RÈGLE
DES FRATERNITÉS SACERDOTALES DE SAINT-DOMINIQUE
(Traduction française du texte latin An. S.O.P.
1971)
Plan
:
Introduction
Chapitre
I : Caractère et vie des fraternités sacerdotales
La
profession dans l'Ordre
Les sources de sanctification
La vie ecclésiale et communautaire
Chapitre
II : La structure et le gouvernement des fraternités
sacerdotales
Admission
et profession
Les fraternités et leur
gouvernement
INTRODUCTION
Mis à part au sein du peuple de Dieu, sans être
cependant séparés du monde, et, par la force
de leur vocation propre et de leur ordination, consacrés
entièrement à l'uvre du salut, les
prêtres sont "témoins et dispensateurs
d'une vie autre que celle de la terre". (Presbyt.
Ord. n. 3).
C'est
pourquoi, pour cette raison particulière, ils sont
tenus de ne pas se modeler sur le monde présent
(Rm XII,2) et de tendre de toutes leurs forces à
acquérir la perfection évangélique,
afin qu'ils soient spirituellement toujours davantage
façonnés selon le Christ et qu'ils deviennent
des instruments vivants de Son Sacerdoce éternel
pour la construction de Son Église dans le monde
(ibid. n. 12).
Ceux
qui, cependant, mûs par l'impulsion surnaturelle
de la grâce s'inscrivent à l'Ordre de Saint
Dominique et y professent la règle de perfection
adaptée à leur situation, en s'associant
en communautés particulières appelées
"fraternités sacerdotales de saint Dominique"
acquièrent vraiment un titre nouveau pour une plus
grande perfection devant Dieu et devant le monde. Conjointement
à la grâce particulière du Sacrement
de l'Ordre, qui aide au bon accomplissement des actes
du ministère sacré (ibid. n. 12), de nouveaux
secours spirituels leur sont accordés par la profession
qui les fait membres de la famille dominicaine et les
rend participants de la grâce et de la mission de
l'Ordre, pour le bien de l'Église locale et de
l'Église universelle.
Quant
à l'Ordre qui leur procure ces secours spirituels
et qui les dirige vers leur propre sanctification, Il
les laisse cependant libres pour le service entier de
l'Église locale sous la juridiction de leur Évêque
propre.
CHAPITRE
I - CARACTERE ET VIE DES FRATERNITES SACERDOTALES
1.
§ 1 : Que les prêtres qui s'inscrivent à
l'Ordre, pour faire partie de la famille dominicaine,
"s'efforcent de s'imprégner de l'esprit de
saint Dominique", et "qu'ils tendent à
une Vie apostolique plus parfaite" (Reg. P. THEISSLING,
nn. 7 et 21) de sorte que, à partir de la contemplation
assidue de Dieu qui conjugue la prière fervente
et la pauvreté volontaire avec l'étude continuelle
de la doctrine sacrée, ils parviennent à
une foi ferme et à un esprit apostolique pleinement
désireux du salut "de toute créature"
(Mc XVI,15) et cela "jusqu'aux extrémités
du monde" (Ac 1,8).
§
2 : Dans l'exercice de l'apostolat, à la suite
des apôtres eux-mêmes, nous avons l'exemple
magnifique de saint Dominique, "prêtre très
saint de Dieu", (Prière du B. Jourdain à
saint Dominique) qui, le jour, se consacrait au prochain,
et, la nuit, à Dieu (Libellus des origines de l'O.
P. par Jourdain, n. 106) et "de toutes ses forces
et avec un zèle très fervent s'efforçait
de gagner au Christ le plus d'âmes possible et au
cur de habitait une ardeur admirable et presque
incroyable pour le salut des âmes " (ibid.
n. 34).
2.
Se souvenant de leur vocation sublime, que les prêtres
de saint Dominique s'adonnent le plus possible "à
la parole et à l'enseignement" (1 Tim. V,17),
"donnant leur Foi à ce qu'ils auront médité
dans la loi du Seigneur, enseignant ce qu'ils auront cru
et mettant en pratique ce qu'ils auront enseigné"
(Lumen Gentium n. 28) pour qu'ils soient, en vérité,
des "éducateurs de la foi " (Presb. Ord.
n. 6) du peuple et des hérauts de l'Évangile
dans le monde.
