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La basilique de Sainte-Sabine. 1. Historique

Basilique Sainte-Sabine
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' Aventin sur lequel s'élève Sainte Sabine est étroitement lié aux origines de Rome : d'après la légende, Rémus aurait choisi cette col line en 753 pour y fonder la ville, au lieu du Palatin comme le vou lait Romulus. Isolée et protégée par ses murailles, cette colline, qui était un quartier populaire et un refuge pour les plébéiens, se trans forma bientôt en un lieu d'intense activité commerciale que favori sait le port fluvial en contre-bas. C'est ainsi que ce quartier très peuplé; et pourvu de nombreuses " insulae " - ou maisons à appartements - s'enrichit de somptueuses demeures privées de banquiers et de marchands ainsi que d'oeuvres d'utilité publique, parmi lesquelles des temples et des oratoires consacrés aux " sacra peregrina "ou cultes importés par des gens venant des endroits les plus divers.

La vie religieuse de la communauté chrétienne n'y était pas moins intense : on sait que des réunions de matrones se tenaient chez uni certaine Marcella ou chez une autre du nom d'Albina. Quant à Sabine, une tradition ancienne veut qu'elle soit une romaine habitant sur l'Aventin, tandis que la " Passio Seraphiae et Sabinae " (texte datant peut-être du VIe s.) dit qu'elle vivait à Vindena en Ombrie et fut martyrisée sous Adrien peu après Serapia. Ses reliques auraient été ensuite transportées sur l'Aventin et déposées dans un " titulus ", ou maison consacrée, bien avant la fondation de la basilique. D'aucuns pensent qu'il s'agit tout simplement de l'Aventin et non de Vindena et qu'il faut lire " Aventinensium " au lieu de " oppidum Vendinensium ".

L'endroit où fut élevée la basilique et, plus tard, le couvent attenant, est donc d'une grande richesse archéologique et on y fait des trouvailles continuelles plus ou moins faciles à interpréter. Parmi les vestiges les plus remarquables, citons un tronçon de murailles à pic sur le Tibre datant de Servius et restaurées pendant la République; des restes de rues, ou " vici ", qui longent approximativement l'église des deux côtés; sous le portique carré qui précédait la basilique, d'importants vestiges de deux établissements thermaux (respectivement de la fin du IIe et du IVe s.); et enfin, creusée sous l'entrée de l'église, une grande pièce identifiée comme la salle voué au culte, qui constituait le principal noyau du " titulus Sabinae "; elle était située dans l'aile orientale de cette riche maison dont on voit encore des restes d'un magnifique carrelage en mosaïque et une belle colonne dont la moitié supérieure émerge encore le long, du mur de la nef droite da la basilique.

Douze ans à peine se sont écoulés depuis la mise à sac par Alaric que, sous le pontificat de Célestin Ier (422-432), Pierre, un prêtre dalmate, commence la construction de la basilique; celle-ci sera consacrée par Sixte III tandis que Pierre d'Illyrie, devenu évêque, ajoutera à cette construction un baptistère aujourd'hui entièrement détruit.

Au cours des siècles suivants, la basilique fait l'objet de dons et d'embellissements. Citons en particulier l'oeuvre d'Eugène II (824-827) qui consacra tous ses soins au choeur et creusa également une crypte pour les reliques de Sainte Sabine et d'autres martyrs. A l'époque d'Albéric Ier ( 915-925 ), l'édifice subit de grandes modifications pour pouvoir être incorporé dans les fortifications érigées pour la défense de l'Aventin; plus tard, ces fortifications (dont les murs existent encore) devinrent la forteresse des Crescenzi puis des Savelli, famille du pape Honorius 111 (1216-27); celui-ci ouvrit un chapitre important, de l'histoire de l'église car c'est lui qui la confia aux Dominicains en 1222 en même temps que la forteresse. Les religieux construisirent aussitôt les bâtiments conventuels et divisèrent l'église en deux par une cloison qui séparait la partie des fidèles de celle des moines.

La triste période d'exil des Papes à Avignon au XIVe s. marque un long arrêt; mais avec le siècle suivant les travaux reprennent avec ferveur : le cardinal Giulio Cesarini (dont on voit l'écusson sur le portail) perce entre autres l'entrée latérale de l'église et le cardinal d'Auxia transforme en 1483 le bout de la nef droite en chapelle de la Vierge.

Des travaux grandioses mais fâcheux ont lieu sous Sixte-Quint (1585-1590) : l'architecte Domenico Fontana alla jusqu'à modifier le niveau du terrain, il abattit dans l'église la cloison du XIIIe s., changea toute la disposition du choeur, obtura toutes les fenêtres, sauf trois de chaque côté de la nef centrale; l'abside se retrouva alourdie par de médiocres décorations picturales et l'église prit ainsi un aspect sombre bien significatif de la Contre-Réforme.

Au XVIIe s. les travaux les plus importants sont : la construction de la chapelle de St. Hyacinthe dans la nef droite et celle de Ste Catherine qui lui fait pendant à gauche. Vers la moitié du XIXe s., on commence une exploration archéologique vraiment systématique des lieux et enfin des travaux de restauration radicaux restituent à la basilique son aspect primitif (1914-19 et 1936-38). fin

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Fontaine

Basilique. Centre

Basilique. Allée latérale

 

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