Session d’études dominicaine sur les métamorphoses de la famille

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Session d’études dominicaine sur les métamorphoses de la famille
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La communauté dominicaine d’Emaphetelweni à Pietermaritzburg en Afrique du Sud s’est réunie du 13 au 17 juillet 2015  une session d’études sur le thème “Les métamorphoses de la famille”. Seize frères du Vicariat Général d’Afrique australe, la plupart étudiants à l’Institut théologique Saint-Joseph de Cedara, ont pris part à cette rencontre dans un esprit fraternel, en manifestant leur intérêt pour les exposés à mesure qu’ils étaient présentés. L’initiative est née du désir de développer le goût de la recherche et du travail critique chez les étudiants dominicains pour mieux les préparer à leur ministère futur. Elle venait aussi en réponse à l’appel du pape François de préparer le synode sur la famille par un débat à tous les niveaux de l’Église.  De nos jours la famille rencontre de nombreux défis. Ils concernent autant le modèle de famille, qui change et se diversifie, et les difficultés d’ordre culturel et socioéconomique que rencontrent les familles aujourd’hui. 

La session a permis aux frères de développer entre eux un sentiment d’unité alors qu’ils présentaient leurs travaux au terme d’un temps de lectures, de recherche sur Internet et d’interviews. L’esprit de communion fraternelle était présent dans les discussions souvent passionnées qui suivaient les exposés. L’esprit de saint Dominique a stimulé les frères à aborder les questions qui agitent les familles aujourd’hui, y compris dans la communauté dominicaine, miroir de la famille universelle, et à examiner les facteurs qui entravent le développement de ces familles. La session a traité de nombreux sujets parmi lesquels « la famille sous pression », « les formes changeantes de la famille en Afrique », « la famille dans les grandes religions », « familles et liturgie », « l’aide aux familles en souffrance » et « les comportements familiaux à l’heure des nouveaux médias ».  Au cours de la session il est apparu clairement que le modèle traditionnel de la famille est en question. On observe l’abandon des structures traditionnelles de la famille, qui sont généralement conservatrices, au profit de modèles familiaux divers et ouverts au changement. Ces mutations peuvent être considérées, cinquante ans après Vatican II, comme un signe des temps. Conscients du fait que toute culture et toute tradition sont dynamiques, les participants ont pris conscience de vivre un temps de changement au cours duquel des courants conservateurs s’opposent aux appels au renouveau et à la modernité. La dichotomie entre la société telle qu’elle est et les positions de l’Église catholique sur des sujets tels le mariage de personnes du même sexe, le divorce, la contraception ou d’autres sujets encore ne peut être ignorée. Elle révèle une tension entre les valeurs morales et le changement culturel. La manière dont l’Église, les cultures et les traditions répondent au changement demande à être étudiée davantage. 

fr. Isaac Mutelo, o.p.,  étudiant en théologie, Emaphetelweni Dominican Community,  Pietermaritzburg, Afrique du Sud

 

(10 août 2015)