Les Soeurs du Rosaire de Jérusalem

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Article paru dans la revue "al Manâra", (Jouniéh, Liban),2 et 3/1990, pp.136-150, sous le titre "Rahbanat al-Wardiyyat al-Muqaddasa" par la sœur Braksid SWEIDAN, traduit de l’arabe par le fr. Jean-Marie MERIGOUX, o.p., de la Province dominicaine de Toulouse, et Dalal ADIB, le 12 décembre 1991

La Congrégation du Rosaire est une institution purement orientale qui vit le jour à Jérusalem en 1885, alors que le pape Léon XIII venait d’exhorter la Chrétienté à prier le Rosaire.
A la suggestion d’une religieuse, sœur Marie-Alphonsine, le père Joseph Tannous Yammin, donna à cette fondation naissante dont il fut l’admirable artisan, le nom de "Filles du Rosaire".
Son nom officiel est aujourd’hui :  "Congrégation des Sœurs du Rosaire de Jérusalem" (cf. Constitutions, §1).

L’intronisation de Mgr.Joseph Valerga comme Patriarche Latin de Jérusalem en 1847, fut l’événement lointain qui prépara la voie à la naissance de cette Congrégation ; cet événement marquait le rétablissement de ce siège patriarcal qui avait connu une vacance de 556 ans, de 1291 à 1847.

La Custodie de Terre Sainte venait alors de demander la venue à Jérusalem des religieuses françaises de Saint Joseph de l’Apparition.
Cette demande se trouva appuyée par le nouveau patriarche qui voulait ouvrir des écoles pour l’éducation et l’instruction des filles et assurer ainsi l’éducation chrétienne des nouvelles générations.
Les religieuses arrivèrent le 14 août 1848.
L’ouverture de l’école à peine connue, des familles s’empressèrent d’y mettre leurs filles. Parmi les fruits que porta cette école, il y eut le fait que des jeunes filles pensèrent à se consacrer à Dieu et à entrer dans la vie religieuse.
Toutefois, bien les gens, malgré leur vénération pour les sœurs, considéraient ces dernières comme des étrangères au pays du point de vue culturel et de la mentalité.
On en vint à souhaiter ardemment la fondation d’une congrégation locale qui, tout en étant semblable à la première, accueillerait des jeunes filles du pays désirant embrasser la vie religieuse.

Ce désir humain vint au devant d’un désir céleste. La Providence allait favoriser la naissance de la congrégation du Saint Rosaire par le moyen d’une jeune fille native de Jérusalem et d’un prêtre originaire de Nazareth.
L’objectif de cette congrégation apostolique, première en son genre à naître en Terre Sainte, était d’être pionnier pour l’évangélisation des paroisses et des communautés, dans tous les villages et les campagnes, ainsi que dans les régions éloignées et négligées de Palestine et de Jordanie.
Son apostolat serait fait en collaboration avec les prêtres du Patriarcat Latin.

I - Le Père Joseph Tannous Yammin, fondateur

Le Père Joseph naquit à Nazareth le 1er Novembre 1838. Il grandit dans une famille enracinée dans la vertu et la piété chrétiennes.
Son père, Tannous Khalil Yammin, était responsable de la Communauté latine de Nazareth où ses ancêtres libanais, venant d’Ehden, avaient immigré.
Sa mère, Wardeh Boutros, était une personne très pieuse et très fervente. Joseph fit ses premières études à l’école des Franciscains de Nazareth.
En 1849, il entra au séminaire de Ghazir pour y accomplir son éducation sacerdotale et il y demeura jusqu’à l’ouverture du séminaire de Jérusalem en 1853. Il fut ordonné prêtre sur le lieu même du Calvaire le 30 mai 1863.
En 1866, le Patriarche Valerga l’appela à la charge de secrétaire de la Délégation Apostolique à Beyrouth, et par la suite le nomma secrétaire du Patriarcat de Jérusalem.
En 1869, lors de l’ouverture du Concile de Vatican I, il accompagna le Patriarche comme secrétaire et conseiller théologique.
En 1871 il fut nommé chanoine du Saint Sépulcre et membre du Conseil Patriarcal.
Il s’intéressa tout spécialement à la Confrérie des Filles de Marie, dont le siège était à l’école des Sœurs de Saint Joseph. La Providence voulut alors qu’il y rencontra la sœur Marie-Alphonsine qui supervisait la direction de l’école.
C’est alors que se présentèrent à lui cinq jeunes filles de Jérusalem et de Bethléem, toutes membres de cette confrérie. Elles appartenaient à de très anciennes familles chrétiennes de ces villes et elles lui demandèrent de fonder une congrégation de religieuses qui serait du pays.
Sur ces entrefaites la sœur Marie-Alphonsine vint à lui, envoyée par la Vierge Marie pour l’informer d’un important message qui apportait les réponses adéquates à ses interrogations et à ses incertitudes. Le Père Joseph découvrit exactement ce qu’il cherchait dans les propos de cette religieuse dont il connaissait déjà les vertus et le zèle.

Dès lors, il fut totalement convaincu de sa sincérité, de l’authenticité de ses visions et de leurs origines célestes. Il lui ordonna de mettre par écrit le récit détaillé des apparitions, de toutes les grâces qu’elle avait obtenues et de tout ce que la Vierge lui avait commandé au sujet de cette nouvelle congrégation.
Il lui demanda aussi d’établir pour lui l’ébauche d’une règle pour cette congrégation toujours d’après ce que la Vierge lui avait révélé.