3.
Lorsque, en raison de leur charge pastorale, ils vivent
dans le monde, ils doivent cultiver les vertus humaines
qui rendent crédible leur ministère auprès
des hommes, comme "la bonté, la sincérité,
la force d'âme et la constance, le souci continuel
de la justice et la civilité" (ibid. n. 3)
la générosité et tout ce qui, dans
le Seigneur, les rend aimables devant tous (Ph IV,8) de
sorte que l'on puisse dire d'eux ce qui est écrit
de notre Père saint Dominique qui "accueillait
tous les hommes dans le vaste sein de la charité,
et, comme il aimait tout le monde, il était aimé
de tous ". Il revendiquait pour lui-même le
fait de se réjouir avec ceux qui sont dans la joie,
pleurer avec ceux qui pleurent (Rm XII,15), débordant
d'amour et se dépensant entièrement au soin
du prochain" (Libellus B. Jourdain, n. 107).
La
profession dans l'Ordre
4.
§ 1 : Les prêtres qui, persévérant
dans leur projet, se déterminent à suivre
les traces de saint Dominique afin de pouvoir s'unir plus
fortement au Christ-Prêtre, font profession dans
l'Ordre en temps opportun.
§
2 : Par un tel acte qui découle d'une foi vivante
et de la conscience plus profonde du baptême et
de l'ordination, ils promettent de suivre dans leur mode
de vie la Règle spéciale de perfection et
deviennent fils de Dominique.
§
3 : Conscients de leur profession, ils s'efforceront de
mener une vie dans l'esprit des conseils évangéliques
et des Béatitudes de manière à coopérer
avec la grâce reçue par l'imposition des
mains.
§
4 : Ceux qui, poussés par le désir d'une
plus grande consécration, désirent suivre
les conseils évangéliques par les trois
vux pourront le faire librement sous forme privée.
5.§
1 : La profession dans l'Ordre de saint Dominique provoque
à un esprit plus profond de pauvreté, de
sorte que les prêtres qui vivent dans le monde,"estimant
les valeurs humaines et les biens créés
comme des dons de Dieu " (Presb. Ord. n. 17), sachent
cependant en user avec discrétion et conformément
aux buts pastoraux de leur ministère afin qu'ils
puissent parvenir à " embrasser la pauvreté
volontaire par laquelle ils seront plus manifestement
conformés au Christ et deviendront plus prompts
à exercer leur ministère sacré"
(ibid. n. 17).
§
2 : La profession dans l'Ordre de saint Dominique les
place dans une meilleure condition pour comprendre et
vivre la grâce éminente du célibat
à la fois le signe et le stimulant de la charité
pastorale ainsi que 1a source de la fécondité
spirituelle dans le monde" (ibid. n. 16), mieux encore
la preuve vivante de la vie future qu'ils annoncent dans
leur prédication.
§
3 : La profession dans l'Ordre de saint Dominique les
aide aussi à devenir pleinement conscients de leur
communion hiérarchique avec l'Évêque
et le Pape, dans la mesure où elle accomplit, dans
leur cur la vraie obéissance par laquelle
"ils honorent en ceux-ci l'autorité du Christ,
Pasteur suprême " obéissance qui est
un dort au service de l'Église et une docilité
sincère à l'égard de son magistère.
Les
sources de sanctification
6.
Les sources principales où les prêtres de
saint Dominique puisent l'accroissement et le progrès
dans la contemplation et l'esprit apostolique sont :
1
- Les actes sacrés mêmes qu'ils accomplissent
chaque jour dans leur ministère pastoral, en les
faisant en la forme voulue et avec une plus grande ferveur
en communion avec leur Évêque et les autres
prêtres (ibid. n. 13) et avec tout l'Ordre de saint
Dominique dont ils sont devenus membres.
