
es
spécialistes du droit constitutionnel ont souvent
reconnu une haute qualité, non seulement en formulation
juridique mais en valeurs de vie aux constitutions par
lesquelles saint Dominique et ses premiers disciples
ont exprimé la nouveauté et les structures
essentielles du nouvel Ordre. Comme l'a dit heureusement
le Père M. D. Chenu, "Dominique et ses premiers
frères furent, d'instinct, des maîtres
en institution évangélique".
Communion et mission : ces deux réalités
sont indissolublement liées chez nous et définissent
notre manière de "suivre le Christ".
A l'encontre d'autres Instituts qui privilégient
l'un ou l'autre aspect, l'Ordre veut tenir la balance
égale, à l'image de l'Église qui
est à égalité communion et mission.
Comment s'étonner alors qu'elles configurent
notre type de gouvernement ? Si, avec des fortunes diverses,
l'Ordre a maintenu au cours de son histoire le propos
de saint Dominique et rempli sa fonction de service
de l'Évangile, cela vient en grande partie de
la force mystérieuse de la présence de
saint Dominique à la conscience de ses frères.
Comment ne pas citer la célèbre phrase
de Bernanos? : "(...) s'il était en notre
pouvoir de lever sur les oeuvres de Dieu un regard pur,
l'Ordre des Prêcheurs nous apparaîtrait
comme la charité même de saint Dominique
réalisée dans l'espace et dans le temps,
comme sa visible oraison." Mais il est sûr
que, d'un point de vue plus humain, cela s'explique
aussi par la nature des institutions qui le gratifient,
comme le dit la Constitution fondamentale, d'un "gouvernement
communautaire particulièrement apte à
promouvoir l'Ordre et à le rénover fréquemment
".
Une
dialectique : mission universelle/communion
Dans l'équilibre architectural de l'institution
dominicaine, une première constatation s'impose
: tout y est orienté vers une députation
totale à la prédication évangélique.
Ce qui nous saisit alors c'est, à côté
d'une forme de "radicalité" commandée
par l'urgence de la tâche, un certain "organicisme",
car pour répondre à sa propre raison d'être
et assurer sa survie, le charisme dominicain s'inscrit
et s'explique dans un type déterminé d'institution.
Cette interaction entre communion et mission - qui d'ailleurs
rejoint en partie la distinction "vie religieuse"
et "apostolat" - se déploie dans "la
collaboration organique et équilibrée
de toutes les parties dans la visée de la fin
de l'Ordre".
Au niveau le plus élémentaire, nous trouvons
la fraternité conventuelle. Celle-ci se construit,
non pas selon la juxtaposition des individus, mais selon
une structure et une éthique communautaires.
Son destin ne se joue pas dans l'addition d'énergies
individuelles, mais dans une vie et des engagements
collectifs qui veulent permettre de "libérer"
la grâce propre à chacun à l'intérieur
du charisme du tout.
En second lieu - et d'une façon tout aussi capitale
- cette collaboration organique se réalise dans
les diverses communions qui développent leurs
richesses grâce à l'influence réciproque
qu'elles ont les unes sur les autres communion de couvents
constituant des provinces et des vicariats (ou embryons
de provinces); communion des provinces constituant l'Ordre
des frères; enfin, au niveau plus large, communion
des frères, moniales, soeurs, fraternités
laïques et même sacerdotales, le tout donnant
à l'Ordre son profil plénier et réalisant
ce qu'on aime appeler aujourd'hui la " famille
dominicaine ".
Si cette dernière expression couvre une diversité
que saint Dominique n'a pas connue, les réalisations
nouvelles qui se sont ajoutées avec les siècles
- pensons spécialement aux congrégations
de religieuses qui n'existaient pas alors - sont nées
de la fécondité du charisme fondateur
de saint Dominique. Qu'on ne s'y trompe pas, parler
de famille dominicaine, ce n'est pas désigner
une quelconque association dont les membres, reconnaissant
le même patronage, seraient heureux de se rencontrer.