Le Père Joseph loua alors un modeste appartement de cinq pièces situé à mi-chemin entre le Patriarcat Latin et le couvent du Saint Sauveur. Il fut convenu que cette petite famille s’installerait provisoirement dans cette maison à partir du 24 juillet 1880.

Au jour convenu, la petite famille religieuse se regroupa, avec à sa tête le Père Joseph qui vint bénir la nouvelle maison. Les jeunes filles y entrèrent en chantant le Magnificat.
Le même jour, des membres de la Communauté latine vinrent pour tenter de détourner le Père de son projet en prétendant que c’était là une aventure sans intérêt. Ils déclarèrent que ce projet n’allait pas durer plus d’un mois et qu’il était voué à l’échec.
Le Père n’attacha pas d’importance à ces propos, surtout lorsqu’il vit les jeunes filles bien déterminées, fermement enracinées et attachées à leur projet initial.
C’est alors que le fondateur donna le nom de "Filles du Rosaire" à cette association. Quand aux gens, ils disaient : "les religieuses du Père Joseph Tannous".

Avant même de devenir des religieuses avec des vœux, elles avaient déjà adopté la vie religieuse conformément à la règle dont la sœur Marie-Alphonsine avait écrit les grandes lignes, et que le directeur spirituel de l’association avait déjà adaptée et publiée sous son propre nom.

Le 15 décembre 1881, le Patriarche leur donna l’habit religieux dans son oratoire privé au cours d’une cérémonie à laquelle personne n’assista.
Mais au soir de ce même jour, lorsque les sœurs entrèrent à l’église patriarcale pour participer à la neuvaine préparatoire à Noël, les fidèles furent tout surpris de voir le nouvel habit religieux composé d’une robe bleue, d’un col blanc et d’un voile noir.
Les chuchotements s’élevèrent alors dans les rangs des fidèles :

"Ce sont les Sœurs du Rosaire ! Ce sont les Sœurs du Rosaire !".

Ils manifestèrent leur liesse par des acclamations et des applaudissements.
Nous trouvons un écho de cette joie dans le cœur du fondateur dans ces lignes qui sont en tête de la règle des sœurs :

"Venez, ô heureuses filles de Sion, saisissez l’occasion opportune, rejetez les vêtements de ce monde qui passe et revêtez les tuniques resplendissantes de la virginité et vous deviendrez des bijoux resplendissants et les plus beaux colliers au sein de l’Eglise de Jérusalem.
Voilà maintenant le milieu de la nuit, ô filles de l’Orient. Le voilà l’époux qui arrive et qui, par l’éclat de son visage, fait disparaître le voile des ténèbres.
Préparez vos lampes et allez à sa rencontre et il vous fera entrer dans la maison de la noce spirituelle, en cette vie où vous jouirez de sa vision dans la demeure des joies éternelles du Ciel
".

Le Père Joseph se mit alors à aider Mère Marie-Alphonsine pour qu’elle obtienne d’être relevée de ses vœux prononcés dans la congrégation de Saint Joseph de l’Apparition ; tout cela se fit avec l’appui du Patriarche Vincent Bracco.
Elle entra dans la Congrégation du Rosaire le 7 octobre 1883 et revêtit l’habit des mains du Père Pascal Appodia, vicaire général du Patriarche, le 8 décembre 1883.
Elle commença le noviciat en 1884, avec le nom de sœur Marie-Alphonsine du Rosaire. Elle fit ses vœux entre les mains du Patriarche, le 7 mars 1885 (cf. Archives de la Congrégation).
Le fondateur résolut de remettre à sœur Marie-Alphonsine la direction de la Congrégation car, par son esprit et par son cœur, elle en était le pilier.
Mais le désir de la sœur de pratiquer l’humilité d’une manière totale amena le Père à faire venir une supérieure d’une autre congrégation à laquelle il confia la charge de la formation des novices, le tout sous son contrôle personnel.
Cette religieuse, Mère Técla Nasser, libanaise de naissance, appartenait à la congrégation locale des Sœurs de Nazareth et était pleine de discernement, d’expérience et de dynamisme. Elle avait été supérieure dans les deux couvents de Shefa’ Amr et de Nazareth. Après avoir obtenu la permission des supérieures de la sœur, celle-ci vint à Jérusalem le 1er mai 1884, prit le nom de Rosalie et fut nommée supérieure du couvent du Rosaire.
Quant à la charge de la formation des novices, il fallait qu’elle soit assurée par une sœur bien informée des instructions de la Vierge : la sœur Marie-Alphonsine était la personne toute désignée pour remplir cette fonction.
Le 7 mars 1885, les novices prononcèrent les trois vœux de religion. Il ne restait plus dès lors qu’à se lancer dans les divers domaines du travail et à réaliser les plans célestes.
Elles commencèrent tout d’abord à œuvrer dans les missions patriarcales de Palestine comme à Jaffa-de-Nazareth, Naplouse, Zababdeh et Bir Zeit.
Le fondateur comprit que l’heure était venue de modifier la manière de diriger la Congrégation. Il percevait clairement que les sœurs du pays étaient tout à fait capables de prendre les rênes de la Congrégation, et il eut la certitude intérieure que Mère Hanneh Danil, sœur de Marie-Alphonsine, jouissait d’une personnalité unique et remarquable.
C’est alors qu’il convoqua les sœurs pour l’élection d’ une nouvelle supérieure générale et ce fut Mère Hanneh qui fut élue à l’unanimité.

