Quand la messe ne pouvait être célébrée qu’en secret dans la forêt

Le Maître de l’Ordre sur les traces des martyrs dominicains en Irlande

«Aujourd’hui, nous nous réunissons sur une terre sainte», a déclaré le frère Gerard Francisco Timoner III, op, Maître de l’Ordre. «Non pas à cause du marbre ou de l’or, ni d’une grande cathédrale, mais parce que la foi a été vécue ici avec courage. Cette roche, cachée dans un bois du Kerry, servait autrefois d’autel à une époque où la messe était interdite. Ici, dans l’ombre de la peur, la lumière du Christ brillait avec force. Ici, le frère Thaddeus Moriarty, dominicain et fils de cette terre, se tenait parmi son peuple pour offrir le saint sacrifice de la messe.»

Sur l’un des Mass Rocks d’Irlande, où l’Eucharistie était célébrée en secret pendant la persécution de la Couronne anglaise, le Maître de l’Ordre a prié pour la béatification du martyr et a utilisé son calice au cours de la messe. L’événement s’est déroulé durant sa visite à la Province d’Irlande, en présence de nombreux fidèles et frères dominicains, dont les nouveaux novices revêtus.

Obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes

Le frère Thaddeus Moriarty, op, fut victime de la persécution visant à éradiquer la foi catholique en Irlande. Après plusieurs tentatives de suppression de l’Église, la Couronne anglaise décréta l’expulsion de tous les prêtres, sous peine de mort. De nombreux dominicains vécurent cachés, se faisant passer pour des marchands, célébrant la messe dans des lieux secrets.

Le 15 août 1653, le frère Moriarty fut surpris alors qu’il célébrait la messe à Poll an Aifrinn, dans le bois de Kilclohane. Arrêté et conduit au château de Ross, à Killarney, il fut interrogé et torturé. À la question de savoir pourquoi il avait désobéi à la loi, il répondit simplement : «La loi de Dieu doit être observée avant celle des hommes.»

La foi exige souvent du risque

Lors de la messe commémorative, le frère John Harris, op, provincial, rappela que cette célébration n’est pas seulement un souvenir du passé, mais aussi un appel à fortifier la foi aujourd’hui.

«Ces Mass Rocks sont des autels de courage», dit-il, «construits par la foi, consacrés par la souffrance et bénis par l’espérance.» La persécution a montré que «la foi ne dépend pas des bâtiments de pierre, mais des cœurs de chair remplis de courage, de foi et de prière.»

Le frère Harris ajouta : «La foi exige souvent du risque. À chaque époque, les chrétiens sont appelés à demeurer fermes — non pas toujours devant des soldats, mais face aux tentations du confort, de l’indifférence et de la conformité sociale. La persécution de Cromwell peut avoir pris fin, mais le défi de la foi demeure : vivre l’Évangile dans un monde qui rejette souvent Dieu.»

La Mass Rock, conclut-il, demeure le témoignage «que le Christ ne peut être capturé, que la foi ne peut être réduite au silence et que l’amour ne peut être enchaîné.»

La Vierge enterrée devenue refuge de la ville

La veille, le Maître de l’Ordre a rendu visite aux sœurs dominicaines et à la statue de Notre-Dame de Limerick. Celle-ci fut offerte en acte de pénitence par le neveu d’un juge qui avait condamné à mort John Burke, membre de la Confrérie du Rosaire.

La statue et un calice sont étroitement liés au bienheureux Terence Albert O’Brien, op, prieur de Limerick, provincial d’Irlande (1642) puis évêque d’Emly. Durant le siège de Limerick en 1651, ils furent enterrés pour être préservés. Le frère O’Brien demeura dans la ville malgré le danger, soignant les victimes de la peste. Fait prisonnier lors de la chute de la ville, il fut exécuté le 30 octobre 1651, mourant martyr de la foi.

En 1780, lors de la construction d’une petite chapelle en remplacement de l’ancien couvent, la statue fut retrouvée et placée près de l’autel principal. Depuis lors, Notre-Dame de Limerick est vénérée comme un signe que la foi et l’amour sont plus forts que la persécution et la mort.

«L’Église est faite de cœurs»

«Que cette pierre nous rappelle toujours que l’Église n’est pas bâtie seulement de murs», déclara le frère Gerard Francisco Timoner III, op. «Elle est bâtie de cœurs qui refusent d’oublier le Christ. Que la mémoire du frère Thaddeus Moriarty nous inspire à chérir l’Eucharistie, à vivre la foi avec courage et à la transmettre à la génération suivante — non comme une relique, mais comme un don vivant et vivifiant.»

Connexion à eXo - POLITIQUE RELATIVE AUX COOKIES - POLITIQUE DE CONFIDENTIALITÉ
Ordo Praedicatorum © 2026. Tous droits réservés.

Left / Button

Informations de contact

 Piazza Pietro d'Illiria, 1 | 00153 Roma | Italy

 info@curia.op.org

 +39.06.579401

Réseau social

Right / Button
×