ne autre branche de l'Ordre des dominicains est celle
des instituts séculiers. À une époque
où il s'avérait difficile de s'afficher
"religieux dans certains milieux hostiles ou récalcitrants,
des personnes, surtout des femmes, qui se sentaient appelées
à vivre une réelle consécration sans
pour autant se couper de leur travail professionnel, ont
suscité ces instituts vivant dans le siècle,
d'où leur nom de "séculiers".
L'anonymat en était la règle absolue. La
spiritualité, celle de Nazareth où Jésus
vécut sans être reconnu pendant la majeure
partie de sa vie humaine. Le principe était d'assurer
une présence chrétienne dans le monde, comme
le levain dans la pâte.
Dans
les instituts séculiers, les membres se consacrent
réellement à Dieu - en particulier dans
le célibat - , mais renoncent à toute publicité.
Leur ministère se réalise dans leur vie
professionnelle qui leur donne souvent d'assumer une présence
chrétienne là où l'on ne l'attendait
pas. Cette formule est un mixte qui tient de la vie laïque
(pour la vie ordinaire que chacun mène chez soi,
consacré à son travail et à ses engagements)
et de la vie religieuse (par une appartenance à
une communauté, scellée par des voeux).
Plusieurs
de ces instituts, dont certains étaient très
nombreux, se sont rattachés à l'ordre de
saint Dominique et lui ont permis d'assurer une présence
priante et parlante dans des univers où ni les
uns ni les autres n'auraient pu accéder. Ces formes
de vie ont eu à souffrir autant de leur anonymat,
que de la promotion du ministère des laïcs
depuis le deuxième concile du Vatican. Cette vocation
n'en existe pas moins. Elle sommeille un peu, mais ne
demande qu'à se réveiller et à fleurir
à nouveau dans la main de Dieu. (Sources : Bedouelle,
Guy; Quilici, Alain. Les frères prêcheurs
autrement dits dominicains. Le Sarment / Fayard. 1997).