2
- La Parole de Dieu reçue intérieurement
avec foi par la lecture privée et publique des
Saintes Écritures ; par elle (la lecture) ils devienne
disciples du Divin Maître et de la Sagesse de Dieu,
et deviennent aptes à la prédication dans
la force de Dieu (2 Co IV,7 ; P.O. n.13).
3
- La célébration quotidienne et pieuse du
sacrifice eucharistique qui, en les associant au mystère
de la mort du Seigneur, les pousse à mortifier
en eux-mêmes les oeuvres de la chair et à
se sacrifier pour le troupeau à eux confié
(1 Jn III,16 ; P.O. n. 13 et 14).
4
- La récitation quotidienne et appliquée
de l'Office divin qui les unit à la prière
sublime du Christ et de l'Église pour le monde
(ibid. n. 13). La faculté d'utiliser le calendrier
dominicain est donnée aux prêtres de saint
Dominique afin que, en union avec l'Ordre tout entier,
ils puissent mieux accomplir les prières de l'Église
et plus pleinement, participer aux grâces et aux
mérites de l'Ordre.
5
- Ils auront, chaque jour, un dialogue avec le Christ
à l'exemple et à l'imitation de notre Père
saint Dominique dont nous lisons "qu'il parlait toujours
à Dieu ou de Dieu" (Acte de canonis. proc.
Bologne, n. 13), et "que nul n'était plus
instant à prier la nuit dans les veilles et les
supplications" et que "il avait coutume fréquente
de passer la nuit en prière à l'église.
Il priait la nuit, veillant avec persévérance
" (Lib. B. Jourdain, n. 105 et 106) Qu'ils s'adonnent
à la méditation quotidienne fidèlement
ainsi qu'à une récollection spirituelle
une fois par mois.
6
- La réception fréquente et fructueuse du
sacrement de pénitence pour la conversion du cur
avec l'examen de conscience quotidien et ils auront en
grande estime la direction spirituelle (ibid. n. 18).
7
- L'étude de la Bible sacrée, des Saints
Pères, des documents du Magistère de la
Sainte Église, de même que l'étude
de la théologie sacrée surtout celle de
saint Thomas exposée avec tant de clarté
et de profondeur.
8
- La dévotion envers la Vierge Marie Mère
de Dieu qui, dans notre Ordre, s'exprime particulièrement
par le Saint Rosaire compris comme contemplation, avec
Marie du mystère du salut, c'est-à-dire
de la vie, de la mort et de la résurrection du
Christ. Que les prêtres de saint Dominique soient
toujours fidèles à cette forme de prière
humble certes, mais sage et éminente.
9.
- Une dévotion spéciale à l'égard
de notre Père saint Dominique et l'imitation empressée
de son exemple remarquable de sainteté de vie,
d'esprit apostolique et de zèle pour le salut des
âmes, de sa ferveur dans la prière, dans
la contemplation, le recueillement de l'esprit, le silence
et l'union continuelle avec Dieu. Et aussi la dévotion
particulière à l'égard de sainte
Catherine de Sienne, fille célèbre de l'Ordre
et fidèle servante et docteur de l'Église,
à la fois patronne et protectrice de notre Ordre
dans le siècle. Enfin, la dévotion envers
tous les Saints et Bienheureux de l'Ordre et l'imitation
de leur exemple.
La
vie ecclésiale et communautaire
7.
Ayant continuellement présent sous les yeux leur
mission universelle, "que les prêtres se souviennent
qu'ils doivent porter dans leur cur la sollicitude
de toutes les églises" et, pour cette raison,
qu'ils se tiennent toujours prêts à travailler
en union avec leur Évêque partout où
une plus grande nécessité pastorale l'exigera
(ibid. n. 10).
8.
En communion toujours plus grande avec leur Évêque,
que les prêtres aient soin de lui porter un attachement
continuel, partageant avec lui les soucis et les joies
de l'uvre apostolique et collaborant avec lui avec
générosité et fidélité
(ibid. n. 7). Que l'exemple de saint Dominique, sur ce
point encore, éclaire nos prêtres puisque
le saint patriarche, à travers toute sa vie apostolique,
nourrissait dans son cur un sentiment particulier
de vénération à l'égard de
la Hiérarchie sacrée.