Le père fondateur ne ménagea pas sa santé nonobstant la grande fatigue qu’il commençait à ressentir depuis des années, et cela jusqu’au jour où la maladie le terrassa.
On le transporta de Jérusalem à Nazareth le 2 juin 1892.
Il ne devait plus revenir vivant à Jérusalem. La mort le surprit au matin du vendredi 30 septembre ; il n’avait alors que cinquante-quatre ans. Ses funérailles furent célébrées dans l’église paroissiale de Nazareth et il fut inhumé au cimetière des Pères Franciscains.
En 1899, conformément au désir exprimé dans son testament, ses restes furent transportés à Jérusalem et déposés dans la crypte (el haniyya) au dessus de laquelle on a édifié l’église du Rosaire.
En 1937, ses restes furent translatés de la "haniyya" à la nouvelle église.
Le grand souvenir laissé par le fondateur et sa profonde spiritualité suscitèrent sans cesse, chez les sœurs, la force et le zèle apostolique pour accomplir avec amour, courage, patience et joie la mission qu’il leur a confiée. Tout cela était en accord profond avec l’ enseignement et l’expérience consignés dans ses lettres adressées à ses filles les religieuses (à peu près trois cents lettres), et en accord aussi avec le testament qu’il leur a laissé sur son lit de mort.

En voici quelques extraits :

"1. Ne soyez pas plongées dans une tristesse excessive à cause de notre départ de ce monde qui passe car il n’est pas pour nous une patrie et parce que la tristesse excessive n’est pas digne de personnes comme vous qui ont revêtu l’habit religieux et, comme le dit Saint Paul, " Que votre tristesse ne soit pas comme celle de ceux qui n’ont pas d’espérance."

"2. Déployez beaucoup de sérieux et d’efforts pour assurer le succès de la Congrégation par le moyen de l’observance des règles, l’obéissance à vos supérieures et la pratique des vertus."

"3. Que la base de votre progression soit la charité réciproque et l’unanimité parfaite car c’est de la concorde que vient la force."

"4. Confiance absolue dans les miséricordes divines et dans l’intercession de la Vierge du Rosaire car elle seule, sans l’aide d’aucune créature, peut affermir, faire croître et développer la Congrégation."

Paroles adressées à la supérieure :

"Quant à vous, je vous recommande toutes les religieuses. Soyez pour elles une mère tendre, comportez vous avec elles avec douceur, amabilité, calme et sans précipitation.
Du fond de mon cœur, je donne à chacune d’entre vous ma dernière bénédiction : au Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit et avec l’intercession du Rosaire !"

 

II - Mère Marie-Alphonsine Ghattas, fondatrice

Son premier prénom fut Soultaneh. Elle naquit à Jérusalem le 4 octobre 1843, au sein d’une famille chrétienne très pieuse.
Son père Danil Ghattas et sa mère Catherine Antoun Youssef l’élevèrent dans la piété, l’amour de la Reine du Rosaire et la dévotion aux âmes du Purgatoire. Elle fit ses études à l’école des Sœurs de Saint Joseph de l’Apparition de Jérusalem et elle répondit à l’appel de la vie religieuse en entrant dans cette congrégation.
Cette "fille de Jérusalem" a pu ainsi se préparer à la vie religieuse et émettre ses vœux sans entrer canoniquement dans une maison de formation en France. Elle avait obtenu pour cela une permission spéciale du Saint-Siège qui avait pris en considération la mentalité orientale qui existait à Jérusalem au sujet du départ des jeunes filles vers l’Occident.
Le 30 juin 1860, elle prit l’habit dans la congrégation de Saint Joseph, sur le Mont Calvaire, et elle fut désormais connue sous le nom de sœur Marie-Alphonsine.
Ce fut également sur le Calvaire qu’elle fit sa profession dans la vie religieuse.
Au début de l’année scolaire, elle fut chargée du catéchisme. Les élèves furent à l’aise avec elle et eurent confiance en elle, notamment les ainées.
C’est à elle que revint la part la plus importante dans la direction de la Confrérie de l’Immaculée Conception. De cette Confrérie devait sortir les fleurs qui allaient être à la naissance du Rosaire de Jérusalem.
Elle dirigea en outre la Confrérie des mères chrétiennes tant à Jérusalem qu’à Bethléem et ces deux groupes sont toujours prospères de nos jours.

La Vierge se mit à lui parler au cours de ses apparitions successives et lui demanda avec insistance :

"Je veux que tu commences la Congrégation du Rosaire car je suis ta Mère, je t’aiderai et serai ton appui".

La Vierge continua :

"Commence le travail et adresse-toi tout d’abord au Patriarche Vincent Bracco et mets-le au courant de tout cela. Il te conduira parce que les missions de son évêché et d’autres progresseront grâce au Rosaire".

La visionnaire acquiesça à la volonté de Notre Dame, rencontra le Patriarche et l’informa de ses apparitions et des grâces qu’elle avait reçues. Celui-ci lui recommanda de prier régulièrement le chapelet.
La Vierge insista encore auprès d’elle sur sa demande et lui dit :

"Quand est-ce que tu commences la fondation de la Congrégation du Rosaire ? Prends courage et réalise mon ordre. As-tu bien compris ? Moi, je veux une Congrégation du Rosaire car elle est destinée à extirper de la terre tout mal et toute calamité".