"Famille dominicaine" : ces deux mots veulent
affirmer quelque chose de beaucoup plus profond et de
beaucoup plus exigeant. C'est la conviction que ce n'est
pas seulement à l'intérieur de sa propre
branche, et encore moins individuellement, que notre
charisme se réalise pleinement. Pour se déployer
et donner tous ses fruits, il a besoin de tous. La collaboration
effective de tous multiplie les richesses de chaque
branche. Parler de la famille dominicaine, c'est faire
prendre davantage conscience que la communion qui unit
les frères et soeurs de saint Dominique doit
dépasser par la prière, l'apostolat et
le témoignage de la vie, les limites de nos communautés,
chacun apportant à l'ensemble sa richesse propre
en vivant pleinement le charisme de la branche dont
il fait partie.
Pouvoir
et niveaux de gouvernement
Le pouvoir qui régit et coordonne cet ensemble
est universel dans sa tête ou son principe : le
chapitre général et le Maître de
l'Ordre. Sous des noms divers, l'institution des chapitres
généraux est commune aux familles religieuses.
Dans l'Ordre des Prêcheurs, elle se caractérise
par plusieurs originalités qui s'expliquent par
la " mentalité dominicaine " et ont
de grandes conséquences dans notre gouvernement.
II s'agit d'abord de la composition. On distingue entre
les chapitres généraux de provinciaux
et les chapitres généraux de définiteurs.
Les premiers regroupent les responsables de chaque province,
ceux qui sont donc affrontés à des problèmes
d'organisation, d'animation religieuse et apostolique,
d'administration, etc. Les chapitres de définiteurs
comprennent, un par province, des frères venant
de la base et mandatés par celle-ci. Le fait
que les provinciaux ne puissent être membres de
ce chapitre manifeste le désir de l'Ordre de
donner la parole - et le pouvoir - aux religieux qui,
n'étant pas à la tête d'une province,
voient les problèmes concrets d'une manière
plus dégagée et manifestent plus d'imagination
et de volonté de renouvellement.
Ces
deux types de chapitre, qui ont exactement les mêmes
pouvoirs, alternent, tous les trois ans, dans une proportion
que, a priori, on n'attendait pas : deux chapitres de
définiteurs pour un chapitre de provinciaux.
Cette alternance risquerait d'avoir de graves inconvénients
si chaque chapitre avait à lui seul pouvoir de
faire des lois, le chapitre suivant s'empressant de
voter des lois contraires. Pour éviter une instabilité
nuisible et valoriser davantage notre législation,
il est stipulé que, pour avoir valeur de loi,
un projet doit être adopté par trois chapitres
successifs. Si notre législation majore l'"
imagination " en donnant le primat aux chapitres
de définiteurs, celle-ci est comme " bridée
" par l'obligation de trois chapitres successifs.
Certains s'interrogeront sur la valeur d'un tel système.
La réponse est brève : il a traversé
les siècles puisqu'il remonte à saint
Dominique; de plus, en partie pour cette raison, l'Ordre
n'a jamais connu de divisions comme tant d'autres et
l'Église n'a jamais songé à nous
imposer un autre système.
Le chapitre général est au sommet du gouvernement
et, comme instance en acte, il a pleins pouvoirs. A
chaque chapitre, le Maître général,
élu pour neuf ans, rend compte de sa gestion;
sa façon de gouverner et sa " politique
" peuvent donc être jugées et mises
en cause. Si, entre deux chapitres, il jouit d'une certaine
liberté dans son gouvernement (liberté
accrue du fait que, contrairement à ce qui se
passe dans la grande majorité des Instituts,
ses assistants ou conseillers ne sont pas nommés
par le chapitre général, mais par lui
personnellement sur présentation des provinces),
la fréquence des chapitres généraux
fait qu'il reste proche des instances suprêmes
et communautaires de l'Ordre.
Cette concentration du pouvoir, qui différencie
nos chapitres généraux des assemblées
parlementaires au sens moderne du terme, ne s'exerce
pas seulement en termes institutionnels ou juridiques,
" comme une machine à faire des lois ou
à prendre des "ordinations" ".
Tout chapitre a aussi une fonction "prophétique".
