'entrée
de la nef de gauche a été sacrifiée
à la construction du campanile qui remonte à
la période ottonienne (Xe s.). Originellement il
comprenait quatre étages de fenêtres doubles
et deux de fenêtres triples. Le danger d'écroulement
a obligé à démolir une partie des
étages supérieurs En face de la chapelle
de St. Hyacinthe s'ouvre la chapelle de Ste Catherine
de Sienne, élevée pour la sépulture
du cardinal Scipion d'Elci, mort en 1670. Oeuvre de Giovanni
Battista Contini, elle est décorée de fresques
de Giovanni Odazzi. Sur l'autel est placée "
La Madonne du Rosaire " peinte en 1643 par Sassoferrato.
De
retour dans le narthex de la basilique, à gauche
d'une grande statue en stuc de Ste Rose da Lima (1668
), un escalier mène au CLOÎTRE des Dominicains.
Probablement construit en 1222 au moment où Honorius
III fit don aux moines de la Rocca Savella, ce cloître,
transformé en lazaret en 1882, reprit sa fonction
originelle grâce aux travaux de 1936. Le nom de
son architecte nous échappe mais on a pensé
(P. Darsy) - à cause de l'étroite analogie
- que ce pourrait être l'auteur du cloître
de St. Sixte l'Ancien, première résidence
des Dominicains à Rome.
Les
cellules des religieux ouvrent sur les quatre couloirs
du portique; on accède à la salle du chapître
et au réfectoire par l'aile ouest. C'est par le
cloître que l'on monte ensuite à l'étage
supérieur du couvent où, en plus d'autres
cellules et dortoirs, se trouvent des pièces d'un
intérêt tout particulier et, d'abord, la
CHAPELLE DE ST. DOMINIQUE. La cellule quadrangulaire du
saint, à l'origine simple et austère, fut
transformée en oratoire en 1645; mais, en 1672,
Clément IX voulut donner plus d'éclat à
la sainteté et à l'importance des lieux,
et il fit précéder la cellule d'une somptueuse
antichambre : murs recouverts de marbres précieux
et ponctués de piliers corinthiens cannelés
surmontés d'un entablement et d'une voûte
à stucs. Sans que cette paternité puisse
en aucune façon être prouvée, c'est
à Borromini que cette pièce est généralement
attribuée. Un joli retable en marbre à motifs
floraux, oeuvre du marqueteur Manelli (1701), surmonte
l'autel.
Il
nous reste à mentionner rapidement quelques'unes
des oeuvres conservées dans le couvent et provenant
soit de la basilique soit d'autres couvents dominicains;
certaines se trouvent dans le petit musée aménagé
dans la pièce au-dessus du narthex de la basilique.
Parmi elles se remarque la partie supérieure d'une
sculpture de la fin du XIIIe s., beau fragment représentant
St. Dominique avec un livre en mains, appuyé à
une colonne dont les cannelures portent encore des tracés
de mosaïques typiques ces décorations des
Cosmas. C'est tout ce qui reste d'un ambon construit devant
la cloison érigée au XIIIe s. par les dominicains.
Comme les autres oeuvres des Cosmas que nous trouvons
çà et là dans l'église, celle-ci
est attribuée au dominicain Fra Pasquale, qui aurait
construit et décoré tout l'ambon. Le tableau
mutilé d'un anonyme du XIIIe s. qui représente
des dominicains à table est d'un intérêt
historique : il est en effet arrivé ici du couvent
de Santa Maria della Mascarella, premier siège
des dominicains à Bologne, où les moines
s'établirent en 1218.
Ainsi,
en haut de l'Aventin se dressent cette église et
ce couvent de Sainte Sabine qui constituent un témoignage
de nombreux siècles de vie chrétienne. Et
c'est grâce aux travaux de restauration récents,
- d'autant plus importants que la presque totalité
des basiliques constantiniennes a été détruite,
- que cette église tient, sans avoir trop souffert
des additions postérieures, constituer à
nouveau un exemple sublime et très rare de l'architecture
chrétienne des premiers siècles.
