onorius,
évêque, serviteur des serviteurs de Dieu,
à ses chers fils le prieur et les frères
de Saint-Romain, prêcheurs au pays de Toulouse
: salut et bénédiction apostolique.
Nous rendons de dignes actions de grâces au dispensateur
de toutes grâces pour la grâce de Dieu qui
vous est donnée [i Cor. I, 4], dans laquelle
vous restez [I Petr. v, 15] et resterez établis,
nous l'espérons, jusqu'à la fin. En effet,
brûlant à l'intérieur de la flamme
de la charité, vous répandez au-dehors
le parfum d'une réputation qui réjouit
les âmes saines et rétablit les malades.
A celles-ci, vous présentez en médecins
zélés les mandragores spirituelles pour
qu'elles ne demeurent pas stériles, vous les
fécondez par la semence de la parole de Dieu
par votre éloquence salutaire. Ainsi, comme de
fidèles serviteurs, vous placez les talents qu'on
vous a confiés, pour en rapporter le double au
Seigneur [Match. xxv, 20]. Ainsi, comme des athlètes
invaincus du Christ, armés du bouclier de la
foi et du casque du salut [Eph. vi, 16], sans craindre
ceux qui peuvent tuer le corps [Matth. X, 28], vous
tirez avec magnanimité contre les ennemis de
la foi la parole de Dieu, plus pénétrante
qu'un glaive à deux tranchants [Hebr. iv, 12].
Ainsi, vous haïssez vos âmes en ce monde,
afin de les garder pour la vie éternelle [Joh.
xii, 25].
Du reste, parce que c'est le succès et non pas
le combat qui obtient la couronne et que seule la persévérance,
parmi toutes les vertus qui concourent dans le stade,
remporte le prix proposé [I Cor. ix, 24], nous
adressons à votre charité cette demande
et cette exhortation pressante, vous en faisant commandement
par ces lettres apostoliques et vous l'imposant en rémission
de vos péchés : que confirmés de
plus en plus dans le Seigneur, vous vous appliquiez
à annoncer la parole de Dieu [Act. VIII, 4],
en insistant à temps et à contre-temps,
pour accomplir pleinement et de manière digne
d'éloge votre tâche de prédicateur
de l'Evangile [II Tim, iv, 2-5]. Si vous avez à
souffrir des tribulations pour cette cause, ne vous
contentez pas de les supporter avec une âme égale
: tirez-en gloire, avec l'apôtre [Rom. V, 3] et
réjouissez-vous en elles de ce qu'on vous a jugés
dignes d'endurer des outrages pour le nom de Jésus
[Act. v, 41]; car cette affliction légère
et temporaire produit un immense poids de gloire [II
Cor. Iv, 17] auquel on ne peut comparer les souffrances
du temps présent [Rom. viii, 18].
Nous aussi, qui désirons vous réchauffer
de notre faveur comme des fils spéciaux, nous
vous demandons d'offrir au Seigneur à notre intention
le sacrifice de vos lèvres [Hébr. xiii,
15], pour obtenir peut-être par vos suffrages
ce que nous ne pouvons par nos mérites.
Donné au Latran, le XII des calendes de février,
l'an premier de notre pontificat. 
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