Visite apostolique du pape François en République Centrafricaine

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 Visite apostolique du pape François en République Centrafricaine
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« Qu'ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de la bonne nouvelle qui annonce le salut » (Is 52, 7). Ce verset biblique est un écho au son de cloche qui retentit encore à Bangui, la capitale de la République Centrafricaine, au lendemain de la visite apostolique de deux jours du Pape François, dimanche 29 et lundi 30 novembre 2015, nous dit notre frère Marcel AGALANI de la maison saint Dominique de Bangui. Le peuple centrafricain était inquiet voire pessimiste à un certain moment quant à la réalisation effective de cette visite tant attendue. Mais quand le moment est venu, il s’est levé comme un seul homme pour offrir un accueil chaleureux et un séjour agréable au Saint Père. Le frère Marcel nous partage l’immense joie de cet événement mémorable dans lequel la Famille dominicaine de Bangui s’est beaucoup impliquée.

Les gens sont venus de partout, du nord au sud, de l’est à l’ouest, ces pèlerins catholiques, protestants, musulmans et autres, pour vivre de leurs yeux cet évènement rare et spécial. Ce sont donc des Centrafricains sans distinction d’ethnies et de religions qui se sont sentis concernés par cette visite du Pape ; en témoigne le nombre de personnes massées au bord de la route allant de l’aéroport au palais présidentiel et du palais présidentiel à la nonciature, pour saluer le passage du Pape.

Que dire de la grande mobilisation et du nombre impressionnant de personnes qui ont pris d’assaut l’esplanade de la Cathédrale Notre Dame de l’Immaculée Conception de Bangui pour prendre part à la grande veillée organisée en le 29 novembre, jour d’ouverture de la première « porte sainte » du Jubilé de la Miséricorde ? Cette veillée s’est déroulée à la suite de la messe pontificale présidée par le Saint Père en ladite cathédrale devant un parterre d’évêques, de prêtres, de religieux, de religieuses et de laïcs venus de tout le pays, de toute la sous-région d’Afrique centrale et du monde entier.

Que dire enfin de ce stade rempli d’environ 30 000 personnes, de cette foule de plus de 20 000 autres personnes massées autour du stade Barthélémy Boganda, devant les écrans géants, et de toutes ces personnes venues ce 30 novembre - jour de la fête de l’apôtre saint André - vivre intensément ce moment de grâce ponctuée par la célébration eucharistique qui constituait la dernière étape de cette visite apostolique du pape François ?

Dans son homélie le pape François a exhorté tous les centrafricains à « passer de l’autre rive ». Autrement dit, à sortir du cercle vicieux de la haine, de la violence et de la vengeance, qui habite encore le coeur de certains, pour emprunter résolument le chemin de la réconciliation, de la justice et de la paix. Dans une dynamique oecuménique et interreligieuse, il a invité tous les croyants « au devoir de paix et de fraternité » car dit-il, « aucune religion, au Nom de Dieu, ne saurait prêcher la violence et la haine du prochain». Le Saint Père avait déjà concrétisé cette invitation au vivre-ensemble en rencontrant les protestants à la Faculté de Théologie et d’Etudes Bibliques (FATEB) et les musulmans à la mosquée centrale de Bangui.

Nous ne saurions conclure notre partage sans parler de la participation active des membres de la famille dominicaine de Bangui. Les frères, les soeurs et les membres de la jeunesse dominicaine qui ont été sollicités pour faire partie des différentes commissions (logistique, finance, accueil) ont répondu favorablement à la sollicitation. Et tous ceux qui n’en faisaient pas partie, ont répondu par leur présence aux différents lieux où se célébrait ce moment privilégié de la grâce, qui nous a été donnée par ce séjour du Saint Père chez nous.

Cette visite apostolique du pape François à Bangui ne relève donc plus de l’utopie, mais est désormais écrite en lettres d'or sur l'une des plus belles pages de l'histoire de la République Centrafricaine. Puisse cette visite du Saint Père, qui a suscité tant d'espoir parmi le peuple centrafricain, être le départ d'une vie nouvelle basée sur la justice, la réconciliation et la paix. Que Dieu bénisse la Centrafrique !

fr. Marcel AGALANI, O.P.

 

(2 décembre 2015)