9.
§ 1 : Comme les prêtres, en raison de l'unité
de leur ordination sacrée et de leur mission dans
l'Église "sont liés entre eux par une
intime fraternité sacramentelle" et qu'ils
forment un seul presbyterium autour de leur Évêque
propre (ibid. n 8), ainsi que tous, comme des frères
dans le sacerdoce, qu'ils soient prêtres diocésains
ou religieux, s'entourent d'un amour sincère et
s'entr'aident mutuellement, tant par la prière
que par la collaboration apostolique, "pour être
coopérateurs de la vérité" (3
Jn 8).
§
2 : Que les prêtres qui font profession ensemble
de la règle de saint Dominique, même s'ils
ne vivent pas en communauté religieuse, n'oublient
pas cependant qu'ils constituent une partie de la famille
dominicaine et forment une fraternité particulière
; il importe que cette fraternité soit vivante
toujours et elle doit se manifester dans quelque rencontre
commune périodique. Parfois aussi ils se rassembleront
avec les frères dominicains et ceux-ci, volontiers
et avec joie, les accueilleront dans leurs couvents et
leurs maisons, pour que de cette manière visible
ces prêtres participent aux grâces et aux
biens de l'Ordre.
10.
§ 1 : Que les prêtres de la fraternité
aient, avec nos laïcs, des relations cordiales et
fréquentes, unis qu'ils sont par le sacerdoce commun
que confère le Baptême. "Qu'ils reconnaissent
la dignité des laïcs et la part propre qui
leur a été confiée dans la mission
de l'Église " (P.O. n. 9). Qu'ils écoutent
volontiers leurs avis et leurs aspirations pour mieux
saisir les signes des temps ; ils leur confieront avec
prudence des responsabilités ordonnées au
bien de l'Église et ils s'efforceront de maintenir
avec tous la paix et la concorde.
Mais
cependant, qu'ils ne cessent pas d'exercer pour eux leur
tâche propre et spécifique de guide et de
maître. Surtout, "qu'ils soient des défenseurs
et des promoteurs actifs de la vérité afin
que les fidèles ne soient pas exposés à
tout vent de doctrine" (ibid. n. 9 ; Ep IV,14). Sur
cela, notre Père saint Dominique et l'Ordre qu'il
a fondé nous donnent un admirable exemple.
§
2 : Que les prêtres qui font partie de la famille
dominicaine soient aussi selon leurs possibilités,
animateurs et directeurs de nos fraternités de
laïcs, les instruisant et les guidant sur le chemin
de la perfection et qu'ils les attirent au Christ par
la parole et par l'exemple, leur laissant toutefois la
juste autonomie que leur confère et définit
leur statut propre.
CHAPITRE
II. LA STRUCTURE ET LE GOUVERNEMENT DES FRATERNITÉS
SACERDOTALES
Admission
et Profession
11.
Pour l'admission à la Fraternité sacerdotale
de saint Dominique est requis le vote favorable de la
majorité du Conseil de la fraternité.
12.
§ 1 : Les prêtres seront reçus dans
l'Ordre selon un rite spécial (vêture) avec
ce rite commence le noviciat qui, normalement, dure un
an à moins que le Supérieur de l'Ordre n'en
accorde la dispense pour une cause raisonnable.
§
2 Cette période préparatoire, nécessaire
pour connaître et comprendre l'esprit de l'ordre
de saint Dominique étant écoulée,
les prêtres, après le consentement du Conseil
de fraternité exprimé par la majorité,
seront admis à la profession.
§
3 : Le noviciat ne peut s'étendre validement au-delà
de deux ans.
13.
