Ordination épiscopale du fr. Jean-Paul Vesco

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Le Journal La Vie donne la parole au fr. Jean-Paul, avant son ordination épiscopale à Oran le 25 janvier.

■ Le signe de l’Église catholique d’Algérie
Le 25 janvier prochain, Jean-Paul Vesco sera ordonné évêque d’Oran, en présence du cardinal Barbarin, évêque consécrateur principal. « Il est souvent demandé, s’exprime Jean-Paul Vesco à la veille de cette ordination, s’il est bien nécessaire de maintenir une structure ecclésiale, et donc des évêques, dans une Église composée d’un tout petit nombre de chrétiens. À cette question, Jean Paul II avait répondu en s’adressant en 1986 aux évêques de la Conférence épiscopale du Maghreb : “Au fond, vous vivez ce que le Concile dit de l’Église. Elle est un sacrement, c’est-à-dire un signe, et on ne demande pas à un signe de faire nombre mais de faire signe.” Cinquante ans après le Concile, dans un contexte de choc des cultures et des religions, cette réponse est toujours plus d’actualité. »

 Le fr. Jean-Paul

Ancien avocat, prieur de la Province Dominicaine de France, Jean-Paul Vesco revient, à la veille de son ordination comme évêque d’Oran, sur son itinéraire, succession d’actes d’obéissance vécus dans la liberté.

C’était en 2002. Je venais d’arriver en Algérie, encore habité par les deux années passées à Jérusalem pour étudier les Écritures. Les premiers jours à Alger, dans l’appartement un peu délabré des dominicains, ont été éprouvants. Au point, un matin, de me dire : « Je me suis peut-être trompé, ce n’est pas ma voie. » Ce jour-là, saisi par un méchant doute, je ne voyais pas comment j’allais pouvoir sortir de mon lit. C’est alors que j’ai saisi un livre de sœur Emmanuelle qui traînait sur une étagère à portée de main. Sur la quatrième de couverture, une phrase a retenu mon attention : « Il est des missions impossibles qui contre toute attente réussissent. » Mystérieusement, ces mots m’ont remis instantanément sur pied et j’ai alors tout aimé de l’Algérie. La journée a été belle et toutes les autres journées ont été à l’avenant.

J’ai grandi à Lyon dans une famille de trois garçons. Ma mère, infirmière, et mon père, assureur, ont veillé à nous transmettre une éducation catholique. J’ai passé ma scolarité chez les maristes, où je me suis construit intellectuellement et spirituellement. Même si la foi n’était pas centrale à la maison, à l’adolescence, toutes les bases étaient posées pour qu’un jour une rencontre personnelle puisse se produire.

Mon adolescence, justement, a été traversée par une profonde quête d’idéal, qui a pris plusieurs formes : ma passion pour la montagne, le syndicalisme étudiant et l’engagement politique. Mais cette soif d’absolu, c’est surtout à travers ma vocation d’avocat que je voulais l’assouvir. J’avais 13 ans la première fois que j’ai pénétré dans l’enceinte d’une cour d’assise. Saisi par son atmosphère, je me suis mis à hanter les tribunaux. À cette époque, mon héros était Robert Badinter, dont je partageais le combat pour l’abolition de la peine de mort. Je le revois encore au procès de Patrick Henry descendre les marches du palais de justice, avec tout le poids de l’opprobre sur ses épaules. Moi aussi, je voulais vivre cela, être cela.

Mes études achevées, j’ai rejoint un cabinet d’affaires à Lyon, dont j’ai contribué à ouvrir un bureau secondaire à Paris, où j’ai finalement décidé de fonder le mien. Malice de la providence, c’est au 223, rue du Faubourg-Saint-Honoré que je l’ai installé, ignorant qu’en face, au 222, les dominicains, dans leur couvent, cherchaient ce Dieu que je tenais alors à la périphérie de ma vie.

■  Les conseils du fr. Jean-Paul pour vivre libre

1) Recherchez la vérité
« La vérité vous rendra libres », nous dit Jésus dans l’Évangile de Jean (8, 32). Donnez-vous les moyens de discerner et de rechercher la vérité en toutes circonstances même quand celle-ci risque d’apparaître contraire à vos souhaits ou vos projets. On ne gagne jamais longtemps contre la vérité. On ne perd jamais quand on se trouve dans la vérité.

2 Désarmez vos peurs
La peur est un ennemi redoutable pour notre liberté intérieure. Depuis la mort du Christ sur la croix et sa résurrection d’entre les morts, le tragique ne peut plus faire partie de notre horizon. Désarmer notre peur est souvent une question de juste distance à trouver face à l’épreuve afin de pouvoir être au plus près de notre vie sans se laisser submerger par l’angoisse.

3 Soyez obéissants
La liberté n’a pas grand-chose à voir avec le fait de faire ce que l’on veut. Elle a bien davantage à voir avec le fait de vouloir ce que l’on fait. De ce retournement provient la liberté intérieure offerte par le vœu religieux d’obéissance et aussi par la fidélité aux grands engagements de nos vies. Avoir conscience de recevoir sa vie d’un autre et de n’avoir à notre tour rien d’autre à faire que la donner généreusement, sans mesure, est le plus sûr chemin vers la liberté imprenable.

Accéder au site de la Vie... (Inscription gratuite au site nécessaire pour lire les articles dans leur intégralité. L'entretien est mené par Charles Wright)

Photos de l'ordination épiscopale du fr. Jean-Paul Vesco - https://plus.google.com/photos/117414620827972923763/albums/583878881754...