Mère Alphonsine lui demanda alors en toute simplicité :

"O ma Mère, pourquoi ton choix s’est-il arrêté sur des jeunes filles de pays si pauvres ? pourquoi n’as-tu pas choisi pour ce projet des jeunes filles de l’élite européenne ?"

La Vierge sourit et lui répondit :

"Sache, ô ma fille, que les fleurs poussent parmi les épines. Dans ces régions j’ai connu la joie, la souffrance et la gloire et c’est parmi vous que je veux manifester mon pouvoir".

Elle demanda à la Vierge de l’aider et la Vierge lui désigna, lors d’une vision, un guide : c’était le Père Joseph Tannous, et elle lui dit :

"N’as-tu pas encore compris ? Voilà le guide spirituel que je t’ai révélé dans la vision. C’est le Père Joseph Tannous sur la tête de qui j’ai posé une couronne d’étoiles et je te le donne comme guide et directeur : je l’assisterai et l’assisterai encore et je ferai qu’il s’occupe de la Congrégation du Rosaire et qu’il en prenne bien soin".

Dès lors elle ne put que recourir à son nouveau guide spirituel et s’ouvrit à lui en toute chose. Le Père Joseph, s’appuyant sur l’inspiration de Mère Marie-Alphonsine, donna aux religieuses le nom de "Filles de Marie". Il lui demanda ensuite de rédiger un projet de règle pour la Congrégation en se basant sur ce qu’elle avait vu et entendu de la Vierge.
Son directeur spirituel lui ordonna aussi de recueillir le récit des apparitions en précisant d’une façon détaillée les grâces qu’elle avait reçues et ce que la Vierge lui avait commandé au sujet de la nouvelle congrégation.

La situation de Mère Marie-Alphonsine devenait alors délicate, sans qu’elle puisse voir une issue. D’une part, les ordres de la Vierge étaient catégoriques et indiscutables, il fallait les exécuter sans tarder, d’autre part, il était difficile pour la religieuse d’abandonner la Congrégation de Saint Joseph car elle était engagée à son égard par les trois vœux.
Quant à ses supérieures, elles n’étaient pas au courant des révélations et de la mission que lui avait confiées la Vierge.
En effet, tout pas fait dans le sens de cette nouvelle initiative, ne pouvait être considéré que comme une fuite dans le service et une impardonnable trahison. Toutefois sa fidélité à la Vierge Marie était plus forte et plus ferme que tous les obstacles.

C’est alors que, grâce à l’aide du Père Joseph et à celle de Sa Béatitude le Patriarche Bracco, son cas fut porté à Rome.
La Congrégation de Saint Joseph, ignorant la réalité de ces faits, estimait que tout cela n’était que le résultat d’un complot dont les filets avaient été tissés clandestinement. Elle croyait que la religieuse avait suivi ses idées propres et avait cédé à la tentation de rejoindre ses deux sœurs qui étaient dans la nouvelle congrégation.
Pour remédier à cette situation, la supérieure adressa une lettre au Saint-Siège par l’intermédiaire du Cardinal chargé des religieuses. Rome envoya, en réponse, un visiteur canonique comme intermédiaire entre les deux parties.
Le 12 septembre 1880, le Patriarche promulgua la dispense du vœu d’obéissance accordée à sœur Marie-Alphonsine. Lorsque le visiteur apostolique arriva en juillet 1883, il lui donna l’autorisation de s’incorporer à la troupe des vierges du Rosaire dont elle devint ainsi la dixième religieuse.
Dans une de ses visions, elle avait vu son nom écrit sur la dixième fenêtre de l’église que la Vierge lui avait fait voir.
Cette église avait la forme d’une fleur et possédait quinze fenêtres : son nom était donc associé à la Croix et à la mort du Christ, laquelle constitue le dixième mystère du Rosaire. Elle put finalement entrer dans son nouveau couvent et exprima ainsi sa joie :

"O jour bienheureux où j’ai pu parvenir à la véritable paix du cœur ! J’ai pu accomplir la volonté de mon Dieu et réaliser les ordres de ma Mère qui m’a comblée de grâces innombrables et infinies, et de cela je la remercierai toujours ardemment !"

Le 7 mars 1885, les novices prononcèrent leurs vœux très saints. Les deux sœurs Marie-Alphonsine et Catherine Abu Souan furent assignées à Jaffa de Galilée, un petit village qui comprenait des chrétiens appartenant aux diverses communautés chrétiennes : latine, grecque-orthodoxe, grecque-catholique, protestante.
Bien convaincue que la vraie éducation a son commencement et son terme dans la famille, et que la maman est la première et la dernière éducatrice, elle créa pour les mères chrétiennes un groupe particulier qu’elle appela " Confrérie du Rosaire". De même, elle fonda pour les jeunes filles des associations identiques.
Chaque fois que dans un village avait été accomplies toutes les étapes d’une telle fondation, elle était invitée ailleurs pour y ouvrir une mission semblable.
C’est ainsi qu’elle se rendit à Beit-Sahour, puis à Salt, à Bethléem, Aïn Kârem, Naplouse, Zababdeh et Jérusalem.
Lorsque le fondateur fut à sa dernière heure, Mère Marie-Alphonsine vint de Zababdeh à Nazareth pour faire ses derniers adieux à son père spirituel.
Seule à seul avec elle, il eut avant sa mort un dialogue spirituel au cours duquel il lui confia tout ce qui préoccupait son esprit et lui donna sa bénédiction en disant :

"Je suis angoissé à ton égard en pensant que tu vivras longtemps après ma mort. En effet tu rencontreras de nouvelles souffrances de la part de tes sœurs".

