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prologue des Constitutions primitives affirment ce qui
suit au sujet de l'étude dans notre Ordre : "Notre
étude doit viser principalement, ardemment et avec
le plus grand soin à ce que nous puissions être
utile à l'âme du prochain". L'étude
tient une grande place dans la vie dominicaine. Elle en
est un des piliers. Saint Dominique fait rupture avec
la tradition monastique et remplace le travail manuel,
source de revenus autant que d'équilibre personnel
par le travail intellectuel. La lectio divina s'amplifie
en travail théologique.
"L'étude
assidue nourrit la contemplation, favorise la mise en
oeuvre des conseils (i.e. des voeux) avec une fidélité
lucide, constitue une forme d'ascèse dans sa persévérance
même et sa difficulté, et par excellence
appartient à l'observance, en atnt qu'événement
essentiel de notre vie" (LCO 83).
L'étude
n'est pas à considérer comme un "moyen"
au service d'une fin. Elle est une des composantes de
la vie dominicaine. Comme tout le reste elle est finalisée
par le salut des âmes. Elle est aussi un lieu de
contemplation et, par là, nourrit la prière
des frères prêcheurs.
Notre
contemplation n'est pas seulement celle inhérente
à la prière. Elle est plus généralement
celle de l'étude dans la rumination de la vérité
sur Dieu et sur l'homme, dans la recherche du sens. L'étude
n'a pas d'abord pour objet de faire de nous des spécialistes
en philosophie et en théologie. Elle tend à
une certaine manifestation du sens des choses et du monde,
de l'homme et des situations humaines, du dessein de Dieu
dans l'histoire.
Cette
manifestation du sens est pour nous une tâche collégiale.
L'étude nous constitue pour répondre à
notre vocation, particulière au sein de l'Église,
d'exercer de façon collégiale la dimension
prophétique du ministère sacerdotal. C'est
pourquoi nous faisons le choix de vivre ensemble l'aventure
intellectuelle sans fin de l'étude, l'affrontement
à la parole de Dieu, l'exigence de la vérité,
la discipline d'un questionnement à produire et
à entendre, et la passion de comprendre. 