§ 1 Par la force d'une telle profession acceptée
et ratifiée par l'Ordre au nom de l'Église,
les prêtres deviennent pleinement et définitivement
membres de la famille dominicaine et jouissent de ses
bienfaits spirituels
§
2 : Pour l'émission de la profession, la formule
suivante sera utilisée : "A l'honneur de Dieu
tout-puissant, Père, Fils et Saint-Esprit, et de
la bienheureuse Vierge Marie et de notre Père saint
Dominique, moi... devant toi, le Père
qui
tient la place du Maître de l'Ordre des Prêcheurs,
je fais profession et je fais promesse de vouloir vivre
selon la règle des Fraternités sacerdotales
de saint Dominique jusqu'à la mort".
14.
Dans des circonstances particulières, selon le
jugement du Supérieur majeur de l'Ordre, certains
prêtres peuvent être admis individuellement,
c'est-à-dire en dehors une fraternité locale,
leurs noms seront inscrits sur un registre particulier.
Les
fraternités et leur gouvernement
15.
§ 1 : Les prêtres de saint Dominique dans chaque
lieu, normalement, se regroupent en fraternités
locales, en fonction des localités diverses, des
doyennés et des diocèses et ils ont leurs
réunions périodiques.
§
2 : Pour ériger une fraternité locale est
requis le consentement de l'ordinaire du lieu.
§
3 : Il est fortement conseillé, dans chaque province
de l'Ordre, que les prêtres qui ont été
admis à titre individuel (n. 14) s'associent dans
un certain type de fraternité et se réunissent
une fois par an.
6.
§ 1 : Les fraternités sacerdotales de saint
Dominique sont unies à l'Ordre et, pour ce qui
touche leur progrès dans la vie dominicaine, dépendent
des Supérieurs majeurs de l'Ordre, c'est-à-dire
du Provincial du lieu où les fraternités
sont constituées et du Maître de l'Ordre,
chef suprême de la famille dominicaine et successeur
de saint Dominique. Cependant, le Maître de l'Ordre
ordinairement prend soin de toutes les fraternités
par son promoteur général et le Provincial
par son promoteur provincial qui, périodiquement,
visite ces fraternités et développe en elle
la vie dominicaine.
§
2 : Les Supérieurs de l'Ordre ou leurs délégués
accomplissent régulièrement le rite de la
vêture et de la profession.
17.
§ 1 : Toute fraternité est dirigée
à l'intérieur par son prieur avec son Conseil.
§
2 : Le Prieur convoque les réunions du conseil
et de la fraternité et il les préside ;
il garde le contact avec les supérieurs de l'Ordre,
aide les membres de la fraternité dans le progrès
spirituel et veille sur la fidélité à
la règle professée.
18.
§ 1 : Le Conseil dont il a été fait
mention est élu pour trois ans a majorité
des voix des prêtres, de la fraternité ayant
fait profession.
§
2 : Les conseillers une fois élus de la manière
indiquée élisent ensuite, parmi eux, le
prieur, à la majorité des voix également.
Cette élection doit être confirmée
par le provincial ayant préalablement reçu
l'avis du promoteur.
§
3 : Le prieur avec son Conseil détermine le nombre
des conseillers, comme la fréquence des réunions,
la manière de les tenir, la date, la fréquence
et la durée des exercices spirituels, les suffrages
pour les prêtres défunts et aussi tout ce
qui contribue à la vie et au progrès de
la fraternité et qui n'est pas précisé
dans la présente règle. Pour toutes ces
questions, l'avis du promoteur doit être toujours
entendu.
19.
§ 1 : Dans une province de l'Ordre où existent
plusieurs fraternités sacerdotales, le provincial
peut nommer, après avoir pris l'avis de son promoteur,
un prêtre responsable pour toutes ces fraternités.
Si pour toute raison, la chose n'est pas possible, le
promoteur lui-même, personnellement, accomplira
cette tâche.
§
2 : Le responsable provincial en union avec le promoteur
prendra soin des fraternités de la province, il
doit promouvoir le progrès et le développement
de toutes les fraternités sacerdotales ; il gardera
aussi le lien habituel avec le responsable provincial
des fraternités laïques et il peut aussi participer
aux réunions du Conseil provincial des laïcs
avec le promoteur et le président, favorisant ainsi
la collaboration fraternelle entre les prêtres et
les laïcs de saint Dominique.