Ayant " à discuter et décider de
tout ce qui concerne le bien de tout l'Ordre",
il doit procéder à une évaluation
de l'organisation et de la vie de l'Ordre. Ainsi il
éveille la conscience collective des frères
sur tous les problèmes et réalités
qui, de près ou de loin, directement ou indirectement,
affectent leur vie et leur apostolat, - qu'ils soient
d'ordre religieux, culturel, théologique, social
ou même politique. De cette analyse et de cette
lecture en termes de " signes des temps ",
dépend en effet la réalisation de l'authentique
mission évangélisatrice de l'Ordre.
Comment ne pas relever ici l'importance donnée
progressivement, avec les cinq derniers chapitres généraux,
aux "Prologues" mis en tête des divers
secteurs abordés vie liturgique et prière,
études, ministère de la Parole, Famille
dominicaine, etc. C'est ainsi que, à Quezon City
en 1977, dans un long et beau texte concernant "notre
tâche apostolique dans le monde actuel",
le chapitre général a dégagé
les points névralgiques de la mission des Prêcheurs
à l'heure actuelle, en insistant sur la nécessaire
attention aux dynamismes socio-culturels du monde, aux
problèmes de la justice et de la promotion humaine,
au domaine des mass media.
Ainsi nos chapitres généraux assurent
une fonction de gestion institutionnelle et développent
une stratégie globale indispensable à
la vocation universelle de l'Ordre. Ce faisant, ils
stimulent tous ceux qui se reconnaissent en saint Dominique,
même les religieuses de vie active, qui cependant
ne dépendent juridiquement ni du Maître
de l'Ordre, ni des chapitres généraux.
Qu'ils s'agisse de législation, de compte rendu,
d'animation, de vie et d'action, saint Dominique a voulu
que, d'une manière ou d'une autre, tous les religieux
y participent. C'est l'application de l'adage classique
du haut moyen âge : Ce qui touche tout le monde,
tout le monde doit en traiter. A tous les échelons
de la communauté dominicaine, on retrouve ce
même principe, mais est toujours prévue
une intervention supérieure, au moins transitoire,
qui assure l'équilibre des pouvoirs. Le manifeste
la manière dont le prieur conventuel, élu
pour trois ans, prend possession de sa charge. La communauté
élit le prieur, mais pour être nommé
prieur, l'élu a besoin de la confirmation du
provincial. De même, à l'étage supérieur,
le provincial élu doit être confirmé
par le Maître général. On comprend
mieux alors que, si saint Dominique et ses successeurs
ont eu à se soumettre à la régulation
de la communauté fraternelle, leur autorité
n'en a pas été amoindrie.
Le lien constitutif de la communauté dominicaine
est un lien de profession religieuse qui lie chaque
frère, chaque moniale et même chaque membre
des fraternités laïques au Maître
général (mais non les religieuses de vie
active qui n'en dépendent pas juridiquement).
Conjointement aux chapitres généraux,
le Maître de l'Ordre est le garant de la fidélité
à l'intuition de saint Dominique, le principe
de l'unité de l'Ordre, le " référent
" immédiat de chacun de ses membres. C'est
dire l'importance des relations directes entre lui et
chacun des frères, dans les visites régulières
des couvents et des provinces, comme dans les rencontres
et lettres individuelles.
Le
même type de gouvernement se rencontre au niveau
de la province et des couvents.
Gouvernement général, gouvernement provincial
puis conventuel : on se tromperait en croyant que chacun
des étages inférieurs reçoit un
pouvoir délégué du degré
supérieur. On aurait alors une vue monarchique
- et non communautaire - de l'Ordre. A leur niveau propre,
ces différentes entités sont dotées
d'une réelle autonomie. Ainsi le prieur d'un
couvent n'a pas à recevoir du prieur provincial
un pouvoir spécial pour donner l'habit ou recevoir
une profession. Il l'a du fait même de sa charge.
