L’habit sorti de l’armoire – journée d’étude à Louvain (Belgique)

Picture: 
journée d’étude à Louvain (Belgique)
Body: 

Le vendredi 16 décembre 2016, à Louvain, une journée d’étude a réuni environ 120 personnes, frères, sœurs, membres et amis de la famille dominicaine aux Pays-Bas et en Flandre (Belgique). Trois entités l’avaient organisée : la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université catholique de Louvain, et la famille dominicaine des Pays-Bas et de Belgique. Le thème était : « Het habijt weer uit de kast. Botsing of ontmoeting tussen generaties in dominicaans perspectief » : L’habit sorti de l’armoire. Choc ou rencontre entre les générations, dans une perspective dominicaine.

Huit personnes y ont pris la parole : deux théologiens de la Faculté et six membres de la famille dominicaine.

Selon le frère provincial des Pays-Bas, René Dinklo, il faut toujours chercher à découvrir l’esprit commun entre les différentes générations de frères, le lien réel qui en effet les unit. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas, parfois, de conflits entre les générations.

Dans son exposé, le fr. Bernard De Cock (du vicariat flamand) a rappelé un moment difficile dans la province flamande, quand des vues différentes entre ‘jeunes’ et ‘vieux’ se faisaient jour, dans une communauté, dans les années 75-76 : « l’engagement pour la prière et la recherche de la vérité évangélique n’ont pas conduit à une rupture ».

La prieure générale des sœurs dominicaines de Béthanie (Venlo) Sr. Sara Böhmer redisait que dans les moments difficiles, les sœurs ont pu sauvegarder quelques idées fondamentales : rester ouvert pour l’autre, ne jamais désespérer d’une personne. Cette inspiration du père J.-J. Lataste, qui rappelle l’engagement de St. Dominique, continue à les guider. 

Qu’est-ce l’on veut dire lorsque l’on parle d’une théologie dominicaine ? Le fr. Olivier Riaudel a présenté quelques éléments de réflexion, en se référant à des textes d’autres frères, dont le maître de l’Ordre.  D’après ces frères, on peut vraiment parler d’une théologie dominicaine. C’est selon eux une théologie de la prédication. Elle se réfère à la nécessité de faire connaître le mystère de Dieu. La prédication dominicaine est aussi « une prédication de la grâce » et finalement elle est aussi une « théologie en dialogue ».

Fr. Richard Steenvoorde, frère étudiant de la province des Pays-Bas s’est posé la question : « Qu’est-ce qu’un dominicain peut annoncer dans la société actuelle ? » Sur ce point, l’exemple de saint Dominique peut nous aider. Dans sa vie, il restait toujours ouvert pour de nouveaux défis. Il faisait précéder sa prédication par la méditation. Et il allait vers les gens pour les rencontrer. Dans un temps, où nombreux sont ceux qui se sentent  déracinés, à plusieurs niveaux parfois, il nous faut bien comprendre ce désarroi et tâcher de rouvrir  le trésor de la Bible et de la tradition. Il  nous faut renforcer notre « réseau intellectuel », et ainsi vivre pleinement la devise « contemplare et contemplata aliis tradere ».

Pour bien comprendre la théologie du frère E. Schillebeeckx il faut bien connaître la formation dominicaine, tant spirituelle qu’intellectuelle. Le professeur Stephan Van Erp, de la faculté de Louvain, a illustré cela dans sa contribution : « L’équilibre dans la fraternité. La grâce de la diversité dans la théologie d’Edward Schillebeeckx ».

Un jeune théologien flamand, Anton Milh, s’est demandé ce que la spiritualité dominicaine peut offrir pour une pastorale des jeunes. S’inspirant dans la théologie du P. Schillebeeckx  il mentionne en premier lieu la « rencontre personnelle avec le Christ ». Il se réfère aussi à une étude du Père S  Gillet, en rappelant les transcendentalia (vérité, beauté et bonté)  pour développer ensuite comment ces trois valeurs peuvent aider les jeunes. Il conclut en rappelant que si saint Dominique a pu convertir l’aubergiste, c’est par la rencontre et le dialogue.

Erik Borgman, professeur de théologie et laïc dominicain a conclu la rencontre en commentant ce passage : « ne prends pas de sac pour la route ». « Il faut voir la vie dominicaine comme une vie qui commence toujours ». Témoignant de sa propre vie, il disait : « Sans les dominicains je n’aurais jamais pu faire mon travail théologique de la même manière ». La vocation dominicaine est une vocation qui demande de se mettre toujours en route, et de « conserver dans notre cœur le souci du règne de Dieu ».

Ces communications ont été rassemblées en un livre, dont le maître de l’Ordre, le frère  Bruno Cadoré a écrit l’introduction, sous forme de lettre.

«Stephan van Erp & Anton Milh (red).  Het habijt weer uit de kast. Botsing of ontmoeting tussen generaties in dominicaans perspectief. Dominicanen Leuven, 114 pages, 2016. Une édition en français est en préparation.

 

(30 décember 2016)