ne
fois sur l'Aventin, on est sur une grande place délimitée
au fond par le côté droit de la basilique
,auquel est adossé un portique du XVe s. qui mène
à l'entrée principale de l'église
par une porte latérale. Après avoir passé
à gauche un portique moderne, on arrive au narthex
- actuellement muré su- son côté façade
- constitué d'arcades soutenues par des colonnes
(dont l'une, corinthienne, est encastrée dans le
mur qui borde une cour du couvent). Ce narthex, à
l'origine, devait être le côté d'un
portique carré démoli au XIIIe s. pour la
construction du couvent. Encadrée par de magnifiques
corniches en marbre - de provenance antique selon certains
critiques - la splendide porte en bois, qui est l'entrée
principale de l'église, est le plus précieux
des monuments conservés sous ce portique. Cette
pièce est d'une importance absolument exceptionnelle
car c'est l'une des très rares sculptures paléo-chrétiennes
en bois existant aujourd'hui (et même la seule bien
conservée) et qu'elle a été conçue
et construite pour cette basilique dont elle est strictement
contemporaine (432 environ).
Cette
porte a été l'objet en 1836, d'une minutieuse
restauration respectant fidèlement l'original :
formée de deux grands battants en cyprès,
elle est divisée en vingt-huit panneaux rectangulaires
à reliefs représentant des épisodes
de l'Ancien et du Nouveau Testa ment; seuls dix-luit d'entre
eux sont parvenus jusqu'à nous et ils sont parfois
en assez mauvais état. L'encadrement qui sépare
et réunit les divers panneaux est orné de
grappes de raisin et dé feuilles de vigne stylisées;
comme il était très abîrné
en plusieurs endroits, il a été amplement
incorporé au reste au cours des restaurations du
XIXe s. Les scènes dé l'Ancien Testament
et de l'Evangile sont reliées les unes aux autres
par une correspondence : elles montrent la " Concordantia
veteris et novi Testamenti " qui culmine avec le
triomphe du Christ et de l'Eglise. Quant à leur
iconographie, elle est très proche de l'Orient;
du point de vue style on note deux courants bien distincts
: l'un assez raffiné, classico-hellénique,
l'autre à entaille sèche, plus sommaire
et à caractère plus populaire, relève
du style impérial de la basse époque.
Refait
au XIXe s. mais, semble-t-il, avec une grande fidélité,
le dos de la porte est divisé en panneaux qui correspondent
à ceux de l'autre côté; il en reste
dix-sept décorés et placés comme
ceux de devant. La décoration est composée
ici de motifs floraux variés, et stylisés
qui se répètent souvent. D'après
Darsy, ces motifs sont tirés du traité de
botanique de Dioscoride, médecin grec alexandrin
du Ier siècle; leur style est de diverses tendances
: oriental, byzantin et peut-être même arabe,
et leur signification symbolique est plutôt obscure.
La
première sensation que l'on éprouve à
l'intérieur de la basilique est celle d'une parfaite
harmonie et d'une extraordinaire luminosité envahissant
tout l'édifice et mettent en valeur tous ses éléments
de construction et de décoration; l'heureuse union
entre l'organisation classique de l'espace et le parfait
équilibre des éléments dé
construction, qui respecte rigoureusement toutes les proportions,
s'allie au rythme des arcs qui se succèdent sans
interruption jusqu'à l'abside. Contrairement à
ce que l'on pensait encore récemment, les magnifiques
colonnes qui divisent l'église en trois nefs, ne
proviennent pas d'un temple ou d'un édifice païen
de l'endroit, mais furent taillées tout exprès
pour la basilique; leur similitude absolue et leur excellent
état de conservation en témoigne d'ailleurs
autant que certains détails de façon, typiques
du Ve siècle; posés sur des plinthes carrées,
leurs fûts cannelés se dressent surmontés
de splendides chapiteaux corinthiens desquels, partent
directement les arcs classiques très légers.
Le nom de Rufenes est inscrit sur la base de la troisième
colonne de gauche; il s'agit peut-être du lapicide
ou, plutôt, du chef de chantier qui aida le grand
architecte de l'église demeuré anonyme.

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