Elle lui répondit avec fermeté et générosité :

"Je ne m’inquiète pas de ces souffrances, je me suis sacrifiée pour le Rosaire. Tout ce que je désire, c’est votre béatitude dans la vie éternelle. Votre repos sera le mien".

Elle essuya une larme qui coulait sur sa joue et poursuivit :

"Notre Mère bien-aimée, que vous avez servie tout au long de votre vie, viendra et vous aidera à l’heure de votre mort".

En 1910, la Congrégation acquit à Aïn Kârem une propriété appartenant au père de sœur Alphonsine, située dans le prolongement de l’église de la Visitation.
Les responsables décidèrent en 1917 d’en faire un orphelinat et chargèrent la Mère Marie-Alphonsine de l’organiser. C’est ainsi qu’elle quitta Jérusalem pour son ancienne maison de campagne afin d’y consacrer ses dernières forces au service de la charité.
Mère Marie-Alphonsine eut dès lors la possibilité de reprendre sa vie contemplative. Elle demeurera clouée sur son lit jusqu’à sa mort, le 25 mars 1927.
Au moment où elle rendit son âme très pure, elle récitait le dernier "Ave" de la quatorzième dizaine du Rosaire, et c’était le jour de la fête de l’Annonciation. Le lendemain on transporta son corps dans la crypte de la Maison de Mamillah à Jérusalem où il fut inhumé dans le caveau de la Congrégation.
Peu de jours avant sa mort, Mère Alphonsine avait saisi l’occasion d’une rencontre avec sa sœur, Mère Hanneh Danil, pour lui dire en confidence :

"Après ma mort, va à tel endroit, tu y trouveras deux cahiers écrits de ma main, prends-les et remets-les au Patriarche Barlassina".

Le premier de ces cahiers était scellé à la cire rouge, il contenait le récit des apparitions.
Elle les fit donc parvenir au Patriarche qui, à cause de son ignorance de l’arabe, demanda à la Mère Augustine Arnita de traduire ces pages. Il rendit ces manuscrits originaux à la Supérieure Générale.
Les sœurs eurent à peine pris connaissance du contenu de ces deux cahiers qu’elles furent saisies de surprise et tout spécialement la Mère Hanneh.
Le temps était arrivé où la vérité devait éclater au grand jour et dissiper l’épais brouillard qui occultait la personnalité de Mère Alphonsine.
C’est alors que tout le monde comprit l’importance de la perte subie par la Congrégation avec la disparition de cette très humble religieuse qui était demeurée invisible à tous les regards pendant toutes ces années.
Maintenant les sœurs découvraient et comprenaient tous ses secrets. Ces pages révélaient aux sœurs la profondeur des racines de la Congrégation et son histoire authentique.
Le véritable fondateur de la Congrégation n’était donc pas le Père Tannous ni même la Mère Alphonsine, mais la Vierge elle-même.
Eux, n’étaient que deux instruments dociles entre les mains de la Sainte Mère de Dieu.
Si on peut établir une comparaison entre eux, il s’avère que Mère Marie-Alphonsine, en dépit de son silence et de son effacement au regard des autres, a une importance et une place plus considérable parce que c’est elle qui a reçu de la Vierge le patrimoine spirituel de la fondation, à savoir son nom, ses objectifs ultimes, ses règles et son esprit.
Par la suite on découvrit un vieux morceau de papier sur lequel Mère Alphonsine avait inscrit quelques notes spirituelles.
En les examinant attentivement elles nous révèlent une merveilleuse description des principes qu’elle avait adoptés tout au long de sa vie. C’est à son insu une vraie révélation d’elle-même. En voici quelques extraits :

1. "O Jésus, fais que je m’abandonne dans ton amour".

2. "L’amour est fort comme la mort. L’amour nous fait estimer la pauvreté, endurer la faim, le froid et nous réjouir des humiliations, accepter la maladie, résister à la tentation et supporter la persécution. L’amour nous pousse à aider le prochain dans tous ses besoins".

3. "Celui qui vit dans l’amour ne délaisse pas ses devoirs de piété au moment de l’aridité spirituelle mais il peut dire avec l’Apôtre : Qui nous séparera de l’amour du Christ ! (Rm 8,35) Quelle consolation pour l’âme que d’attirer les cœurs des autres vers l’amour de Dieu".

4. "Dans l’amour de Jésus et de Marie, on trouve le bonheur, la paix, la joie véritable et surtout la patience, et enfin le courage et la force".

5. "Il nous faut posséder une grande vertu pour pouvoir la faire partager aux autres".

6. "Le renoncement à soi-même amène de grandes grâces telles que le désir de la prière perpétuelle, la douceur du cœur, la joie intérieure, une vraie humilité et l’imitation de notre Divin Maître qui a vécu dans les lieux-mêmes où nous vivons".