Cela ne veut pas dire pourtant que l'Ordre soit constitué
de couvents sans lien juridique avec la province dont
ils font partie. Qu'on se souvienne de ce qui a été
dit plus haut de l'intervention du provincial dans la
nomination d'un prieur élu. Si le religieux est,
selon l'expression consacrée," d'une province,
et non du couvent où il vit, le couvent est la
cellule de base de l'Ordre. C'est là en effet
que les religieux doivent trouver tous les éléments
qui leur permettent d'être pleinement frères
prêcheurs, car c'est à ce niveau que "
communion et mission " trouvent leur terrain nourricier
et leur champ d'apostolat.
Selon la formule traditionnelle, le prieur est, par
rapport aux frères de son couvent, "primus
inter pares" (premier parmi des égaux);
formule dominicaine s'il en est! Elle dit assez les
liens fraternels qui le caractérisent tout en
sauvegardant son autorité. Pour élire
le prieur, organiser la vie du couvent, lui donner vitalité
interne et rayonnement, les frères d'une communauté
se constituent en chapitre conventuel. C'est là
que se réalise une confrontation fraternelle
au service de la Parole de Dieu et qu'est assurée
une co-responsabilité créatrice d'un élan
commun. Sans elle, il pourrait y avoir une " entité
juridique ", mais il manquerait cette " communion
apostolique " - au sens le plus fort de l'un et
l'autre terme - caractéristique de l'Ordre.
Tous les quatre ans, chaque chapitre conventuel envoie
au chapitre provincial son prieur avec un, deux ou plusieurs
délégués selon le nombre de frères.
L'ensemble constitue le " chapitre provincial "
chargé d'élire le prieur provincial et
les "définiteurs" (entre 4 et 8) du
chapitre provincial. Il appartient à tous les
membres du chapitre d'analyser la situation de la province,
de prendre connaissance des desiderata et critiques
de tous les religieux, d'étudier les problèmes
de la province et de proposer décisions et orientations
à prendre. Le prieur provincial et les définiteurs
ont la tâche de se prononcer sur celles-ci et
de les soumettre à l'approbation du Maître
général.
Précision
sur le régime " démocratique "
de l'Ordre
Cette première précision concerne le régime,
disons politique, de l'Ordre. On dit souvent que notre
régime est démocratique. C'est vrai dans
la mesure où nous intervenons tous dans notre
gouvernement. Parler ainsi laisse pourtant échapper
la part la plus fondamentale de celui-ci. L'Ordre est
une réalité originale, d'ordre évangélique,
donc du Royaume de Dieu qui fait de nous des frères.
Pour mettre en oeuvre ce type de vie, on a recouru à
certaines structures qui, en science politique, sont
dites démocratiques, où la souveraineté
appartient à l'ensemble des citoyens. Ces mêmes
structures ont été utilisées pour
donner forme institutionnelle à la fraternité
dont parle le Christ : "Pour vous, ne vous faites
pas appeler Maîtres, car vous n'avez qu'un Maître
et tous vous êtes des frères"(Mt 23,8).
Dès lors, qu'on ne s'étonne pas si le
gouvernement d'un institut religieux - et singulièrement
le nôtre -dépasse de manière importante
les types de gouvernement civils, qu'ils soient démocratiques,
monarchiques, etc. Cela n'est pas sans conséquences
dans le fonctionnement de cette " démocratie
religieuse ".
La loi fondamentale de la démocratie, c'est la
loi de la majorité. Il n'en est pas ainsi chez
nous où pourtant les votes sont nombreux. Notre
loi propre est la loi de l'unanimité. Au chapitre
conventuel - et il en est de même aux chapitres
provinciaux ou généraux - , le prieur,
loin de se satisfaire d'un vote précipité,
doit permettre une large information, susciter une recherche
commune et provoquer un débat de telle façon
que l'on tende à un avis aussi unanime que possible.
Cette recherche d'unanimité - même si l'on
n'y arrivera sans doute pas - garantit la présence
du Seigneur et de son Esprit et, par le fait même,
oriente plus sûrement vers la découverte
de la volonté de Dieu. De même, à
Vatican II, Paul VI a fait retarder certains votes pour
favoriser une plus grande entente et éviter que
des décisions soient prises seulement à
la majorité. Il est inutile d'insister sur ce
qu'une telle recherche exige de chacun et de la communauté
tout entière. Mais c'est le lieu où se
vérifie par excellence la justesse de ce que
le Frère prêcheur veut vivre et annoncer.