§
3 : Ce qui est dit du niveau provincial est valable aussi
par analogie et peut être étendu au niveau
national et international.
20.
§ 1 : Pour que les prêtres de saint Dominique
mettent en pratique les engagements qu'ils ont pris "non
comme des esclaves sous le joug de la loi, mais comme
des hommes libres sous l'emprise de la grâce"
(saint Augustin), il est déclaré que les
manquements à la règle ne constituent pas
une faute morale.
§
2 : Les supérieurs des fraternités, qui
sont membres de l'Ordre, peuvent légitimement dispenser
de quelques points de la règle, soit temporairement
soit habituellement, s'ils l'ont jugé bon ainsi
devant le Seigneur.
§
3 : Le Provincial a le pouvoir de valider les actes des
fraternités accomplies invalidement, notamment
en ce qui concerne l'admission et la profession.
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LA
FRATERNITÉ SACERDOTALE SAINT- DOMINIQUE DE TOULOUSE
(par
Réginald-Robert RACINE, prêtre du diocèse
de Digne)
es
raisons qui peuvent justifier, ou expliquer, une rénovation
adaptée des Fraternités sacerdotales de
Saint-Dominique, ne manquent pas. Et lon peut dire
que leur éclosion est naturelle et immanquable,
dès lors quun tel faisceau de circonstances
favorables converge vers elles. Ces convergences, nous
allons les énumérer, en toute humilité
et discrétion, tout à fait conscients quil
ne sagit pas dun phénomène retentissant,
susceptible de changer la face du monde ! Et pour linstant,
nous sommes vraiment très peu. Nous ne désespérons
pas, loin de là, de voir grandir cet infime groupuscule,
mais nous percevons bien quune telle entreprise
ne peut se développer que si elle correspond à
une aspiration réelle chez quelques prêtres,
et si elle est soutenue et encouragée par lOrdre
de Saint-Dominique tout entier, conscient de son enjeu,
pour le rayonnement apostolique de lOrdre lui-même
si cest des hommes, en effet, que vient leur
résolution ou leur entreprise, elle disparaîtra
delle même ; si cest de Dieu, vous ne
pourrez pas les faire disparaître (Ac 5,38-39).
Nous
allons donc voir les raisons qui nous déterminent
à nous lancer dans cette aventure, car cen
est une, et ensuite, la forme et les objectifs de notre
Fraternité, en conformité, dailleurs
dune part, avec la Règle des Fraternités
Sacerdotales édictée par lOrdre
en 1971, et dautre part, avec le Directoire spécial
que notre Père provincial a bien voulu nous accorder
récemment, pour la Province de Toulouse.
Lhistoire
des Tiers-Ordres est bien connue, et ceux-ci
possèdent une créance vénérable,
fortement ancrée dans la tradition de la plupart
des grands Ordres. Tandis que les Tiers- Ordres (devenus
le plus souvent Fraternités et ce nest
pas une simple question de vocabulaire) de St Benoît,
de St François, et même de St Norbert, ont
survécu aux tourmentes, et conservent un rythme
enviable de croisière, comment se fait-il quau
palmarès, St Dominique soit loin derrière
le peloton de tête, voilà une question qui
nous bouscule ... Lacordaire serait là, pourtant,
pour évoquer un passé prestigieux. Précisons,
quand même quil sagit là, apparemment,
dun phénomène circonscrit à
nos frontières.
Beaucoup
de prêtres diocésains, surtout dans les nouvelles
vagues, sont en quête de points dancrage,
soucieux de soutiens spirituels et communautaires. Beaucoup
aussi, riches de leur conviction de pasteurs diocésains,
(on préfère ce mot à celui de séculier
... encore un signe !) nen lorgnent
pas moins vers des formes de vie monastiques, où
ils soupçonnent, (peut-être un peu idéalement),
une intensité dengagement, et dexpérience
spirituelle, que le tourbillon endiablé
des activités pastorales, leur rend difficile,
voire inaccessible, surtout à la longue, et dans
un relatif isolement. Cest si vrai que des Ordres
qui nont jamais cultivé, semble-t-il, cette
préoccupation, de Fraternités sacerdotales
affiliées à leur Famille spirituelle, envisagent
den constituer.
