Une convention de souscription pour la rénovation du couvent dominicain de Rangueil

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Couvent dominicain de Rangueil
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La province dominicaine de Toulouse, la Fondation du patrimoine et l’association Lacordaire ont signé ce lundi au couvent Saint-Thomas-d’Aquin à Rangueil, une convention de souscription pour la rénovation des bâtiments du couvent.

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Est-ce la providence, si chère à frère Olivier, un des responsables de la communauté dominicaine de Saint-thomas-d’Aquin, qui a permis la signature de la convention pour la rénovation du couvent, ce lundi? En partie, certainement, mais il a bien fallu toute la mobilisation de la congrégation avec laide précieuse de lassociation Lacordaire pour faire venir à leurs côtés dans ce projet la Fondation du patrimoine.

Un bâtiment grandiose et moderne

Cette année, le couvent Saint-Thomas-d’Aquin, classé monument historique depuis 2007, fête ses 60 ans. L’immense bâtiment a été construit entre 1954 et 1957 sur des terres maraîchères, tout près des terrains qui accueilleront quelques années plus tard l’université Paul-Sabatier, à Rangueil.

« Il fallait oser, à l’époque, s’installer en pleine campagne », explique frère Olivier, rappelant que les dominicains revendiquent historiquement leur implication au cœur de la cité. Et, plus particulièrement, dans celle de Toulouse où en 1215 s’est établi Saint Dominique qui a fondé, dans la maison Seilhan, place du Parlement, l’ordre des Prêcheurs.

Il fallait oser, aussi, construire ce bâtiment grandiose et moderne de 15000 m2 en béton brut destiné à accueillir 150 frères. Résolument inspirés par le travail de Le Corbusier, les architectes toulousains Pierre et Joachim Génard associés à Jean Auproux, ont inscrit leur projet dans la vague du renouveau de l’art sacré. Des artistes comme Henri-guérin, Dom Ephrem, Carlos Pradal ou le street artiste Centaure ont par la suite contribué à célébrer le dialogue avec l’art, si important pour les dominicains.

Bois et béton usés

Mais, aujourd’hui, le temps a fait son œuvre, le béton et le bois des 3500 vitres, sont particulièrement usés. « Les architectes nous avaient prévenus et il est temps de faire des travaux pour continuer à l’habiter, avant qu’il ne soit trop tard », déclare frère Olivier, assis entre Bernard Cassagnet de la Fondation du patrimoine et Jacques Desblancs de l’association Concordaire, signataires de la convention. 

Le coût des travaux est estimé à 320000 euros, avec une priorité donnée aux fenêtres et à lisolation thermique. La rénovation des murs et des 200 pare-soleil en béton armé de la façade sud suivront. L’État a déjà financé une partie des travaux qui ont commencé, à hauteur de 64000 euros, et frère Olivier compte boucler 40 % du budget « dici cinq mois » grâce à la convention de souscription. La communauté a déjà déposé le permis de construire et fait appel à Raphaël Blohorn, architecte du patrimoine.

La rénovation des façades sera suivie par la fondation du patrimoine, et le toit, dont la partie détruite par l’explosion d’AZF a été refaite, fera aussi l’objet de travaux, dans une autre phase du projet, plus tard.

Pour l’heure, il est surtout question de préserver la salubrité de l’impressionnante bibliothèque de quatre étages, et du couvent où vivent 50 dominicains. L’église, qui accueille chaque dimanche 600 fidèles, a, il y a quelques années, connu une restauration de son éclairage, et son cloître verra l’intervention d’ouvriers pour sa rénovation.

Un chantier de longue haleine... mais nul doute que la providence guidera cette fois encore frère Olivier et ses partenaires dans leur œuvre de préservation de cet écrin de béton.

MATHIEU QUINTARD

 

(19 décembre 2017)