Faute de quoi, l'appareil complexe et si riche de virtualités
risque de tourner à vide. Et les couvents, au
lieu d'être des fraternités d'hommes qui
vivent de la foi, l'approfondissent et la prêchent,
peuvent donner l'apparence de groupes uniformes à
vague coloration religieuse.
Une
vraie capacité de renouvellement
Autre précision : ce système législatif,
en constant devenir, nous donne une vraie capacité
de renouvellement. Et cela d'autant que l'autorégulation
qu'il assure n'est pas le fait de quelques individus
mais de concertations qui réclament l'intervention
de tous ceux qui sont concernés. N'est-ce pas
pour cette raison que nos premiers frères ont
fait ce choix ? En grande partie grâce à
celui-ci, l'Ordre n'a jamais connu de scissions - les
réformes qui ont pu voir le jour ont été
assumées par l'institution - et, aujourd'hui
même, nous admirons l'actualité d'un type
de gouvernement vieux de plus de sept cent cinquante
ans. Le choix fait par saint Dominique n'a pas été
l'effet du hasard. L'Ordre est né d'un affrontement
entre l'Église et le monde, où il a trouvé
et continue de trouver sa raison d'être et sa
mission. D'où la nécessité d'une
rénovation permanente qui puisse relever les
défis d'un monde en incessante évolution.
Cette mise au point continue n'est pas seulement une
exigence de conversions individuelles, mais une condition
de vie pour l'Ordre à qui cette loi de rénovation
est connaturelle. On comprend que le chapitre général
de 1977 insiste tellement sur la "formation permanente",
condition indispensable de rénovation au fil
des années.
Fidélité
au charisme de l'Ordre
Dernière précision: comme tout vivant,
la vie religieuse croît selon la loi inscrite
dans son germe et non en fonction des seuls étais
qui la soutiennent. Il n'est pas de progrès ni
de renaissance de la vie dominicaine sans nouvelle prise
de conscience de l'intuition de saint Dominique en son
premier jaillissement. S'il est vrai que cette grâce
nous touche au moment de l'appel mystérieux à
suivre le Christ avec Dominique, il faut ajouter que
l'affermissement et le déploiement de notre personnalité
dominicaine supposent une démarche - toujours
la même et toujours nouvelle - de fidélité
joyeuse et inventive au charisme de l'Ordre. A ce niveau,
le voeu d'obéissance est au service d'une Obéis
sance plus foncière, celle qui porte sur l'Évangile.
C'est dans ma vie dominicaine que je dois vivre l'Évangile.
Comme le dit le Père J.M.R. Tillard dans une
formule audacieuse : " Par mes Constitutions, j'obéis
à l'Évangile ". Il est important
de rappeler cette primauté quand certains sont
tentés de prendre à des sources variées
des éléments de spiritualité qu'ils
s'efforceront d'ajouter vaille que vaille au monument
architectural que sont nos Constitutions.
Une vie selon l Évangile pour annoncer l Évangile
: c'est de la relation vivante entre cette annonce et
notre vie de communauté qu'ont jailli les grands
traits du gouverne ment de l'Ordre. Et si l'on me demandait:
"Dans cet ensemble, comment voyez-vous la fonction
du Maître de l'Ordre ?" Je répondrais
"C'est une fonction de présence." Ce
mot, on le sait, vient du latin prae-esse qui
exprime à la fois proximité, primauté
et supériorité avec leurs divers harmoniques
accueil, écoute, dialogue, compréhension,
aide, encourage ment, action persuasive, affirmation
d'autorité, etc. Il y a de tout cela dans le
mot présence. II me semble qu'il est en profonde
concordance avec l'analyse que nous avons pro posée
: un type de gouvernement né de la communion
et de la mission universelle de l'Ordre et tout orienté
vers leur service. 
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