Sœur Miriam, la dominicaine qui a permis de découvrir l’ADN

Picture: 
Sister Miriam (December 24, 1913 – June 17, 2002)
Body: 

Originaire de l'État du Michigan aux États-Unis, sœur Miriam est une chercheuse en cancérologie de premier plan, une éducatrice et une conférencière.

La découverte de l’ADN, ou acide désoxyribonucléique, est une étape primordiale dans la compréhension du métabolisme des êtres vivants. La molécule de l’ADN se trouve dans chacune des cellules des organismes vivants et contient les instructions génétiques permettant le développement et la reproduction : c’est le support matériel universel de l’hérédité.

Le mérite de la découverte de l’ADN à double hélice est attribué au biologiste américain James Watson, au physicien britannique Francis Crick et au biologiste néo-zélandais Maurice Wilkins. Mais ces illustres scientifiques n’auraient pas remporté leur prix Nobel de physiologie en 1962 sans le travail précurseur de leurs confrères et consœurs, dont Rosalind Franklin et sœur Miriam Michael Stimson.

Une carrière aussi brillante que méconnue

Sœur Miriam (24 décembre 1913 – 17 juin 2002) est une religieuse dominicaine, professeur de chimie à l’Université de Siena Heights, dans la petite ville d’Adrian dans le Michigan. Femme d’exception, elle fait une carrière aussi brillante que méconnue. Suite au succès de ses premières recherches sur les cellules, sœur Miriam est invitée à donner une conférence à la Sorbonne, à Paris. C’est la deuxième femme à y avoir été reçue en tant que conférencière, après Marie Curie.

Sœur Miriam a également participé à la création de la préparation H, une crème permettant de soulager les symptômes des hémorroïdes. Elle met en place un laboratoire à l’Université Siena Height en 1939, où elle effectue des recherches en cancérologie pendant plus de trente ans. Sœur Miriam y ouvre également un master de recherche, ainsi qu’un programme de conseil en toxicomanie.

Mais ce sont surtout ses travaux sur la corrélation entre la structure de l’ADN et l’origine de certains cancers qui marquent la postérité. Dans son livre L’âme de l’ADN, son biographe Jun Tsuji raconte :

    « La méconnaissance de l’ADN empêchait les scientifiques de comprendre l’origine du cancer, et par conséquent de développer des traitements efficaces. Au début des années 1950, le corps scientifique, alors dominé par des hommes (…) a dévoilé une première proposition de structure de l’ADN : une structure tridimensionnelle en forme de double hélice. Cependant, les bases de l’ADN ne se complétaient pas, leur structure était erronée.

Sœur Miriam ose proposer un modèle différent de ceux suggérés jusqu’alors. En utilisant du bromure de potassium pour préparer l’ADN et en menant une analyse par stéréoscopie infrarouge, sœur Miriam développe avec succès un procédé chimique qui permet d’identifier et d’associer de façon certaine et complémentaire les différentes bases de l’ADN. »

Pour sœur Miriam, son travail scientifique est un moyen de découvrir la vérité, et donc de se rapprocher de Dieu. L’exceptionnelle complexité de l’ADN ne peut en effet que susciter des interrogations métaphysiques. C’est ainsi que la découverte de l’ADN a permis à Anthony Flew, philosophe athée, d’affirmer l’existence de Dieu dans son ouvrage Il y a un Dieu :

« Je pense que le matériel ADN a montré, par la complexité incroyable des dispositions qui sont nécessaires pour produire la vie, qu’une intelligence doit avoir été impliquée pour permettre à ces éléments extraordinairement divers de travailler ensemble. La réunion de ces deux parties au bon moment et par hasard est simplement miraculeux. La complexité par laquelle ces résultats ont été obtenus, me semble être le travail d’une intelligence divine. »

Une manière de dire que la connaissance scientifique mène à Dieu si l’on reste humble et ouvert à l’amour.

Jean Elizabeth Seah       

 

(10 septembre 2017)