Saint Barthélemy des Martyrs, OP

BARTHÉLÉMY DES MARTYRS OP (1514-1590): LE SAINT ÉVÊQUE DU CONCILE DE TRENTE

Le 5 juillet 2019, le Saint-Père François a reçu en audience le cardinal Angelo Becciu, préfet de la Congrégation pour les causes des saints. Au cours de l’audience, le Souverain Pontife a approuvé les votes favorables des membres de la Congrégation et a étendu le culte liturgique en l’honneur du Bienheureux Barthélémy des Martyrs(au siècle: Barthélémy Fernandes) à l’Église universelle, de l’Ordre des Frères Prêcheurs , Archevêque de Braga; né à Lisbonne (Portugal) le 3 mai 1514 et décédé à Viana do Castelo (Portugal) le 16 juillet 1590, l’inscrivant dans le catalogue des saints (canonisation équipollente).

Né à Lisbonne en mai 1514, Barthélémy des Martyrs rejoint l’Ordre des Dominicains. Au début de ses études, en 1538, ses supérieurs assignèrent Barthélémy à l’enseignement de la philosophie et de la théologie, qu’il exerça pendant environ douze ans au Studium conventuel de Batalha. Sa connaissance de la Somme Théologique de Thomas d’Aquin était élevée et profonde, comme le montrent les cahiers dans lesquels il transcrivait les schémas de ses leçons. La saggesse de   ne pouvait échapper à ses supérieurs qui le présentèrent comme candidat au poste d’enseignant en théologie sacrée. Cette reconnaissance lui sera donnée lors du Chapitre général tenu à Salamanque en 1551.

De retour à Lisbonne en 1555 et élu peu de temps après avant la communauté de Benfica, Barthélémy des Martyrs  fut proposé par la reine Catherine de Habsbourg – sur conseil de Luis de Granada – à la charge d’archevêque de Braga, alors siège du primat espagnol. L’humble Barthélémy s’opposait fermement à la candidature, mais il dut finalement plier en raison de l’obéissance que lui avait imposée le frère Luis au cours d’un chapitre conventuel dramatique.

Le 27 janvier 1559, le pape Paul VI élit Barthélémy comme archevêque de Braga,. Tout en occupant des hautes fonctions, Barthélémy n’a pas changé son mode de vie, mais est resté humble et pauvre, faisant preuve d’une grande liberté d’esprit.

À Braga, Barthélémy s’est immédiatement mis au travail pour connaître le territoire diocésain. Il a attribué un rôle important à l’instrument de la visite pastorale, qu’il considérait comme l’âme de toute l’action apostolique. Bientôt, il fut en mesure de comprendre la crise dans laquelle souffrait l’Église de son temps et la nécessité d’une réforme rigoureuse, à mettre en œuvre avant tout par une sélection rigoureuse des évêques et la formation d’un clergé vertueux. Réforme qu’il s’est engagé à poursuivre dès les premiers mois de son ministère, avec la création d’écoles pour élever les qualités intellectuelles et spirituelles de ses prêtres.

En mai 1561, Barthélémy envoyé par le roi portugais Sebastiano Ier, arriva à Trent pour participer – premier évêque non italien – à la troisième phase du Concile de Trente. Cependant, il aurait fallu attendre huit mois avant l’ouverture de la session conciliaire.

Lors de la réouverture du Concile, l’archevêque de Braga s’est immédiatement distingué par sa grande érudition et par sa capacité argumentative à éclairer les problèmes complexes abordés. Il s’est battu avant tout en faveur de l’obligation de la résidence des évêques dans leurs diocèses, sujet qui a fait l’objet d’une longue et ardente controverse au sein de l’assemblée. Ses efforts auraient été récompensés le 15 juillet 1563, lors de la promulgation du décret sur la résidence obligatoire et de celui sur l’érection de séminaires, autre pivot du projet de réforme du Bienheureux.

À la fin du Concile, Barthélémy se rendit à Rome pour rencontrer le pape Pie IV et rencontra ici le jeune cardinal Charles Borromée, dont il devint un ami et un maitre.De cette rencontre est née la publication, fortement désiré par le Borromée du manuscrit du Stimulus Pastorum,l’une des œuvres les plus importantes, dans lequel est présenté le modèle idéal du pasteur des âmes.

De retour à Braga, Barthélémy doit faire face à l’opposition du clergé local, obstinément attaché à ses propres privilèges et réfractaire à l’application des décrets conciliaires. Dans ce climat de tension, Barthélémyne réussit à réunir le conseil provincial qu’en 1566-1567.

San Bartolomé de los Martires

Pendant ce temps, il n’a jamais cessé de visiter le territoire diocésain, de créer des écoles et d’améliorer les conditions matérielles du bas clergé avec la construction du séminaire diocésain. Son attention pour les pauvres était également excellente. Au cours de la peste de 1570, il refusa de quitter Braga afin de ne pas abandonner les victimes de la peste.

Malade et dépourvu de l’énergie nécessaire pour diriger son église, il implora en 1581 le pape Grégoire XIII d’accepter sa démission. Peu de temps après avoir obtenu l’assentiment du pape, il se rendit à Viana do Castelo pour passer les huit dernières années de sa vie dans le couvent qu’il avait fondé dans cette ville. Il a vécu cette période dans l’humilité et l’observance, se consacrant à la prédication et à la catéchèse, aidant les pauvres et les humbles. Il mourut le 16 juillet 1590. Immédiatement, il fut défini par le peuple comme “le saint évêque”. Déclaré vénérable par Grégoire XVI le 23 mars 1845, il faudra attendre le 7 juillet 2001 pour que soit reconnu le miracle de son intercession qui le mènera à la béatification – célébrée par Jean Paul II – le 4 novembre 2001, mémoire liturgique de saint Charles Borromée.

Dans l’intention de doter le clergé d’un instrument valable pour sa propre formation spirituelle, Barthélémy a écrit le Stimulus pastorum, un texte dans lequel le modèle idéal de l’évêque post-tridentin est décrit. Barthélémy a commencé à le composer vers 1555, alors qu’il se préparait à l’ordination épiscopale, prolongeant le projet jusqu’à la conclusion du Concile de Trente. La publication n’aura lieu pour la première fois qu’en 1565, à Lisbonne, à l’initiative du confrère Luis de Granada, provincial des dominicains de la péninsule ibérique. Saint Paul VI a donnée une copie du Stimulus pastorum à tous les pères conciliaires à la fin du Concile Vatican II.

La spiritualité du Bienheureux Barthélemy des Martyrs était animée par l’idéal de la vie religieuse incarné par saint Dominique de Guzman. Persévérant dans la réalisation de cet idéal, Barthélémy s’appuie sur un haut degré de perfection, une grande pureté de cœur et la pratique de la prière et de la contemplation. L’idéal de la vie dominicaine a été réalisé par Barthélémy notamment par son don total au Christ pour obtenir la salus animarum,de la même manière que Jésus s’est sacrifié pour notre salut. La maxime de la vie religieuse de Barthélémy était “Ardere et lucere”: brûler d’amour pour Dieu et pour les hommes.