Or,
il se trouve quà y regarder de plus près,
il existe détranges similitudes entre les
traits les plus marquants de la spiritualité dominicaine,
et lesprit du Ministère Presbytéral,
tel que la magistralement ciselé le Décret
sur les Prêtres de Vatican II. Au point que lon
peut se livrer avec profit à un travail comparatif,
assez saisissant entre les Constitutions et Ordinations
de lOrdre des Prêcheurs (Édition
1979), et les chapitres dudit Décret. Ny
a-t-il là quune concordance assez naturelle,
et sans intérêt ? Entre les prêtres
diocésains auxquels le Concile enjoint en premier
lieu davoir pour première fonction,
dannoncer lÉvangile de Dieu à
tous les hommes (Décret 2,4), et lOrdre,
dont les membres masculins sappellent Frères
Prêcheurs et auxquels leurs Constitutions
rappellent que leur office propre est dannoncer
partout lÉvangile de Jésus-Christ,
ne devrait-il y avoir que des relations de bon voisinage
? Les Prêtres de Saint Dominique ne
le pensent pas, et ont pour mission dassurer la
passerelle entre les deux mandats, estimant trouver là
un double support et un double encouragement à
leur tâche évangélisatrice.
Mais
une parenté plus profonde encore, semble-t-il,
lie certains prêtres, (qui y voient une sorte de
supplément de vocation, comme on parle
de supplément dâme), à
la vie et à la pensée de St Dominique et
de ses fils (et filles). Elle consisterait en une saisie
en profondeur du vénérable adage : Contemplare
et aliis tradere contemplata, à trois niveaux
: au niveau de la Prière, au niveau de la Pensée,
au niveau de la Foi.
Les
Constitutions des Frères explicitent clairement
le lien intime qui relie leur vie de prière au
ministère de la Parole, celui-ci sans cesse irrigué
et vitalisé par celle-là. De même,
cest une tradition évidente de lOrdre,
dattacher un grand prix, une véritable priorité,
à létude, au travail intellectuel,
non seulement en ce qui concerne lÉcriture
et la Doctrine, mais également en tout ce qui,
aussi, peut favoriser la communion avec lhomme notre
esprit doit être ouvert à la fois, à
lEsprit de Dieu, et au cur de ceux à
qui la parole est proposée (Sect. 1ère,
4,99).
Enfin,
la tradition, et la pratique habituelle de lOrdre,
est dêtre dautant plus ouvert et libre
vis-à-vis des réalités humaines,
des courants de pensée, des modes de vie, et des
tendances actuelles, que son ancrage a priori dans la
fidélité à la foi de lÉglise
est inconditionnel : il faut que les Prêcheurs
reçoivent lÉvangile dans son intégrité,
et recherchent une vive intelligence de Mystère
de Salut selon la tradition et lexplication de lÉglise.
Cet esprit évangélique et cette doctrine
solide devront toujours marquer la prédication
dominicaine (idem).
Il
paraît que cela na pas toujours été
évident, dans tous les temps, et de la part de
tous les dominicains ! Mais ce nest pas notre problème
! Il nen est pas moins vrai, que pour certains prêtres
diocésains, cette fidélité à
la prière, à la réflexion intellectuelle,
à lécoute de la Parole, à la
Doctrine de lÉglise, dans lesprit de
St Dominique, peut représenter une ossature intérieure,
une arête spirituelle, où ils peuvent trouver,
à la fois, éclairage pastoral, épanouissement
personnel, fécondité apostolique.