7. "Remercions Dieu pour ces grâces que nous n’avons pas méritées et qui ne nous ont pas été données pour notre seul profit mais pour en faire profiter aussi les autres. Nous avons le devoir de progresser vers la sainteté et d’y entraîner tous nos frères dans le Christ".

Ainsi donc, Mère Alphonsine a bien résumé et décrit la vie que les religieuses du Rosaire devront mener. Un vie telle que celle qu’elle a elle même vécue et conçue à travers des visions qui étaient comme des prophéties éloquentes vues et entendues personnellement.

Elle dit :

" Ma Mère, la Vierge, m’a fait voir les Sœurs du Rosaire assidues au travail, chacune à sa place, et dans la tâche qui lui a été confiée. Il apparaissait dés lors clairement que la Congrégation du Rosaire consacrerait une grande part de ses efforts à la tâche de l’enseignement"

Elle ajoute encore :

"J’ai vu un autel orné en l’honneur de Notre Dame du Rosaire et une sœur qui était agenouillée devant récitant le chapelet.
Une autre sœur arrivait ensuite qui prenait sa relève et je voyais les sœurs en totalité pratiquer une obéissance parfaite en l’honneur des Mystères Joyeux de ma Mère Céleste, pratiquer la pauvreté absolue en l’honneur de ses Mystères Douloureux et pratiquer la chasteté et la pureté surnaturelle en l’honneur de ses Mystères Glorieux".

C’est tout cela donc qui porte la religieuse du Rosaire à appliquer l’article 3 des nouvelles constitutions de 1985, qui résume la spiritualité mariale de la Congrégation du Rosaire et dont nous extrayons les passages suivants :

"Nous accepterons, avec action de grâce, que nos vies deviennent de plus en plus conformes à.. (la vie du Christ) dans la joie, dans la douleur et dans la gloire, sous l’action des Mystères du Rosaire assidûment contemplés.
Nous nous laisserons guider par les exemples des vies de Mère Marie-Alphonsine et du Père Joseph Tannous, comme aussi de nos premières sœurs au temps de la fondation.
Nous nous efforcerons de reproduire les traits de leur spiritualité mariale : dans une noble et évangélique simplicité de vie, un sens religieux et familial de l’entraide en communauté fraternelle, une persévérance inlassable dans la prière filiale et confiante, une prévenance active dans le service joyeux du prochain, un consentement serein et généreux aux sacrifices dans le zèle apostolique."

Dans l’une des visions, Mère Alphonsine s’était vue en compagnie de la Vierge Marie, qui la tenait par la main et la conduisait vers le ciel ; elle planèrent ainsi au dessus du Jourdain puis descendirent sur la rive orientale.
Conformément à cette vision, elle restera là-bas à travailler pendant plusieurs années.
La Vierge ne la quittait pas si bien qu’elle obtint des fruits spirituels extraordinaires.
C’est à partir de cela que l’on fixa pour la Congrégation, dès son début, une zone précise pour le rayonnement apostolique :

"A partir de Jérusalem et de la Terre Sainte, nous...(aurons) à annoncer l’Evangile au Nom de Notre Seigneur Jésus-Christ parmi les populations de langue arabe du Proche Orient.
Notre Congrégation doit être et demeurer exclusivement orientale, et ne recevoir que des filles chrétiennes de langue arabe.
Effectivement, outre le service des missions dans les paroisses du Patriarcat latin et d’autres diocèses latins, nous participons dans toute la Région, à l’éducation des jeunes filles par la catéchèse, l’enseignement académique et professionnel.
Dans les établissements scolaires dont nous avons la charge nous participons aussi à des œuvres post-scolaires et sociales ainsi qu’au soin des malades dans les hôpitaux et les dispensaires." (Cst., § 4).

"Canoniquement, notre Congrégation des Sœurs du Rosaire de Jérusalem est une congrégation religieuse de droit pontifical à vœux simples, de rite latin, dépendant de la Sacrée Congrégation pour les Eglises Orientales. La Maison Généralice est à Jérusalem." (Cst., § 5).

"L’Eglise a confié tout spécialement aux Sœurs du Rosaire le travail apostolique de bienfaisance comme un service très saint et comme une œuvre très spéciale de miséricorde. Ceci, en s’occupant de confréries d’enfants et de jeunes et aussi en propageant le culte divin et la dévotion à Notre Mère la Vierge Marie." (cf. § 107-115 des Constitutions)

III - La Congrégation du Rosaire aujourd’hui

En 1985, la Congrégation du Rosaire a célébré le centenaire de sa fondation. Voici les petits germes que le Père Tannous avait semés dans la Terre Sainte de Jérusalem il y a cent ans, en conformité avec ce que la Vierge avait commandé à Mère Marie-Alphonsine.
Ces germes sont devenus aujourd’hui un arbre immense qui étend ses branches dans plusieurs pays et qui porte des fruits remarquables.
La Congrégation est en premier lieu une institution vouée à l’enseignement et à l’éducation. C’est pourquoi, dans ces deux domaines, elle assume la direction de plusieurs écoles possédant tous les niveaux : du jardin d’enfant jusqu’au cycle secondaire inclus.
La Congrégation rend aussi d’autres services sociaux comme l’enseignement de la couture, de la dactylographie et l’accueil des pèlerins.
Au plan humanitaire, les Sœurs du Rosaire travaillent dans des hôpitaux, des dispensaires, des asiles de vieillards, des orphelinats et s’occupent des enfants, garçons et filles, issus de familles désunies, en coopération avec le ministère des Affaires Sociales local.

