs. Pour les appels externes, le téléphone fixe du monastère est d’usage.

LISE-MARIE PILLER - La Liberté - (4 mars 2017)

Photo par Vincent Murith

 

(23 mars 2017)