Le 6 décembre, jour de l’Épiphanie, est fêté très solennellement à Bethléem. Des étudiants de l’École biblique se sont rendus à l’événement organisé par la Custodie. L’occasion pour eux de prendre plus largement part à la vie spirituelle et culturelle de la Terre Sainte.

Alexandre Brouillet

« Le 6 janvier dernier, l’Église catholique célébrait l’Épiphanie du Seigneur, c’est-à-dire la manifestation du Christ dans la chair, et particulièrement, ce jour où les magesd’Orient étaient venus l’adorer. Avec quelques résidents de l’École biblique et archéologique de Jérusalem, nous avons décidé de vivre cette fête au lieu même de cet événement, la Basilique de la Nativité de Bethléem. Organisé par les franciscains de la Custodie, nous avons assisté tout d’abord à la messe solennelle du Custode de Terre Sainte à 10h30, puis, l’après-midi, aux vêpres suivie de la procession solennelle de l’Épiphanie dans l’enceinte de la Basilique. Ces célébrations nous ont permis de vivre une fête populaire du Peuple de Dieu en Terre Sainte. Moins touristique que Noël, la fête de l’Épiphanie nous a permis de contempler la foi vivante, forte et simple des chrétiens locaux de Terre Sainte qui demeurent dans la joie et l’espérance malgré les difficultés. Une belle occasion de prier avec et pour les chrétiens d’Orient.
Cette fête, vécue à Bethléem, a été également l’occasion d’un partage immense de joie avec nos frères orthodoxes et arméniens. En effet, alors que nous fêtions l’Épiphanie le 6 janvier, c’était, pour nos frères, utilisant le calendrier julien, le 25 décembre, jour de la fête de la Nativité. Ainsi nous sommes arrivés depuis le souk, accueillis par la procession orthodoxe, animée par la fanfare scout. Entre les offices franciscains, j’ai pu assister aux célébrations coptes et syriaques de la Nativité dans la partie arménienne. En effet, les Arméniens prêtent, par charité, leurs parties de la Basilique aux coptes et syriaques afin qu’ils puissent célébrer la Nativité, tandis que les Arméniens la célébreront le jour de leur Épiphanie.

Vivre la fête de l’Épiphanie à Bethléem fut donc une grande expérience humaine et spirituelle, renforçant notre foi, notre espérance et notre charité. Après être venus, avec les mages, adorer l’Enfant de la crèche, « la Lumière qui éclaire les nations », nous sommes donc repartis, par un autre chemin, le cœur plein de joie d’avoir pu vivre ce grand moment avec nos frères. »

Alexandre Brouillet, prêtre du diocèse de Tours, étudiant en Master 2 Théologie à l’Institut Catholique de Paris
Anne Geyer

« À Bethléem, la Joie de la crèche est là chaque jour, toujours jaillissante ! Mais il est un jour où elle se manifeste avec éclat : le 6 janvier. L’Église latine célèbre l’Épiphanie, en même temps que Noël chez les orthodoxes. Joie du Petit Roi de Gloire manifesté aux nations ! Joie de l’Emmanuel ! Tandis que la messe solennelle en l’église franciscaine Sainte-Catherine laisse goûter quelque chose de l’Église universelle, à travers un savoureux mélange d’italien, d’anglais, d’arabe et de chant grégorien, la fanfare des scouts orthodoxes en procession fait trembler tout le souk. Qui ne sait pas bien regarder pourrait croire au désordre… mais tout est dans l’ordre du dessein de Dieu ! Le voilà Papa ! Quoi de plus normal que ses enfants courent en tous sens pendant qu’Il est tout occupé à la Joie de la naissance de son Petit ? De cette Joie, Il recouvre chacun. Et tandis qu’Il fond d’amour devant toutes les absurdités des hommes qui ne savent pas bien ce qu’ilconvient d’offrir à l’Enfant-Dieu, le Ciel vient sur terre. Yallah ! Si la foule de pèlerins empêche de trouver une place dans la grotte de la Nativité, il y a de la place pour chacun dans le Cœur de Dieu ! »

Anne Geyer, étudiante en Master 2 recherche ‘’Histoire des faits culturels et religieux’’, Paris-Sorbonne