Depuis que les sœurs sont devenues Congrégation Pontificale, elles ont à Rome, capitale du Catholicisme, une maison importante dont l’objectif est la représentation de la Congrégation auprès du Saint-Siège.
La direction de la Congrégation s’occupe de former les sœurs dans divers spécialisations ; elles sont envoyées dans des universités arabes, américaines et européennes. Les sœurs qui le souhaitent peuvent se spécialiser dans des études académiques diverses, dans les domaines de la santé et des arts.
La Congrégation a aussi des objectifs œcuméniques car elle s’adonne à des services où l’appel à la pratique de la charité ne fait pas de différences entre rites ou confessions, tant dans le domaine de l’éducation que celui de la santé.
Les établissements scolaires, qu’ils se trouvent dans les villes, dans les villages ou dans les campagnes isolées, rassemblent des élèves de toute religion, conviction et race.

Entre autre, la Congrégation collabore avec les différents rites chrétiens, là où l’appelle le devoir de la charité et le service. Dans le domaine de la santé, les Sœurs du Rosaire travaillent dans les hôpitaux qui dépendent d’organisations diverses, de rites et de confessions variées tant pour les hôpitaux gouvernementaux que privés.
C’est ainsi qu’une sœur a collaboré avec la Croix Rouge libanaise. Un autre sœur a travaillé, durant les années 1981-1984, dans les dispensaires et les centres de maternité et de l’enfance, dans des villages isolés de Jordanie (Kharbat-al-Wahadna, à Assmou’ et à Malka, dans les circonscriptions d’Irbid et Ajloun).
Les sœurs ont été appelées en 1911 à diriger l’école grecque-catholique à Khabab en Syrie. Mais la durée de cette école fut courte car les autorités ottomanes la fermèrent en 1916 pendant la première guerre mondiale.
En 1947, les sœurs furent appelées à coopérer avec l’ordre franciscain pour diriger l’école de la localité de al-Qnaiyya. Elles continuèrent cette œuvre jusqu’en 1950 où elles furent transférées à l’école de Lattaquié où elles restèrent jusqu’en 1958, date où il ne fut plus possible à la Congrégation de poursuivre ce travail à cause du petit nombre des sœurs.
Voici que cette année la Congrégation reprend du service dans cette région car les Pères Franciscains lui ont proposé de travailler avec la jeunesse à Lattaquié.
Les sœurs ont été également appelées au Liban depuis 1930 pour travailler avec la communauté maronite, grâce aux efforts déployés par le Père Elias al-Bajany, natif de la petite ville de Qornet al-Hamrah. Elles ont répondu à cet appel après avoir obtenu le consentement du patriarche de Jérusalem Louis Barlassina et de Mgr. l’évêque Paul Awwad.
Depuis ce temps, les sœurs n’ont pas cessé de travailler avec sérieux et dynamisme, et elles ont connu un continuel développement.

IV - Maisons et centres de la Congrégation

A - En Terre Sainte (Galilée, Cisjordanie, Territoire de Gaza)

1 - Jérusalem-Vieille-Ville : un dispensaire.
2 - Jérusalem-Mamillah : école primaire des sœurs ; Pensionnat de filles dont les parents sont séparés, sous l’autorité du Ministère des Affaires Sociales ; hôtellerie pour les pèlerins.
3 - Aïn Kârem : pensionnat de garçons dont les parents sont séparés, sous l’autorité du Ministère des Affaires Sociales.
4 - Bethléem-Ras Fteis : école primaire des sœurs ; foyer pour les aspirantes à la vie religieuse.
5 - Bethléem-le Carmel : en construction : un couvent d’accueil pour des aspirantes.
6 - Beit Hanina-Jérusalem : maison généralice ; noviciat ; maison des sœurs anciennes ; école secondaire ; résidence des sœurs étudiantes ; Atelier et centre d’enseignement de la couture.
7 - Beit-Sahour : mission du patriarcat latin.
8 - Beit-Jala : mission du patriarcat latin.
9 - Aboud : mission du patriarcat latin.
10 - Gifna : mission du patriarcat latin.
11 - Bir-Zeit : mission du patriarcat latin.
12 - Taybeh : mission du patriarcat latin.
13 - Rameh : mission du patriarcat latin.
14 - Reneh : mission du patriarcat latin.
15 - Jaffa de Nazareth : mission du patriarcat latin.
16 - Rafidia : mission du patriarcat latin.
17 - Zababdeh : mission du patriarcat latin.
18 - Gaza : mission du patriarcat latin.
19 - Haïfa : mission du patriarcat latin (jardin d’enfants et hôtellerie).
20 - Gish : mission du patriarcat maronite.