Croire
à la raison humaine, surtout quand elle est illuminée
par la Révélation, trouver dans la synthèse
thomiste, non pas un blocage, mais une référence
dynamisante, éprouver le désir de puiser
dans la tradition monastique, le goût de la prière
contemplative, et de lOffice Divin, ne sont peut-être
pas des fantaisies, voire des fantasmes, de jeune alumniste
pieux.
Une
certaine liberté desprit, un certain goût
inné pour linvention et lentreprise
(que de dominicains et dominicaines fondateurs !), un
sens profond et averti de lhumain, une certaine
façon de goûter, dans lamitié
fraternelle, la joie du Royaume, autant de connotations
de lâme dominicaine, susceptibles de trouver
dans le cur dun pasteur diocésain des
échos convergents.
Voilà
lintuition qui sous-tend notre démarche.
Il est bien clair quelle peut être partagée
par certains, et totalement dépourvue dattirance
pour dautres ! Dans la maison de mon Père,
il existe de nombreuses demeures ».
Il
me parait important de souligner une certaine exigence
de base dans la condition de Prêtre
de St Dominique. Ces prêtres ne sont pas,
ne peuvent, et ne veulent être, des Frères
Prêcheurs qui sont pour eux, des Frères,
liés à eux par une parenté profonde,
mais qui vivent autre chose. Cependant, les Prêtres
de St Dominique font authentiquement et totalement partie
de la grande famille dominicaine, dans laquelle ils se
sentent à laise, au sein de laquelle ils
trouvent accueil et chaleureuse amitié. Cette affiliation
tout à fait reconnue et canonique, implique nécessairement
un mode de vie particulier, inspiré de la tradition
de lOrdre : nous noublierons pas de noter
en priorité le désir de vivre à
la manière des Apôtres, cest
à dire lintention soulignée de réaliser
les conseils évangéliques, par lesprit
de pauvreté, la mise en commun, la chasteté,
lesprit dobéissance.
Il
nempêche que les Frères de la Fraternité
sacerdotale sont, et demeurent, des prêtres diocésains,
liés à une Église, un Évêque,
un Presbytérium, un peuple dont ils ont la charge
pastorale, (Cura animarum) : LOrdre,
en leur offrant ses secours spirituels, et en les aidant
à leur propre sanctification, les laisse totalement
libres pour le service de lÉglise locale,
sous la juridiction de leur Évêque propre.
Cest pourquoi, ils veilleront avec soin à
vivre personnellement leur vocation de prêtres diocésains,
sans rien qui les distingue extérieurement dans
leur mode de vie (Directoire de la Fraternité).
Il
manque encore au tableau deux touches importantes. Sauf
cas tout à fait extraordinaire, on nest pas
Frère de la Fraternité sacerdotale tout
seul ! On vit cet appel particulier en communauté
fraternelle. Ce point est important parce que lui aussi
nous relie à la spiritualité dominicaine
: notre première raison dêtre
rassemblés en communauté, cest dhabiter
ensemble, et davoir en Dieu une seule âme
et un seul cur (Sect. 1ère, 1, 2.).
Il
nous semble important de souligner cet attrait fondamental
que nous éprouvons de vivre ensemble, au-delà
des distances, des différences, des ministères,
une authentique et profonde communion fraternelle entre
nous.
Le
second point important qui fait de nous des vrais fils
de St Dominique, cest la place privilégiée
que tient la Ste Vierge Marie dans notre vie intérieure,
lien intime exprimé, particulièrement, par
notre attachement au Rosaire.
Ce
qui caractérisait Notre Bienheureux Père
Dominique, cest me semble-t-il, après
2 années dapproche de la vocation dominicaine,
et quinze jours avant dentrer en noviciat, quil
était terrassé par une double
passion qui se fondait en une, la passion de Dieu, et
la passion du Salut de tous les hommes ... Difficile modèle
! Exigeant programme ! Mais ce faisant, Dominique et ses
frères reprenaient simplement lÉvangile
: Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cur,
de toute ton âme, de tout ton esprit et le second
commandement lui est semblable tu aimeras ton prochain
comme toi-même. Cest la Loi et
les Prophètes. 
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