B - Rive Orientale (Jordanie)

1 - Amman-Shemeisany : école secondaire des sœurs.
2 - Amman-Djabal-Amman : école préparatoire des sœurs.
3 - Amman-Misdar : école préparatoire des sœurs ; centre des aspirantes à la vie religieuse ; centre d’enseignement de la couture ; école secondaire du patriarcat latin sous la direction des sœurs.
4 - Amman-Lweibdeh : mission du patriarcat latin ; centre professionnel de secrétariat sous la direction des sœurs.
5 - Amman-évêché : mission du patriarcat latin.
6 - Amman-Marka : mission du patriarcat latin.
7 - Al-Hosson : mission du patriarcat latin.
8 - Ajloun : mission du patriarcat latin.
9 - Ermémine : mission du patriarcat latin.
10 - Fuheis : mission du patriarcat latin.
11 - Salt : mission du patriarcat latin ; centre socio-professionnel Saint Vincent sous la direction des sœurs.
12 - Naour : mission du patriarcat latin.
13 - Mafraq : mission du patriarcat latin.
14 - Zerka Sud : mission du patriarcat latin.
15 - Madaba : mission du patriarcat latin.
16 - Smakieh : mission du patriarcat latin.
17 - Kérak : mission du patriarcat latin.
18 - Aqaba : école primaire et centre d’enseignement de la couture appartenant à la Congrégation.
19 - Irbed-école : école secondaire et centre des jeunes filles indigentes appartenant à la Congrégation.
20 - Irbed-hôpital : hôpital des sœurs.

C - Liban

1 - Qornet al-Hamra : école secondaire des sœurs.
2 - Jbeil-école : école secondaire des sœurs.
3 - Mountazah : école secondaire des sœurs.
4 - Jbeil-évêché : foyer pour étudiantes universitaires et jeunes ouvrières, appartenant aux sœurs.
5 - Beit-Méry : maison des postulantes.
6 - Mazraat-Kfar-Dhoubiân : centre professionnel de la couture et de dactylographie appartenant aux sœurs.
7 - Beyrouth-hôpital : hôpital Haddad du Rosaire, appartenant aux sœurs.
8 - Sinn el-Fil : école préparatoire des sœurs ; école du Cœur de Jésus appartenant au diocèse maronite, sous la direction des sœurs.
9 - Jbeil : Hôpital "Notre Dame du Perpétuel secours" de la Congrégation Libanaise Maronite.
10 - Qaaqour : mission du diocèse maronite.
11 - Aïn Dara : mission du diocèse maronite.
12 - Abdine : mission du diocèse maronite.

D - Golfe Arabique

1 - Koweït : école secondaire des sœurs. 2 - Abou Dhabi : école secondaire des sœurs. 3 - Chardja : école primaire (programme anglais), appartenant aux sœurs

E - Italie

1 - Rome : Procure de la Congrégation et maison pour dames âgées.

La maison généralice se trouve maintenant à Beit Hanina-Jérusalem, elle se trouvait précédemment à Mamillah-Jérusalem.

Ouverture d’une nouvelle Maison en Egypte, au Caire, le 19 octobre 1991. (note du père J.M. M.)

V - Nom des supérieures générales et nombre de religieuses

Nom Durée du supériorat Dates de naissance et de décès
1 - Mère Hanneh Ghattas 1891 - 1902
1907 - 1917
1858 - 1931
2 - Mère Philomène Abis 1902 - 1907 1855 - 1920
3 - Mère Warda Moammar 1917 - 1920 1868 - 1929
4 - Mère Joséphine Abou Souane 1920 - 1942 1872 - 1942
5 - Mère Anounciata Iskander 1942 - 1947 1881 - 1951
6 - Mère Emilie Ishac 1947 - 1953 1884 - 1976
7 - Mère Anastasie Tomb 1953 - 1968 1905 - 1968
8 - Mère Dominique Fakhoury 1968 - 1981 1914 -
9 - Mère Denise Abou Rayya 1981 - 1987 1920 -
10 - Mère Esther Barakat 1987 - 1924 -

Le nombre total des sœurs professes est de 292, et se répartit comme suit :

- Sœurs de vœux perpétuels : 269
- Professes de vœux temporaires : 23
- Sœurs novices : 4
- Postulantes : 4

Répartition des sœurs :

- par nationalité : Palestiniennes : 67 Jordaniennes : 114 Libanaises : 93 Syriennes : 18

- par rite d’origine : Latines : 136 Grecques-catholiques : 38 Grecques-orthodoxes : 28 Maronites : 90

Bibliographie

- P. Pierre Duvignau, Vie du Patriarche Valerga, Jérusalem 1972.
- P. Georges Batih, Les Chrétiens de Palestine dans l’Empire Ottoman, Rome 1963.
- S.B. le Patriarche Beltriti, Le Chanoine Joseph Tannous, Bulletin du diocèse du patriarcat latin, N° 9 et 10, Imprimerie du patriarcat latin, Jérusalem 1960.
- Aref al-Aref, Extrait de l’histoire de Jérusalem, Jérusalem 1986.
- Constitution des Sœurs du Rosaire de Jérusalem, Imprimerie al-Iqtisadiyya, Amman 1985.
- Règles des Sœurs du Rosaire, Jérusalem 1897.
- Parfum des roses dans la Congrégation du Rosaire à l’occasion de son jubilé de diamant : 1885-1960, Jérusalem 1960.
- P. Pierre Duvignau, La Mère Marie-Alphonsine "un Lys Sacré", traduit du français par le P. William Shomaly, Jérusalem 1979.
- La Rose Sacrée à l’occasion du jubilé d’or des Sœurs du Rosaire 1885-1935, Beyrouth 1935.
- Document manuscrit du P. Elias al-Bajany, en vue de l’ouverture du couvent de Qornet al-Hamra, 1930.
- Actes des Chapitres de la Congrégation et documents officiels (Archives, Beit Hanina).
- P. Joseph Amchity, Le Lys de Joseph, Jérusalem, 1926.